Le choix de la sonde
Votre praticien a depuis peu à sa disposition des sondes utilisant des quartz vibrant à haute fréquence. L’intérêt résulte du fait que leur pouvoir de résolution, leur précision en somme, est plus grand. Elles permettent de voir plus de détails. Un peu comme une loupe, elles ne voient que ce qui est tout près. Quand elles sont miniaturisées, placées au bout d’un guide que l’on peut approcher tout près de l’organe à observer, elles donnent leur meilleur d’elles-mêmes.
Ces sondes sont introduites dans le vagin. Ca n’est absolument pas douloureux, pour peu que l’on soit délicat lors de son maniement. Elles ne peuvent en aucun cas ouvrir le col ou le léser. Elles dispensent d’avoir une vessie pleine et ça n’est pas négligeable à ce stade de la grossesse, vous ne le savez que trop, mesdames. Ces sondes sont dites endovaginales. Quand on les utilise, du fait des hautes fréquences et de la proximité de l’embryon, on doit limiter la puissance du signal et le temps de l’examen. Il est malgré tout fortement conseillé d’opter pour elles lors des premiers mois. On les appelle sondes endovaginales.
En pratique, il faut pouvoir faire déshabiller la patiente, notamment prévoir des locaux qui s’y prêtent. Pour l’asepsie, la sonde est recouverte d’un doigtier contenant une petite quantité de gel écho. Le doigtier est beaucoup mieux accepté que le préservatif, forcément porteur de connotations sexuelles. On s’abstient d’utiliser du gel écho au bout du doigtier, il irrite les muqueuses. Il est avantageusement remplacé par un lubrifiant vaginal en très petite quantité.
Intérêt de lexamen
Cette échographie présente à mon sens de nombreux avantages hormis celui de
satisfaire l’impatience de la maman.
- Elle permet de conforter le diagnostic de la grossesse, évitant dans de nombreux cas
la prise de sang.
- Elle précise la date du début de grossesse.
- On y diagnostique les grossesses multiples. Comme vous le verrez plus loin, à ce stade,
on peut savoir si des jumeaux partagent ou non le même placenta ou la même poche.
- Elle permet aussi de s’assurer de la bonne situation de luf. En visualisant
le lieu d’implantation, dans l’enceinte de la cavité utérine, à l’endroit ou une
grossesse peut se développer, cette échographie évite les doutes qui naissent à la
suite des saignements de cette période, principalement la suspicion de grossesse
extra-utérine.
En effet, une des principales causes de mortalité chez la femme jeune résulte des
complications d’une grossesse qui ne se serait pas installée au bon endroit.
Quand l’uf se forme, il est dans la cavité péritonéale, dans le ventre, aux
côtés des intestins et des ovaires. Il est recapté par une des trompes et aspiré en
quelque sorte vers la matrice. Là quelque chose le pousse à se poser sur ce velours qui
tapisse la cavité. Si les trompes ne savent pas le capter ou si un obstacle l’arrête
dans sa progression, il ne parvient pas jusqu’à l’utérus et fait son nid dans la cavité
abdominale ou dans la trompe. Ces tissus là n’ont pas la capacité de le nourrir
longtemps. L’endroit n’est pas non plus prévu pour se distendre assez. Il en résulte un
saignement interne avec de gros risques pour la patiente. C’est là le danger de la
grossesse extra-utérine. C’est pour cette raison qu’elle obsède littéralement
l’obstétricien.
En quoi cette première échographie peut-elle aider ? Quand un saignement vaginal
survient au cours des premières semaines de grossesse, cela peut ne pas porter à
conséquence, mais cela peut aussi être le signe que la grossesse s’est arrêtée. Vous
faîtes à ce moment là une échographie. Si dans l’utérus, vous voyez nettement les
restes d’un uf, c’est une fausse couche. C’est regrettable, mais cela ne met pas en
cause la santé de la patiente. Si l’uf a été en partie éliminé, s’il s’est
dissous ou s’il est situé ailleurs, en extra utérin, il arrive que les images ne vous
permettent pas de distinguer entre ces trois hypothèses. Imaginez que vous avez une
échographie précédente, celle de 6-7 semaines. Vous savez déjà si la grossesse était
ou non située dans l’utérus.
Vous évitez donc l’incertitude et les interventions inutiles pour suspicion de
grossesse extra-utérine.
Quelles images
?
- L’utérus s’est un peu allongé, quelques centimètres de plus.
- La muqueuse est plus épaisse, plus blanche.
- Un sac est présent, de forme ovale, il écarte les faces de l’utérus, il est bordé
d’une bande blanche de 3-4 mm.
- Il contient du liquide, noir, sans échos, et une sorte de petit bâtonnet de 6-7 mm. au
sein duquel on peut voir un petit clapet vibrer, c’est l’ébauche du cur.
- A côté de l’embryon, on voit un
petit cercle, la vésicule vitelline qui va progressivement disparaître.
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- De part et d’autre de l’utérus, on a les ovaires, reconnaissables parce que plus
sombres que le muscle utérin avec des petites taches noires, les follicules.
- Parfois, on retrouve une image plus grosse, toute noire, c’est le kyste qui soutient la
grossesse lors des premiers mois. Il disparaît par la suite, quand le placenta est
opérationnel.
