| LE BILLET LIBRE |
La mode est donc à la parité. Elle vise à faire d'une créature séduisante, intelligente et courageuse l'égale d'un homme. A-t-elle vraiment à y gagner ? Si on rappelle que la direction des affaires lui était, à lui, jusqu'ici imputée, la considération de l'état dans lequel nous sommes devrait plutôt faire craindre l'idée de l'égaler. L'objection - dira-t-on - est spécieuse car la parité cherche surtout à rénover la fonction par les qualités spécifiques, précisément, qu'une femme pourrait y déployer. Mais l'épreuve est faite depuis longtemps. Chaque fois qu'une femme occupe une place traditionnellement masculine, elle se trouve amenée moins à révéler ses talents propres qu'à montrer qu'elle y vaut bien un homme et mieux, le surpasse. Superman, c'est elle. Capable d'une rigueur froide et implacable bien plus pragmatique que celle d'un compagnon régulièrement vulnérable aux charmes de la faiblesse. Le vote des femmes a-t-til fait basculer l'équilibre des forces politiques ? L'accès à la députation et au gouvernement comble-t-il le trou de la S.S ou répare-t-il les insuffisances de la Justice ? A dire vrai, la féminisation de la fonction ne mériterait d'être lexicalement relevée, madame le Ministre, qui si votre sexe y montrait bien son génie. Si notre époque cherche ses modèles dans les grandes lois de la physique ou de la biologie, disons que la parité s'inspire de la deuxième loi de la thermodynamique, qui relève la tendance de l'univers à égaliser les différences, ici celle des températures. On sait que son accomplissement signifiera aussi la fin de l'univers. En l'attendant, que les amateurs de la vie continuent de célébrer, aussi agréablement qu'ils le pourront, la disparité. |
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