Les fiches interventions

Par le Docteur Albert Ohayon

Résection d'un polype par voie hystéroscopique

Cette intervention s'offre comme une alternative au curetage, moins efficace car fait à l'aveugle sans contrôle visuel, et à l'ablation de l'utérus de ces patientes qui souffrent d'une complication d'un polype, notamment de règles hémorragiques et saignements intercurrents. Cette procédure est proposée lorsque le ou les polypes constituent un risque potentiel par leur présence ou par leurs complications et que les autres traitements médicaux ont échoué ou bien se sont révélés porteurs d'effets secondaires importants. Cela consiste morceler le polype et à en retirer la majeure partie ou la totalité en passant par les voies naturelles.

Résultats.

Les études les plus récentes montrent que la plupart des patientes ayant bénéficié de la méthode ont vu leurs symptômes améliorés. Les patientes, en majorité, étaient satisfaites. Celles ci ont vu leurs symptômes, lourdeurs, douleurs ou saignements réduits. Certaines rapportent un arrêt complet des menstruations après résection.

L'intervention.

Il s'agit d'une technique nommée hystéroscopie opératoire. Une optique médicale est introduite à travers le vagin et l'orifice cervical. Une caméra est branchée sur cette fibre optique (l'hystéroscope), elle sert à visualiser la cavité utérine sur un écran lors de l'intervention. La cavité est dilatée par un liquide médical. Le polype est alors morcelé à l'aide d'une petite anse parcourue par un courant de section. Des passages successifs entament le polype. Les copeaux sont repoussés vers le fond de la cavité. On s'interrompt pour les sortir quand leur présence gêne la poursuite de ce qui ressemble en quelque sorte à un rabotage. Il faut retirer la totalité du polype et creuser un peu au niveau du pied, à l'insertion du polype sur la muqueuse utérine.

Bien que cela ne soit pas prévu, le médecin peut être amené à intervenir par voie haute (coelioscopie) si l'état des organes le nécessite.
Par la suite des précautions sont indiquées qui éviteront les désagréments toujours possibles dans les suites d'un acte médical.

  • Prendre sa température pendant les quatre jours qui suivent l'intervention et signaler celles qui dépassent 37.8°.
  • Ralentir son activité durant 3-4 jours.
  • S'abstenir d'avoir des rapports sexuels une quinzaine de jours.
  • Un rendez-vous doit être pris pour évaluer 15 jours après l'intervention les résultats.

Dans les suites

On peut rencontrer certains de ces éléments :

  • Des désordres urinaires, tels de fréquentes mictions pendant un jour ou deux.
  • Des saignements irréguliers, des pertes liquides mêlées de débris de muqueuses, pendant plus de six semaines.
  • Des douleurs pelviennes à type de crampes peuvent nécessiter la prescription d'antalgiques.
  • L'anesthésie est à l'origine de fatigue, nausées et vomissements.
  • Exceptionnellement l'anesthésie générale a pu causer des problèmes beaucoup plus sérieux, tes des arrêts cardiaques ou respiratoires.
  • Rarement, l'endoscope peut traverser la paroi utérine et blesser des vaisseaux. Cet incident impose l'arrêt de la procédure jusqu'à cicatrisation. Un autre risque potentiel, c'est la résorption exagérée du liquide utilisé pour dilater la cavité. Celle-ci doit être évitée, dépistée et traitée le cas échéant, ce qui prolongera la durée de l'hospitalisation.
  • Autre incident rare, la perforation de l'utérus par le bistouri électrique et les blessures intestinales. Cela peut faire recourir à une chirurgie plus lourde pour éviter les infections qui en résulteraient.

Qu'en est-il des possibilités de grossesse ?

La résection n'entame pas en principe les possibilités de concevoir, au contraire, sauf s'il a été décidé de procéder dans le même temps à une endométrectomie. Malgré tout, dans ce dernier cas, elle devra poursuivre une contraception jusqu'à l'installation de la ménopause.

En conclusion, la résection est une alternative sérieuse au curetage et à l'hystérectomie totale. Moins lourde que cette dernière, plus rapide, exposant à moins de risques. Elle ne doit être proposée que si on escompte une réelle amélioration. Elle doit être alors comparée aux autres techniques.

édité le 25/08/02