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Tiré de l'édito d'Elizabeth La liberté a ses esclaves.
Avant, on disait « sois belle et tais toi »& Avant, on disait aux petites filles « tiens toi droite et rentre ton ventre »& Maintenant, tout a changé. Tout& Maintenant, pour gagner quelques centimètres de tour de taille, on se fait enlever une côte (de chaque côté)& Et que font ils avec ? De nouveaux Adam ?
Et moi, terre à terre que je suis, je ne vois pas ce quon a gagné, à part justement ces quelques centimètres de tour de taille dont on dit assez stupidement quils sont gagnés alors quils sont en fait perdus& Pas facile à trouver, la place quon aimerait prendre dans ce monde& On aimerait être femmes, mais femmes comme des hommes, travailler, être libres& On aimerait le pouvoir. On a lutté pour ça, en ne voyant même pas que le pouvoir, le vrai, le seul qui compte, on lavait déjà& Evidemment, pendant des siècles, la liberté, nous ne lavions pas. Nous navions pas le droit de voter, de travailler sans lautorisation de notre mari. Alors nous avons lutté. Lutté pour avoir le droit de travailler& Comme si celles qui ne travaillaient pas navaient rien à faire& Comme si léducation dun enfant nétait pas, entre tous, le plus important des pouvoirs&Les régimes fascistes ont tous compris ça, en enrôlant la jeunesse&Le Lebensborn, de par son extrême achèvement allant jusquà la conception même denfants, en est la preuve.
Alors que faire ? Etre femme, être mère, comment se faire une place dans ce monde ? Et elle est où, la liberté, dans tout ça ? La femme moderne, celle dont tout le monde pourrait dire quelle a réussi, elle est grande, mince, travaille 70 heures par semaine, accepte des réunions le samedi matin, et elle a des enfants. Reprenons. Elle est grande et mince. Grande, elle ny est pour rien, mince, cest parce quelle sinterdit même de regarder une tablette de chocolat. Aucune liberté vis à vis de la tablette de chocolat, la femme moderne& Elle travaille 70 heures par semaine, parce quelle ne veut pas être esclave de son mari. Et elle accepte les réunions le samedi matin parce que justement, pour ne pas être esclave de son mari, elle accepte de navoir aucune liberté professionnelle& Elle a des enfants ? Eventuellement. Parce quelle en a envie, mais elle hésite. Elle sait quelle ne pourra pas manger avec eux, pas un seul soir de la semaine, et même pas le samedi. Elle pense quelle ne pourra même pas prendre de congé de maternité. Parce quelle est indispensable à sa fonction, à son entreprise, à son patron. Un mari ? Pas forcément le temps. Alors, la liberté de travailler, elle ne la même plus. Cest devenu une obligation. Elle doit travailler parce que, si elle veut des enfants, elle devra payer une personne à plein temps qui sera là pour ses petits, pour les faire dîner, leur raconter des histoires, pour les aider à sendormir.
Les enfants, elle en voudrait, bien sûr, mais elle a quand même un peu peur. Elle a peur de devenir simplement mère en rompant ce bel équilibre. Cest vrai, pourtant, quil a fallu se battre pour obtenir le droit de travailler& Seulement, ce droit, il a été conquis en lopposant à une forme parfaitement caricaturale de lesclavage que représentait la maternité. Et cest dommage quait été autant caricaturée cette situation des femmes. Cest dommage que, pour accéder aux responsabilités, les femmes acceptent de devenir des hommes, de vivre la vie des hommes. Cest dommage quon oppose tant les femmes qui ont des responsabilités aux femmes qui ont des responsabilités. Comme si la responsabilité délever ne fut-ce quun enfant était moins noble que celle quun employeur peut nous confier&
Un enfant, de toute sa vie, ne se passera jamais de ses parents, et on sait toutes que quelque soit notre niveau de responsabilités à lextérieur, nimporte quel employeur, nimporte quelle fonction existe malgré nous, malgré notre absence. Le droit des femmes me semble tout à fait ignoré, dans tout ça. Le droit et la liberté.
Tout est question déquilibre, évidemment. Mais nous ne sommes pas ridicules de souhaiter, de temps en temps, recentrer quelques valeurs. Ne remplaçons pas lesclavage relatif que représentait la non liberté que nous avions dêtre mères par la non liberté que nous avons de ne plus lêtre.
Elisabeth Dielh (Editorialiste de FemiWeb, animatrice de femiliste)
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