Provoquer l’expulsion du contenu gravidique par les voies naturelles définit ce qu’en Obstétrique on appelle les déclenchements. Le terme exclut à priori !le recours à la chirurgie, mais entend aussi bien les moyens médicamenteux utilisés par voie générale ou locale que les manoeuvres obstétricales.
Depuis très longtemps, certaines grossesses entraînent un tel désespoir que leur suppression est réclamée. Hippocrate raconte comment il délivra d’une intempestive gravidité une danseuse, en la faisant sauter à la corde son col devait avoir " mûri "au cours d’épisodes préalables identiques !!. En fait, c’est le pouvoir communiste des Soviets qui le premier reconnut aux travailleuses, en 1924, le droit de recourir, sur simple demande à l’exécution de l’avortement. Hélas, il fallut vite déchanter en raison de la multiplication des drames, véritable catastrophe qui fit abroger la loi libératrice en 1927. Heureusement, dans les années 1950, les techniques médicales nouvelles anesthésie -transfusion- vaccination- transfusionslibéraient gestantes et médecins de la menace de mort. Quelques vingt-cinq ans plus tard, la loi permit aux praticiens français qui l’acceptaient de redonner espoir à celles qui n’avaient pas usé de l’efficace contraception. De plus, possibilité technique nouvelle, le diagnostic anténatal permet, souvent, mais non toujours, de connaître les enfants dont la naissance signifie la totale impuissance à guérir la grave tare dont ils sont porteurs. L’avortement eugénique terme politiquement incorrectest appelé interruption médicale terme grammaticalement incorrect.
Actuellement, 20 à 25 des grossesses se terminent par une I.V.G. et 0,25par une I.M.G. Des progrès techniques permettent le plus souvent de recourir aux moyens médicaux, sans effraction chirurgicale de l’utérus qui doit garder toutes ses possibilités dans l’espoir légitime d’une heureuse grossesse ultérieure.
Pour renforcer l’espoir d’une issue satisfaisante à la fois pour la mère et pour l’enfant, en fin de grossesse, il peut apparaître judicieux de voir celle-ci terminée avant que ne se concrétise une menace grave hypertension, diabète, incompatibilité sanguine, etc.. Déjà au XVIIIsiècle, avait été tenté le déclenchement avant que la tête foetale n’ait pris des dimensions incompatibles avec le franchissement d’un bassin rétréci. Il a fallu de nombreux nouveaux moyens de pronostic, de traitements médicaux peaufinés pour améliorer les taux d’échec, diminuer le pourcentage de césariennes et écraser le risque de drame et, ainsi, permettre d’étendre les indications à près de 20des grossesses arrivées dans leur dernier mois.
Ainsi, l’espoir et le désespoir, ajoutant leurs effets, ne laissent désormais s’écouler les neufs mois que dans une petite majorité des cas.