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La
SIXIÈME consultation DE GROSSESSE
Celle du sixième mois
Vous avez votre papier de la CAF à faire signer. Vous avez aussi des
étiquettes que la sécu vous a envoyées.
Si votre médecin vous donne une feuille de soin, vous collerez
l'étiquette du mois sur la feuille. S'il fait une feuille de soins
électronique, avec votre carte vitale, il faut lui donner l'étiquette.
Il l'a détruira parce qu'elle ne doit pas servir à une autre
consultation. C'est important.
Vous avez aussi apporté les clichés et le compte rendu de
l'échographie morphologique.
C'était bien ?
Le praticien a pris le temps, après l'examen de tous les organes, de
vous montrer un peu le bébé, son visage, son profil surtout.
Il a baillé pendant l'examen ? Vous avez suivi mon conseil ? Bien, vous
avez eu raison de ne pas emmener le grand frère ou la grande sœur,
pour lui "montrer" son petit frère. Ainsi, le praticien a pu
se concentrer sur la vérification de l'anatomie de votre petit
locataire.
Parfois, il n'a pas bien visualisé telle ou telle partie de son
corps.
Il s'est un peu énervé ? Le bébé ne se présentait pas assez bien
pour tout voir ? C'est pas sa faute. Il faut savoir patienter,
éventuellement reprendre l'écho un peu plus tard.
Sinon, ça arrive qu'ils s'énervent. Vous savez, ça n'est pas facile
depuis un certain "arrêt Perruche". Ils ont très peur de
passer à côté de quelque chose, de ne pas voir une malformation,
même minime. Si cet arrêt faisait jurisprudence, vous pourriez le leur
reprocher et même ce petit être pourra les attaquer en justice
jusqu'à ses 48 ans, c'est à dire 30 ans après sa majorité.
Vous ne savez pas trop ce qu'a changé cet "arrêt Perruche" ?
Perruche, c'est un nom de famille. C'est le nom d'un enfant qui a obtenu
réparation du préjudice d'être né alors qu'il avait eu une rubéole
congénitale, dans le ventre de sa mère. La condamnation ne concernait
pas la faute, qui avait été déjà sanctionnée précédemment non. Il
s'agit du préjudice d'être né.
En gros, jusque là, lorsqu'un enfant naissait avec une anomalie, hormis
dans les cas ou la détection de celle ci aurait pu modifier la prise en
charge de bébé, (équipe chirurgicale sur place, équipement
spécifique à sa pathologie…), hormis donc dans ces cas là où la
non détection a causé une diminution des chances, on ne pouvait pas
reprocher au médecin d'avoir laissé naître cet enfant. En effet, la
vie en soi, même si elle est grevée d'un lourd handicap, n'est pas
considérée comme une maladie.
Avec ce fameux arrêt, on peut donc reprocher au médecin de ne pas
avoir alerté ses parents et de ne pas avoir lancé le processus qui
aurait mis fin à sa propre vie.
Etonnant et un peu déconcertant.
(à suivre... Le médecin vous examine)
- édité le 16/04/01
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