Le coeur du débat

IVG ET VIOLENCE

On ne peut pas être pour un malheur, on peut être contre un malheur plus grand.

L'avortement ? En parler, parce qu'un gynécologue américain vient d'être abattu, d'une balle dans le dos, par un courageux combattant de la vie ! Evidemment, il n'y a que les adversaires, qui s'expriment régulièrement et s'activent pour en obtenir l'interdiction…
L'avortement, on ne peut pas être pour. De la même façon qu'on ne peut pas être pour les tornades, les accidents de la route ou le rejet des greffes. Comme pour l'ensemble des accidents de la vie, on a beau ne pas être pour, on constate que ça arrive.
La légalisation de l'interruption volontaire de grossesse, il y a une vingtaine d'années, n'a rien changé au nombre de femmes qui y ont recours. Ce qu'elle a changé, c'est les conditions médicales qui faisaient qu'à coup d'aiguille à tricoter, les femmes étaient prêtes à y laisser leur vie. Ca n'était ni médicalement, ni humainement, ni religieusement admissible. Il faut se méfier des extrémistes. Rien n'est facile pour personne. Se méfier aussi, même quand c'est pour la bonne cause, de reprendre leurs arguments. Je ne crois pas, personnellement, qu'il s'agisse d'un quelconque droit des femmes à disposer de leur corps. Le drame est vraiment plus profond, car de leur corps, les femmes qui avaient recours à l'avortement avant l'interruption volontaire de grossesse, ces femmes en disposaient pleinement, au point d'accepter de le risquer tout entier.
Un gynécologue qui fait des interruptions volontaires de grossesse n'est pas un assassin, il sauve au moins une des deux vies qui sans lui auraient peut être été condamnées. C'est son devoir, c'est son métier, c'est dramatique mais c'est comme ça. La vie est parfois dramatique.

Quand on parle d'interruption volontaire de grossesse, on omet souvent de rappeler que, dans bien des cas et assez paradoxalement, c'est une sorte de surpression morale qui conduit à l'inacceptation de ces grossesses. Moralité ? C'est bien souvent les mêmes personnes qui refusent violemment l'avortement et les grossesses hors cadre normal, les grossesses des jeunes filles en particulier.
L'inacceptation de la " faute " entraîne l'inacceptation de la vie. Beaucoup trop de vies s'arrêtent au nom de la morale. La morale, même religieuse, n'en demande pas tant, et un peu plus d'humanité réglerait sûrement bien des problèmes.