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On a tous des dents une fois grands
Mentir pour les nuits, cest possible. Tous les parents se vantent un peu, de toutes façons& et cest sans doute un bien car si les parents nétaient pas un peu inobjectifs, qui le serait ? On peut toujours, en se levant trois fois par nuit et si lon est un peu une artiste du fard, faire croire à ses amies que notre cher bébé, de tout juste six mois, va se coucher tout seul au premières mesures du générique du journal de 20 heures. Ca, pour les nuits, on peut& Et ce nest pas mentir. Cest juste éviter le dérapage douteux du « tu es sûre quil est bien normal, quil nest pas en retard ? »&
Mais pour les dents, la marche à quatre pattes, la marche avant qui suit la marche arrière, cest plus difficile. Il dit « papa » ? Il dit « la purée est trop salée » ? Bravo ! Il ne dit rien du tout ? Catastrophe ! Il est EN RETARD ! Dailleurs, le mieux est de shabituer, parce que ça dure toute la vie de lenfant& Il lit « La Chartreuse de Parme » à 6 ans, tu es sauvée& Il continue de sucer son pouce en refusant de lire autre chose que des bandes dessinées ? Catastrophe ! Comme si le bébé, puis le petit enfant, se devaient de tenir des records, dentrer dans une procédure quasi normalisée, première dent à 3 mois, quatre pattes à six et marche acquise à tout juste dix mois& Parce que voilà. Pour certains, cest un drame. Etre catalogué comme « en retard » parce quavec une superbe technique de marche à quatre pattes, il na marché quà 16 ou 18 mois, ça peut être dur à vivre pour lenfant si ça lest pour les parents. Et ça na pas à lêtre.
Certains bébés ont des dents à trois mois, dautres pas avant un an. Quimporte ? Tous ont strictement le même compte de dents à vingt ans. Ils évoluent simplement à leur rythme. Tant mieux pour ceux qui arrivent à répondre au téléphone à 18 mois, cest valorisant pour les grands parents. Dautres, à cet âge, nont encore rien dit& Mais savent sauter, faire du vélo, des châteaux de sable, faire des bêtises ou manger comme des grands. Ou rien de tout ça, mais sont charmeurs, savent simplement tisser des liens avec tous les yeux qui passent à leur portée. Un bébé qui va bien, ça se voit.
Il ne veut pas marcher ? Pas de panique. Il ne veut pas parler ? Cest peut être, justement, que la purée nétait pas trop salée& Evitons leur peut être ce trop de pression qui caractérise tant, et pour finalement pas grand chose, notre société&
Elisabeth Dielh (Editorialiste de FemiWeb, animatrice de femiliste)
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