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La
rupture de la poche des eaux
Définition
La poche des eaux est cet espace qui se constitue entre la
présentation, la partie de l'enfant qui va sortir en premier, et le
col. Il contient du liquide amniotique.
Le plus souvent, sous la pression des contractions utérines, et du fait
que les membranes sont fragilisées par le contact avec le milieu
vaginal, elles se fissurent ou se rompent spontanément.
Il est parfois nécessaire, pour la bonne dynamique de l'accouchement,
de les rompre.
Comment
Pour percer la poche des eaux. Le plus souvent, on utilise un mors
d'une pince dite de Kocher. Ce geste n'occasionne aucune douleur pour la
mère. Il consiste à percer, en l'accrochant avec la griffe du mors de
la pince, les deux fines membranes qui constituent l'amnios.
On attend la survenue d'une contraction. La poche est tendue par la
pression interne du liquide. La présentation elle même descend quelque
peu. La présence d'un aide est utile. Il empaume d'une main le fond de
l'utérus, et applique une petite pression. L'autre main vient au dessus
du pubis tenter d'introduire plus encore la présentation dans le
bassin. On espère, ce faisant, "boucher" le col avec la
présentation, la tête le plus souvent, pour éviter que le cordon
ombilical, qui flotte dans le liquide, ne soit emporté par le flux et
se retrouve coincé entre la présentation et le col. C'est la
procidence du cordon. Cet incident est redouté à chaque fois que l'on
rompt la poche des eaux.
La technique :
Le médecin ou la sage femme se munit d'un doigtier, il introduit les
doigts dans le vagin, repère les limites du col et sent la poche qui
bombe. Il place ses doigts à l'intérieur de l'ouverture du col. Il
tient dans l'autre main le mors de la pince ou l'instrument spécifique
qui lui permet de rompre la membrane.
Les doigts qui font le toucher vaginal vont s'écarter quelque peu de
l'axe du vagin et s'ouvrir légèrement pour guider l'instrument
contondant en protégeant les parois du vagin. Le bout du mors se place
entre les doigts, il est en contact avec les membranes. Un petit geste
pour les accrocher et on sent la poche se percer. Parfois, on est
contraint de fixer les membranes entre le cuir chevelu de l'enfant et la
pince pour les percer. Dans ces cas là, il est fréquent que l'on
griffe le cuir chevelu de bébé pour s'assurer que la poche est
percée.
Quand c'est fait, Il faut boucher l'orifice avec un doigt pour limiter
et contrôler le flux. A la fin de la contraction et la brèche aidant,
la poche s'affaisse. On s'assure que le cordon est absent de
l'excavation et on agrandit l'orifice. On retire la pince, entre les
doigts de l'autre main, sans accrocher les chairs et, ensuite, la main
qui faisait le toucher.
L'ensemble de la manœuvre s'effectue sous surveillance des battements
du cœur foetal et en présence d'un tierce personne qui aide et peut
appeler du secours si un incident se produisait.
Quand la poche est rompue, du liquide s'écoule. On note son abondance,
sa consistance et sa couleur. Le liquide qui s'écoule alors est
normalement de moyenne abondance, 250 à 400 cc, l'équivalent de un à
deux verres, de consistance légère, aqueuse et de couleur claire. Il
est d'ailleurs souhaitable, si on veut bien en apprécier la couleur, de
ne pas utiliser pour le toucher, lors ou avant la rupture, de solution
iodée type Bétadine qui colore le liquide, surtout si celui ci est de
faible abondance.
Incidents.
Le principal danger de la manoeuvre, c'est la procidence du cordon.
C'est, comme on l'a déjà vu, le cordon qui suit le flux liquidien et
vient s'interposer entre la présentation et le col utérin. Elle
entraîne, pratiquement dans tous les cas, l'interruption de la
perfusion fœtale, exposant l'enfant à une souffrance aiguë et une
mort certaine au bout de quelques minutes. Le plus souvent, il faudra,
si cela arrive, procéder à une césarienne pour extraire l'enfant. Il
est de rares cas ou elle n'a que peu de retentissement : à dilatation
complète, quand on peut extraire l'enfant très rapidement par les
voies naturelles.
Un autre incident peut survenir lors de la rupture de la poche des
eaux, gravissime lui aussi. C'est la rupture d'un vaisseau sanguin qui
cheminait sur les membranes. C'est exceptionnel parce qu'en principe le
placenta est d'un seul tenant et le cordon rassemblant les vaisseaux
s'abouche au centre du "gâteau placentaire". Parfois,
l'insertion se fait au niveau des membranes et l'ensemble court sur
quelques centimètres en membranes libres avant d'aborder la masse
placentaire. D'autres fois, le
placenta est formé de plusieurs parties reliées entre elles par des
vaisseaux. Les parties annexes sont appelées cotylédon aberrant. Ces
vaisseaux, situés sur les membranes peuvent être lésées ou
dilacérés par la rupture intempestive de la poche des eaux. Il s'agit
du sang du bébé et la déperdition sanguine lui est souvent fatale.
L'urgence de l'extraction de l'enfant est plus qu'absolue.
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