Le coeur du débat

IVG ET VIOLENCE

Combattre le recours à l'ivg sans combattre le droit à l'ivg, c'est proposer des alternatives.

"Un gynéco américain a été abattu d'une balle dans le dos parce qu'il pratiquait des interruptions volontaires de grossesse" Terrifiant ! Et illogique !
Comment, au nom du droit à la vie, peut-on se permettre d'y porter atteinte de façon aussi barbare ? Que disent ces meurtriers : "L'avortement est un meurtre : assassinons les meurtriers, pour que les enfants vivent" ??????????

Voici mon opinion personnelle (j'insiste là-dessus, elle n'engage que moi) sur ce fait divers, sur ces gens, et , par voie de conséquence sur l'avortement. Et pour l'exposer, je vais prendre le chemin inverse, je vais aller de l'avortement à ce fait divers.
Je suis, comme l'on dit, "contre" l'avortement. Mais comme dit Elisabeth, comment peut-on être "pour" ? Il y a deux bonnes raisons à mon opinion :
Je suis chrétienne, par libre choix et non par "déterminisme socio-culturel ou familial" et à mes yeux, la vie est donc sacrée (aussi bien celle des petits que celle des gynécos...). Attention, je ne suis nullement ce que l'on appelle "intégriste". Ma religion à moi, celle que j'essaie de suivre (même si ce n'est pas évident, loin de là, tous les jours), c'est celle de l'amour, de l'attention aux autres, du partage, c'est celle de Mère Teresa, pas celle de Mgr Lefèvre et des "fous de Dieu", pas celle de l'Inquisition, pas celle, super-hypocrite et moralisatrice, du XIX ième siècle.
La seconde raison est que j'ai épousé un enfant adopté. Et il dit lui-même : "A chaque fois que l'on prône l'avortement, on m'assassine". Je pense que tout commentaire est inutile.
Il se trouve que j'ai été par la suite en contact avec des jeunes femmes enceintes que les circonstances poussaient droit à l'ivg. Leur situation était inextricable. Comment concilier alors cette réalité et mes convictions, l'humain et le spirituel ? En leur proposant autre chose.
Il est facile de condamner, de jeter l'anathème, et de rentrer ensuite bien tranquillement chez soi en laissant à la rue ces malheureuses. Quelle hypocrisie ! Je pense que l'avortement n'est pas une réponse adaptée à la détresse de celle qui y a recours.On fait souvent croire à une jeune femme enceinte que sa situation s'améliorera si elle avorte. Or si les circonstances la poussent, voire l'obligent à avorter, la solidarité voudrait que l'on change les circonstances, et non son état. Quand il y a détresse, elle existait souvent avant la grossesse. "Résoudre" la grossesse sans la détresse, est-ce la bonne solution ? Alors que si souvent, résoudre la détresse permet d'aider la jeune femme à vivre une grossesse sereine. Certaines ne peuvent de toute évidence pas se charger d'un enfant à élever.
Ne jugeons jamais. Les raisons peuvent être multiples et parfois incompréhensibles pour nos intellects rationnels et douillets. Quand une jeune femme dit "je ne peux pas élever mon enfant", elle le pense forcément, elle a ses raisons, elle ne peut vraiment pas. Respectons-la, aidons-la. Il y a des solutions, il suffit de se donner la peine d'y réfléchir. Depuis 20 ans que l'avortement est légalisé sous le nom d'ivg, que peut-on en conclure ? Que c'est toujours un constat d'échec.
La loi Veil était indispensable, malheureusement inévitable. Il n'y a pas lieu de se réjouir de ce qui l'a suscitée. Mais il faut proposer autre chose. Les initiatives pacifiques, positives et efficaces ne manquent pas. Si elles étaient mieux connues, si une aide véritable aux femmes enceintes en difficulté se mettait en place à grande échelle, il n'y aurait plus besoin d'appliquer cette loi.
Mais ces gens qui assassinent soi-disant au nom du droit à la vie, ou qui font des "descentes" dans les cliniques, que proposent-ils ? de répondre à la violence par la violence ? On peut se demander s'ils n'ont pas trouvé là un excellent prétexte pour assouvir des pulsions meurtrières, bien éloignées de ce droit à la vie qu'ils font semblant de défendre.
Quel souci ont-ils de ces femmes désespérées ? Que proposent-ils pour résoudre leurs difficultés ? Rien. Ils me donnent la nausée. Et encore plus quand je pense que certains se disent chrétiens... Je ne veux pas être assimilée à ces gens-là.