L'actualité en gynécologie

L'ACTU D'OCTOBRE 1998

Antagonistes de la Gnrh.

Jusque là on utilisait les analogues (qui font pareil) de l'hormone qui stimule l'hypophyse pour vider totalement celle ci et éviter qu'elle ne perturbe le protocole de stimulation de l'ovulation dans les fiv. Le principe en deux mots. On cherche dans les protocoles de stimulation à tout contrôler or l'hypophyse venait parfois donner un coup de main dont on se serait bien volontiers passé. Pour la vider, on fait comme un magouilleur qui voudrait faire flamber le prix du café par exemple, on commande au principal producteur la totalité de sa production et on la brûle. Il faudra attendre la prochaine saison pour en retrouver de nouveau. Ca va peut être changer puisque des études ont lieu pour utiliser cette fois des antagonistes (qui font le contraire) de l'hormone qui stimule l'hypophyse. Résultat espéré donc, faire pousser de choux fleurs là ou le producteur pensait avoir planté du café. Ca promet des barrages sur les routes de Colombie. Ils vont comprendre.

Le risque accru de cancer du sein avec le traitement de la ménopause.

Les études abondent sur le sujet et le risque semble à présent clairement identifié. Le risque semble lié à l'utilisation des progestatifs. La prise sur une courte période, de cinq ans et moins, n'occasionne aucune modification quand à la fréquence de la survenue du cancer du sein. Pour des prises plus longues, on note une augmentation de cette pathologie d'un tiers environ.
Il faut nuancer cette information de trois remarques. D'une part, il ne faut pas comprendre qu'un tiers des patientes vont avoir un cancer mais que le pourcentage, de l'ordre de 4% à 50 ans s'accroît d'un tiers, pour culminer à 5,5%. D'autre part ces cancers sont détectés plus tôt dans leur évolution. Ils sont donc plus facile à traiter. Preuve en est que la mortalité due au cancer, elle, n'augmente pas et qu'elle diminue même. En dernier lieu, les études, portant sur de très nombreuses patientes, nous proviennent des pays anglo-saxons, précurseurs du traitement, utilisateurs de produits différents de ceux prescrits en France.
Une étude récente soulève un point resté peu documenté jusque là. Les femmes consommatrices régulières d'alcool voient le risque augmenter de près de 80% (à comparer aux 33% de la population générale). Plus de 5 grammes d'alcool, l'équivalent d'un demi-litre de vin par jour. L'explication : l'alcool augmente les oestrogènes de près de 300%.
C'est une explication ? On pensait que c'étaient les progestatifs qui étaient responsables de l'augmentation du risque ! !
La médecine n'est pas une science exacte. Ah, votre médecin vous l'avait déjà dit

Informatisation des cabinets médicaux. Le droit des patients

Les patientes doivent être averties de ce que des informations les concernant sont contenues dans un fichier informatisé. C'est simple et on peut supposer qu'elles l'ont compris d'elles même quand elles vous voient remplir un dossier sur un support informatique. Ce doit être explicitement dit quand les données sont introduites par la suite, en, l'absence de la patiente.
Passé le délai légal de la conservation obligatoire des données, celles ci doivent être détruites. Une patiente peut s'opposer à ce que des informations les concernant soient conservées et traitées. Elles doivent le plus souvent invoquer un motif légitime à cette opposition.
Les patientes ont accès sur justification de leur identité aux données administratives les concernant. Les données médicales ne peuvent être communiquées qu'à un médecin désigné par elles.
La communication des données est en théorie payante, 30 francs en privé et 20 francs dans le secteur public.
La loi autorise les patientes à faire modifier une information les concernant qu'elles jugeraient inexacte, incomplète ou équivoque.
La redevance versée pour la communication est alors remboursée.
Ca n'est que justice.