Mme de Beauvoir fait une erreur de calcul
Un colloque international va célébrer à la Sorbonne la parution
du "Deuxième sexe". Gardons l'espoir qu'une communication fera remarquer
l'erreur de calcul commise par Mme de Beauvoir au départ et dont les effets vont se
multiplier de façon exponentielle.
Qu'il y ait deux sexes, en effet, ne signifie pas que, forcément, l'un soit premier par
rapport à l'autre. Le cardinal (ici 2) n'implique pas forcément l'ordinal (1er, 2e). Il
suffit en effet que les deux éléments soient autres l'un à l'autre pour ne pouvoir
être rangés dans une même série. Il se trouve - ô merveille ! - que c'est
précisément le cas d'un homme ou d'une femme. Mieux : ils représentent le paradigme de
l'altérité. On ne peut donc écrire que l'un est 1er par rapport au 2e, sans même
d'ailleurs interroger pourquoi ce serait l'homme ; on peut seulement écrire a # b, en
refusant une fausse évidence (1er, 2e) qui ne peut avoir pour source que l'ignorance ou
l'inconscient.
Les conséquences sont magiques. L'opposition nature/culture impliquée par la formule
"On ne naît pas femme, on le devient" tombe d'elle-même au profit de l'ordre
logique qui, sans penser à mal (ni à mâle) institue la place de l'Autre et y invite les
femmes pour paraître belles, intrigantes, mystérieuses, ... Au point que de nombreux
hommes en font le sexe n°1.
Au paradis des érudites Mme de B. doit sûrement se ronger les sangs en pensant ainsi que
sa formule "On ne naît pas femme, on le devient" est précisément celle du
transsexuel... mâle. Ou encore que, en grec, le mot qui a donné hystérie est le même,
à un accent près, que celui qui signifie deuxième...
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