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PRÉVENIR CES SITUATIONS
Peut-on éviter ces présentations à risque particulier ? Question à 10 francs,
puisque la réponse est dans un précédent paragraphe. Vous dites qu'il faut l'obliger à
faire sa dernière culbute. Gagné !
Quand ? Avant la fin du huitième mois. On appelle cela la version par manuvres
externes.
On doit repérer précisément, à l'échographie, les différentes parties, la tête en
haut, le dos sur le côté, les fesses en bas qui plongent plus ou moins dans l'entonnoir
du bassin. L'obstétricien va tenter de lui faire procéder à une culbute avant.
Le secret de la réussite de cette manuvre, c'est de sortir les fesses de
l'entonnoir. Quand le praticien a interposé sa main entre les fesses et les os du bassin
de la maman, c'est presque gagné. Il fait doucement courber l'échine à bébé. Comme
bébé est d'un naturel joueur, il a tendance à pousser sur ses pieds et la culbute se
fait, le plus lentement possible, rythmée par les mouvements d'extensions de l'enfant.
Bien entendu, il faut exclure toute tentative qui serait dangereuse.
A proscrire si le placenta est situé trop près du col ou encore si l'utérus a été
précédemment césarisé, et qu'il est donc porteur d'une cicatrice qui risquerait de se
rompre pendant la manuvre. Il faut également s'abstenir si la tentative est vouée
à l'échec. Par exemple, s'il ne reste que trop peu de liquide après rupture des
membranes ou encore si les membres inférieurs sont étendus, comme deux attelles devant
le tronc qui ne peut alors se fléchir.
Ainsi toutes les gestantes ne peuvent bénéficier de cette manuvre. Si elle est
possible, et, c'est tout de même fréquent, la tentative est réalisée en milieu
obstétrical possédant un échographe disponible, un cardiotocographe branché et à
proximité immédiate d'une salle d'opération prête. Le ftus doit être bien
observé, avant et après la manuvre.
Tout incident, toute difficulté doit faire renoncer. Tout accident (saignement, trouble
du rythme cardiaque foetal) ordonne la césarienne en raison par exemple d'un début de
décollement placentaire.
Un repos consécutif est indispensable, quelques heures en milieu hospitalier, puis
quelques jours à domicile. La clinique et l'échographie vérifient la réussite
définitive quelques jours après.
Cette manière de faire, prudente, donc exceptionnellement compliquée entraîne une
diminution importante des taux de siège. La bonne moitié des tentatives réussit.
Dommage que les prématurés ne puissent en profiter ! Quand, pour eux, l'accouchement est
en route, l'utérus se cabre dans une contracture dangereuse rendant de plus illusoire le
résultat escompté.
- édité le 13/08/00
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