|
L'ACTU D'AOUT 1998
La ligature des trompes occasionne-t-elle des troubles
gynécologiques ?
Les patientes qui ont subi une ligature de trompes rapportent parfois l'apparition
depuis l'intervention de saignements, douleurs de règles, et autres troubles sexuels.
Deux études on tenté d'en retrouver la cause anatomique.
La première suppose que la vascularisation de l'ovaire peut être affectée lors des
ligatures qui condamnent l'artère qui longe la trompe. L'étude à l'écho-doppler des
flux sanguins ne retrouve pas de différence avant te après la ligature.
La deuxième a comparé les utérus que l'on a retiré des femmes ayant eu une ligature
parce qu'elles ne supportaient pas leurs troubles à ceux que l'on a retiré des femmes
n'ayant pas eu de ligature. Pas de différences notable entre les utérus. Chez ces
patientes que les troubles de la ligature avaient mené jusqu'à la totale, on ne retrouve
aucune anomalie dans 50% des cas. Plus que ça : dans un tiers des cas, les symptômes qui
ont déclenché la totale ont persisté après l'intervention.
Le diagnostic du cancer du sein.
La clinique ne suffit plus. Détecter un cancer quand il est palpable, c'est le
détecter quand il fait 2 à 3 cm et c'est malheureusement un peu tard. Le détecter un an
avant, ce serait bien mais ça veut dire qu'on veut le diagnostiquer avant qu'on puisse le
sentir. Ca s'appelle le dépister.
Les différentes méthodes.
La mammographie s'améliore. Les générateurs de rayons, les films mais aussi les
l'agrandissement des clichés la numérisation concourent à une précision accrue.
L'échographie, examen qui vient après la mammographie et qui ne peut pas servir
aujourd'hui d'examen de dépistage, a progressé aussi avec les sondes dites à haute
fréquence, donc plus précises.
L'IRM trouve sa place, celle d'un examen de suivi dans les cas ou le tissu mammaire a
été remanié, par la chirurgie, ablation d'une tumeur ou reconstruction avec des
prothèses, ou la radiothérapie. On l'utilise aussi dans la recherche des petits foyers
tumoraux autour d'un cancer diagnostiqué. On cherche encore un produit qui pourrait se
fixer préférentiellement sur la tumeur et que l'IRM pourrait visualiser nettement. Ca
viendra.
Le devenir des fibromes
Question importante s'il en est, n'est-ce pas? Or, la médecine avait jusqu'à présent
peu ou pas d'arguments pour prévoir si oui ou non ce fibrome allait grossir (je vous
rappelle, pour vous remonter le moral si vous avez un fibrome et pour vous l'abaissez si
vous n'en avez pas, que 1 femme sur 4, au dessus de 30 ans est porteuse d'un fibrome : les
chercheurs sont d'accord sur ce grand nombre, sans que l'on puisse les soupçonner de
jouer au bon docteur Knock).
Voilà qu'une équipe japonaise d'Osaka vient de trouver une façon de prévoir si le
fibrome risque d'augmenter disons dans les mois ou dans l'année, ou s'il ne va pas
bouger. Oh... on ne prévoit pas juste à 100%. Pas à tous les coups, bien sûr, mais
quand même, c'est utile. Comme souvent en Médecine, on " gère du risque ".
Jugez par vous-mêmes :
Le médecin regarde à l'échographie couleur si le fibrome a une artère qui le nourrit
(ça fait un arc de cercle coloré autour de l'image du fibrome). Si oui, il y a beaucoup
de risque qu'il grandisse (1 risque sur 2; C'est beaucoup, hein? mais l'espoir subsiste de
ne pas le voir augmenter. S'il n'y a pas d'arc coloré, donc par d'artère nourricière,
alors, chic, le fibrome n'a que très, très peu de risque de grossir. Logique, n'est-ce
pas? Puisqu'il n'est pas nourri...Et plus le fibrome est gros, plus la règle du chercheur
en question (il s'appelle TSUDA) s'applique bien: il y a fort à parier que le fibrome ne
grandira pas si le volume du fibrome est plus grand que 32 cm3 et qu'il n'est pas
alimenté.
Avec ce que vous savez, votre gynécologue a intérêt à être bien renseigné. Il y a un
moyen, une publication scientifique nommée EGEO.
(Docteur Jean Marie Bourgeois) Professeur
d'échographie et webmestre de Ultrason.com |