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Dessine-moi une femme


Diglee, illustratrice et blogueuse de son état, a publié sur son blog un article sur la représentation du corps féminin. Elle raconte l’histoire mouvementée qu’elle a entretenue avec celle-ci et le combat qu’elle mène aujourd’hui contre les diktats de la beauté.
 




Une lutte schizophrène contre soi-même

 
C’est un combat interne qui s’est installé dans l’esprit d’un grand nombre de femmes. Un tiraillement incessant entre les impératifs issus de la mode, martelés par le monde qui nous entoure et l’amour profond que l’on aimerait porter à son corps. Parce qu’après tout, c’est le nôtre. Et nos jambes, si elles ne sont pas aussi grandes que celles de la voisine, c’est quand même nos jambes.

D’ailleurs, il y a sur celle de droite un joli grain de beauté, juste au-dessus de la cheville. On l’aime ce grain de beauté. Alors pourquoi vouloir dégainer Photoshop pour allonger ses jambes et du même coup, sans vraiment le faire exprès, se séparer de cette marque qui nous fait sourire quand on enfile nos chaussettes ?

Gif d'une femme avec des formes qui arrache les boutons de son chemisier
Libérée, délivrée... ♪ ! 

Cette lutte, c’est ce qu’a vécu Diglee en remarquant que ses premiers dessins d’artiste n’étaient composés que de femmes grandes, minces et hyper-sexualisées. Des femmes que l’on ne croise que très rarement dans la rue et qui sont pourtant omniprésentes sur tous les supports portés à nos yeux. Par mimétisme ou par habitude, la blogueuse a reproduit les schémas véhiculés par les magazines et la publicité.


Comme elle l'expliquera par la suite, elle a eu l’opportunité grâce à ses cours de dessin de glisser sur papier des corps nus, tous différents. Des grands nez, des petits seins, de la cellulite, des muscles, des hanches… Le seul caractère commun ? La beauté.

S’opèrent alors une prise de conscience brutale et un regard nouveau sur ses vieux dessins. Elle commence par faire preuve d’une grande autodérision en se dessinant elle-même de manière peu flatteuse, oubliant les injonctions esthétiques. Ce sont ensuite ses autres personnages qui passent à la moulinette de la réalité et qui s’offrent au lecteur tels qu’ils sont. La machine est lancée.


Gif de deux femmes qui se font un high five en riant
Diglee 1 – Les stéréotypes 0

 

Un combat quotidien contre les stéréotypes qui nous entourent

 
Une fois le conflit intérieur résolu, ce sont les centaines d’attaques venues de l’extérieur qui se révèlent soudain. Elle réalise que les travaux d’illustratrice qu’elle livrait à des agences de pub étaient souvent soumis à des impératifs stéréotypés. Les remarques récurrentes auxquelles elle était confrontée ? Rendre un corps plus élancé, amincir des cuisses trop présentes, augmenter un tour de poitrine…  Elle s’exécutait alors mécaniquement, sans trop y faire attention.

Aujourd’hui, c’est une autre histoire. Elle s’entoure d’éditeurs et d’éditrices sensibles à ces problématiques et ose dire les choses lorsqu’elle ne les trouve pas justes. Notamment lorsqu’un éditeur lui demande de maigrir une femme que l’auteure veut pourtant “tout en formes”, “pulpeuse” et “aux formes féminines très marquées”. S’en suit une série de discussions, qui aboutira au retrait de Diglee du projet. Elle a en effet préféré refuser le travail plutôt que de “raboter” son personnage.
 

Le dessin de Diglee à l’origine du désaccord

 
Beaucoup d’illustratrices et d’illustrateurs sont confrontés à ce genre de demandes et tous ne peuvent pas dire non. Ils ont néanmoins la possibilité de témoigner, notamment avec le hashtag #TuPeuxJusteChanger, apparu il y a quelques jours. L’objectif est de recenser des demandes abusives d’employeurs concernant le physique d’un personnage. Nous avons déniché pour vous quelques pépites sur Twitter : 

 

Le 31/03/2016

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