L'accouchement

Par le professeur Claude Colette

Les postures prises par la mère pendant l'accouchement

L'expulsion 

Augmenter l'efficacité des efforts maternels, faciliter la sortie de l'enfant en protégeant au mieux le périnée maternel conduisent à des choix qui entravent parfois la surveillance des phénomènes normaux. Comment tout concilier ?

Les Africaines arrivent à s'appuyer sur ce qu'elles trouvent : elles accouchent ainsi, par nécessité, accroupies en s'aidant d'un tronc, d'un mur où leurs mains les soutiennent. Parfois elles sont soutenues, en arrière par une femme sur les cuisses de laquelle elles s'assoient. Il peut arriver qu'elles s'appuient, accroupies sur une compagne qui se trouve devant elles, la matrone recueillant l'enfant en arrière. 
Des asiatiques accouchent, étendues sur la natte entre les jambes du père qui console et encourage.

Dans nos contrées, depuis des millénaires, les accouchées ont pu bénéficier d'un matériel devant faciliter l'issue heureuse.
Les sièges d'accouchement sont divers. Ils ont tous un appui dorsal et des repose-cuisses. Leur taille varie, comme leur inclinaison, l'espace laissé aux manœuvres obstétricales, les possibilités offertes par les appuis des membres supérieurs. On les retrouve dans les sculptures égyptiennes, indiennes, latines et grecques. Ils ont été peu à peu abandonnés. Un retour en grâce semble s'annoncer. Nous y reviendrons.
Le lit, commun à la paysanne et à la châtelaine a été adopté par les sages-femmes, les médecins, parce qu'ils leur étaient offerts pour les accouchements à domicile. C'était le temps où on naissait là où on avait été conçu (et où on mourrait plus tard).Au moment de l'accouchement, s'il y avait une manœuvre, on mettait la femme "en travers", avec les fesses sur le bord, les membres inférieurs soutenus par deux aides. Quoi de mieux pour les pauvresses sans feu ni lieu qu'un accouchement comme chez soi : les lits étaient adoptés dans les Maternités. Ils le sont encore. On accouche sur le dos, mais le lit se "casse" pour permettre les manœuvres, et des étriers remplacent les aides.
Depuis quelques décennies, des lits peuvent se plier pour faire de véritables sièges obstétricaux. Ils peuvent également être utilisés comme tables opératoires pour une césarienne décidée tardivement, et réalisée sans déplacer la patiente. Leur commande est électrique.

(à suivre... la délivrance.)
édité le 13/08/00
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