L'opération césarienne

Par le professeur Claude Colette

SES INDICATIONS

Diverses, parfois intriquées, elles peuvent être prévues dans certains cas, mais peuvent apparaître impérieuses et urgentes à tout moment de la grossesse ou du travail d'accouchement.

Indications portées avant la survenue du travail

  • La plus fréquente est tirée d'une cicatrice utérine susceptible de se rompre dès le début des contractions du travail. Il peut s'agir, le plus souvent d'une césarienne antérieure ayant fragilisé l'utérus pour différentes raisons. Plus rarement, il s'agit d'autres interventions pour fibromes ou correction de malformation par exemple.
  • Les bassins rétrécis, plus souvent par fracture que par rachitisme, actuellement.
  • Le placenta qui s'insère en couvrant le col ne peut que saigner en empêchant toute dilatation. L'échographie l'objective bien.
  • Le diabète qui s'avère difficile à contrôler.
  • L'allo-immunisation fœtale par facteur rhésus est devenue exceptionnelle.
  • Les grossesses multiples qui sont devenues plus fréquentes avec les traitements de la stérilité ovarienne.

Ces césariennes peuvent être faites à une date choisie au mieux pour assurer la meilleure maturité fœtale sans accroître le risque . La consultation anesthésique est de règle avant l'intervention.

Indications portées en urgence

  • La césarienne peut être décidée en urgence avant le début du travail.
    L'apparition d'une hypertension menaçante, accompagnée ou non d'autres signes inquiétants peut obliger à extraire l'enfant autant pour le protéger que pour protéger la mère. Le décollement hémorragique du placenta pourtant normalement inséré peut inopinément atteindre la grande multipare dont les accouchements avaient étés heureux jusque là. La césarienne permet de la sauver presque toujours ; l'enfant, hélas est souvent déjà compromis ou mort. C'est une éventualité rare mais difficile à prévoir.
  • Indications portées en début de travail
    Parfois l'enfant se présente mal, par l'épaule, le front, parfois par le siège avec une autre anomalie. L'extraction chirurgicale est nécessaire pour la mère et pour son petit. Parfois pour des raisons diverses, le cœur de l'enfant ralentit, évoquant un risque de mauvaise oxygénation confirmé éventuellement par l'acidité du sang prélevé sur son cuir chevelu. Il faut le soustraire à la menace avant ses effets irréversibles. Parfois encore, il s'agit d'un enfant menacé par son faible poids ( prématurité; malnutrition placentaire; gémellité) Enfin peuvent survenir des menaces graves et peu prévisibles, telle la compression d'un cordon qui cherche à sortir avant son tour ou encore une cicatrice qui paraissait solide et qui manifeste sa fragilité. Tant que l'issue par les voies naturelles n'est pas assurée, l'indication d'une extraction chirurgicale ne peut être exclue.

(à suivre... un peu de technique)

édité le 13/08/00
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