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L'ACTU DE MAI 2000
Mauvais temps pour les phyto-oestrogènes.
Le temps est à l'orage pour l'opothérapie substitutive de la
ménopause mais ça ne va pas mieux pour les concurrents.
Une étude en double aveugle, contre placebo, a tenté d'évaluer
l'effet des phyto-oestrogènes, les isoflavones contenus dans le soja,
à la dose de 150 mg par jour, sur les bouffées de chaleur de la
ménopause chez des patientes ayant eu un cancer du sein Il n'est pas
précisé si elles prenaient un anti-œstrogène en prévention des
récidives, le tamoxiphène, dont un des effets secondaires sont les
bouffées de chaleur.
Le régime dit asiatique, dont vous entendrez parler chaque fois qu'on
vous vantera un phyto-œstrogène, comprend entre 50 et 200 mg d'isoflavones.
Une semaine sans rien puis tirage au sort pour quatre semaines phyto ou
placebo et ensuite, quand les patientes poursuivaient l'étude, elle
prenait l'autre, celui qu'elles n'avait pas eu, pour quatre autres
semaines.
Les conclusions ?
149 dossiers exploitables dans l'étude de neuf semaines.
Les phyto-oestrogénes n'ont pas fait mieux que le placebo. Pas plus
d'amélioration des bouffées de chaleur.
A la fin de l'étude, on leur a demandé pour lequel des traitements
elles optaient désormais. Et là, surprise, 33% repartaient avec les
phyto et 37% avec le placebo.
Evaluation of Soy Phytoestrogens for the Treatment of Hot Flashes in
Breast Cancer Survivors
Quella S, Loprinzi C, Barton D, et al.
J Clin Oncol. 2000;18:1068-1074
Un gros bonnet tombe dans le milieu de la vessie. Il est probable, mais ça n'est qu'une " intime conviction
" que l'on conviendra, un jour, que le potentiel pathogène des
microbes, au sens large du terme, évolue. Ce qui reviendrait à
dire que telle espèce que l'on considérait comme " commensale
" hier, peut devenir pathogène demain.
Et demain, c'est aujourd'hui pour les mycoplasmes.
Le caïd en question est soupçonné d'être impliqué dans
l'affaire des cystites à répétition. On suppose qu'il orchestre
les troubles, tapi en arrière plan, recrutant pour se basses
besognes E.Coli ou Protéus.
Des urologues ont tenté de le démontrer.
Ils ont soumis 48 patientes souffrantes à des cultures urinaires
avec recherche de mycoplasmes. 22 se sont positives, porteuses
essentiellement de Mycoplasma Uréalyticum.
Ils ont traité les 22 par azithromycin, 1 gramme, en une fois et
quand les symptômes persistaient, avec un traitement plus long, de
7 jours d'une tétracycline ou d'érythromycine.
Leur échelle d'évaluation des symptômes allant de 0 à 3, les
femmes traitées la voyait chuter de 2,2 à 0,7. Autre critère
d'efficacité retenu, la fréquence des mictions qui de 9,2 passait
à 6,8. Ce dernier résultat est moins spectaculaire mais gageons
qu'on leur a conseillé de boire beaucoup ou c'est pas la peine de
faire des études et de publier dans les grands journaux. Mycoplasma Infection Often Accounts For Chronic Urinary
Symptoms in Women
Urology 2000;55:486-489. |