L'actualité en obstétrique

L'ACTU D'AOÛT 1998

Dépistage de la trisomie 21.

Il est tout à fait légitime d'éviter la naissance d'un enfant trisomique dans une famille qui ne souhaite en aucun cas faire face à une telle responsabilité. On le comprend aisément et c'est aujourd'hui l'immense majorité des familles qui ont cette optique. Toute la difficulté consiste à éviter les excès, mise à l'index des trisomiques, accidents et perte de grossesses normales par la multiplication des examens tendant à dépister le risque de trisomie.
Le dépistage repose sur deux méthodes complémentaires qu'il s'agit d'utiliser à bon escient.
Les marqueurs sériques.
Ce sont des molécules dont on a remarqué qu'elles augmentaient quand la mère porte un enfant trisomique. Il n'est même pas besoin de relier par un mécanisme quelconque cette variation à la trisomie, il suffit que les éléments soient liés statistiquement entre eux. C'est ça un marqueur de risque.
On le trouve dans le sang. Une simple prise de sang suffit donc. On la fait dans un intervalle bien déterminé de l'âge de la grossesse.
Ceux dont on dispose aujourd'hui permettent de détecter 60% des trisomies mais il y a trop de faux positifs, 5% des grossesses (toutes les grossesses) ont une amniocentèse pour rien. D'autres molécules seront dosées bientôt qui affineront ce diagnostic.
La mesure de la clarté nucale.
L'échographie du premier trimestre de la grossesse visualise le fœtus dans son ensemble. Il est possible d'examiner la région de la nuque. Il y a, à l'état normal, un petit décollement de la peau du cou, qui dessine un espace que l'on peut mesurer. Il faut faire cette mesure entre 11 et 13 semaines d'aménorrhée. Il faut apprendre à la faire et éviter les pièges qui guettent les novices.
Quand la mesure est fiable, c'est un élément intéressant pour détecter les anomalies chromosomiques. La clarté ne doit pas dépasser 3 mm.

Coté médecins, apprendre à mesurer la clarté nucale et apprendre à informer les familles.
Côté patients, apprendre à ne pas considérer ces examens comme des diagnostiques de certitude et se prêter à ces examens dans les temps.
Côté des deux, éviter de penser et de donner l'impression que la " chasse aux trisomiques " est ouverte.

Le notch, réponse à une internaute inquiète.

La réponse est de du professeur Jean Marie Bourgeois. Il m'a semblé préférable de la rendre plus accessible. Publiée là, dans les actus, elle touchera plus d'internautes que dans le forum BéBé. Denise (du Québec) est avertie. Elle a été invitée à lire la réponse ici.(rédacteur)

"J'ai vu dans le compte rendu que m'a remis mon gynécologue qu'il y avait un notch sur le doppler de mon artère utérine. Merci à vous. je m'inquiète ".
Un " notch " est un mot anglais qui veut dire " petit coup de frein ". C'est votre artère utérine qui freine un peu. Ce petit coup de frein se voit sur le doppler : il y a une encoche vers le bas, juste après la montée de la courbe. La courbe monte, monte puis descend. Regardez bien : vous verrez qu'elle descend rapidement puis elle remonte. C'est çà le notch : quand elle descend puis remonte. On dirait une petite vallée.
On parle d'incisure (et les pros disent même : onde catacrote. Bof...Peut être même votre échographiste ne connaît-il pas ce mot qui est très spécialisé). C'est bien FemiWeb qui vous apprend plus que ne sait votre médecin, hein? mais, Chut, ne l'ébruitez pas, j'aurais des histoires.
Bon : soyons sérieux. Pourquoi, l'artère utérine (votre artère qui alimente le placenta pour que le placenta nourrisse le bébé) freine-t-elle ? En réalité, les Chercheurs pensent que c'est la " faute " au placenta. C'est lui qui force le sang de l'artère utérine à freiner. Le coup de frein (le notch donc) veut dire que le placenta résiste et ne se laisse pas traverser par le sang. Il est bête, hein ?
Une bonne nouvelle : quand le placenta est jeune, il y a un notch normal. Un placenta est encore un peu jeune (je n'ose pas vous dire " bête ". hum...) jusqu'à 26 semaines et freine donc. C'est donc normal jusque là. Mais il faut qu'après il s'en aille et que la circulation ne soit plus freinée. Il faudrait donc que je sache quelle est votre date de grossesse.
Si maintenant, vous êtes dans le cas moins bon (plus de 26 sem.), rien n'est encore grave. Ce qui va compter, alors, c'est le doppler du cordon ombilical. Et puis, surtout, le poids du bébé...
Pour résumer, pas d'inquiétude prématurée. Tenez moi (nous) au courant. Envoyez nous un faire part. (JMB)