L'invité du magazine

Docteur Jean luc Baron, chirurgien plasticien

Notre invité est Jean Luc Baron.

Il est chirurgien plasticien. Un de ses pôles d'intérêt principal est l'hypertrophie mammaire, les seins trop gros, trop lourds.
Des questions ont été posées ici par des internautes qui n'osent, à les lire, n'en parler à personne.

Nous avons eu envie qu'un médecin leur réponde. Il a accepté.

HYPERTROPHIE MAMMAIRE. MAL ÊTRE ET MIEUX ETRE.

Quelle jeune fille aux seins lourds, beaucoup trop lourds n'a pas regardé avec envie, voire jalousie, sa copine à la poitrine bien proportionnée, faire du sport sans retenue, danser sans appréhension, enfin vivre normalement.
Et pourtant quel symbole de maternité plus fort qu'une poitrine avantageusement développée. Quel photographe n'a pas pisté l'image d'une mère donnant le "sein protecteur" à son enfant.
C'est bien là toute l'ambiguïté de notre société actuelle, tiraillée entre esthétisme et réalité de la nature.
Mais doit-on respecter la nature, quand cette dernière influe tant sur la dimension physique que psychologique des femmes. Quel fardeau que cette poitrine hypertrophiée, responsable de douleurs du dos, et qui ne trouve pour se mettre en valeur aucun accessoire vestimentaire avenant, parfois le "soutien gorge carcan" est facteur de soulagement, mais combien contraignant lorsque reviennent les beaux jours.
Assez de banalité direz vous! Mais est-ce bien des banalités pour la vie quotidienne des jeunes filles porteuses d'une hypertrophie mammaire?
Mais alors que faire, comment résoudre ce mal être permanent, pour évoluer vers le mieux être.

La chirurgie, est parfois une solution, mais comment franchir le pas, lorsque se dressent de multiples "mots-obstacles" comme douleur, anesthésie, voire échec et mutilation.
Permettez moi alors de vous faire participer sans trahir aucun secret médical, au colloque singulier de cette jeune fille consultant son chirurgien:

Docteur, je ne supporte plus ma forte poitrine, elle est une gêne permanente. Y a-t-il une solution ?

Bien sûr, une intervention est possible, elle permettra de diminuer le volume de votre poitrine, et de réduire sa chute.

Mais comment va être ma nouvelle poitrine, en pomme, en poire ?

Vous avez un thorax large, avec des seins à base large, vous resterez avec des seins larges. Vous avez un thorax long avec une base située a distance de vos épaules ils resteront bas situés, mais ils ne seront plus tombants, et auront repris la place qui auraient du être la leur.

Bien mais dîtes moi comment vous procédez ? Comment faites vous avec cette peau en trop ?

Vous venez là de poser la question essentielle, car ce type de chirurgie ne peut se faire sans laisser de cicatrices.

Mais les cicatrices elles disparaissent ?

Non les cicatrices s'atténuent , s'estompent avec le temps mais ne disparaissent jamais totalement, elle sont dans la majeure partie des cas discrètes mais parfois elle peuvent s'élargir suivant la qualité de votre peau. Mais quoiqu'il en soit votre poitrine reprendra une forme et un volume correct.
Le mieux est que je vous montre quelques photos, ou les cicatrices sont encore assez visibles pour que vous puissiez vous faire une idée.

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Bien sûr il y a des cicatrices, mais cela ressemble à des seins , à côté de ce que j'ai actuellement, mais dîtes moi ça fait mal cette intervention ?

Il ne s'agit pas d'une intervention très douloureuse, et a l'heure actuelle nous avons d'excellents moyens pour calmer la douleur. Par ailleurs l'hospitalisation n'est pas très longue, 3 ou 4 jours tout au plus. Des pansements seront nécessaires 15 jours durant, et la nouvelle forme de votre poitrine ne sera acquise qu'au bout de quelques mois, quand aux cicatrices je vous le répète, il faudra 2 années pour qu'elles s'estompent.

Docteur une dernière question, si je désire un enfant pourrais-je allaiter, et que deviendrons mes seins après une grossesse ?

Bien sûr vous pourrez allaiter, car la majorité des techniques actuelles préservent les canaux galactophoriques, quand à votre vie de femme, elle sera identique à celle de n'importe quelle autre femme et suivra les mêmes modifications, intervention ou non.

Après l'intervention, est-ce que je ne perdrais pas la sensibilité du bout de mes seins ?

La plupart des techniques actuelles conservent la sensibilité du mamelon et de l'aréole, peut être aurais vous une diminution passagère de cette sensibilité dans les quelques mois après l'intervention, mais votre sensibilité reviendra au niveau de celle antérieure à l'intervention.

Merci de vos explications, mais au fait combien m'en coûtera t-il ?

Ce type d'intervention est encore pris en charge par la sécurité sociale, et selon les chirurgiens un dépassement d'honoraire vous sera demandé et ce dernier pourra vous être remboursé par votre mutuelle si votre contrat le prévoit. Bien entendu si vous n'êtes pas remboursé du complément, un étalement du paiement est toujours possible.

Vous voilà informé, réfléchissez quelques temps avant de prendre une décision et sachez que je suis là pour répondre a toute question complémentaire.


Après ce petit entretien qui répondra je l'espère, à la majorité des questions que peuvent se poser les patientes, j'aborderai le sujet sur un versant plus technique.

Bien entendu, l'intervention de réduction mammaire est maintenant bien codifiée, mais les techniques sont diverses, et seul un chirurgien rompu a ces méthodes pourra maîtriser telle ou telle technique qu'il aura choisi en fonction de sa sensibilité personnelle, pour autant qu'elle donne des résultats satisfaisants.
Seule une réelle compétence permettra au chirurgien de ne pas se tromper dans la résection cutanée, un mauvais dessin préalable aura des conséquences sur la position des aréoles, dont la malposition est très difficilement corrigible.
Seule une réelle compétence permet au chirurgien de corriger une éventuelle asymétrie mammaire, et tout au moins lui permet de ne pas en créer une.
Seule la nature et la susceptibilité individuelle permettra aux cicatrices d'évoluer favorablement. Mais c'est le rôle du chirurgien de dépister précocement une anomalie de la cicatrisation, et de la combattre avec tous les moyens qui existent actuellement.
La chirurgie esthétique du sein s'apprend durant de longue année, elle ne laisse aucune place à l'improvisation, sinon ce sont les patientes qui sont à jamais marquées physiquement et psychologiquement.
L'erreur est humaine, la multiplication des erreurs n'est pas humaine.
Dr J-L BARON