| Le petit livre de la ménopause |
HISTOIRE NATURELLE D'UN BOULEVERSEMENTLe dysfonctionnement ovarienCette période précédant la carence hormonale peut être longue, jusqu'à plusieurs années. Les troubles qu'elle génère nen sont pas spécifiques. Ils surviennent dans dautres circonstances de déséquilibre hormonal, qu'il soit physiologiques, tels la puberté et la période après laccouchement ou pathologiques, comme lors des états dinfertilité. MécanismeLe désordre hormonal survient en prélude à larrêt des sécrétions. Il est le signe dun épuisement progressif des deux versants de lactivité des ovaires. Les deux productions, celle des ovules et celle des hormones, sont liées.
Les reines en puissance sont continuellement sollicitées à se préparer. Tous les mois, sans que la prise de la pilule ou autre ne perturbe le phénomène, elles sont réveillées de leur léthargie pour concourir. Cela explique que la prise dun contraceptif agira sur la sélection, non sur le recrutement. Il ny a donc pas déconomie dovule, juste un blocage de leur développement. Quand le stock de reines sépuise et que lensemble est moins bien vascularisé, la fête est moins belle et le mécanisme se dérègle. Les premiers ratés portent sur la fabrication de lhormone progestérone, celle qui arrive en second, après lovulation. Elle a pour fonction de contrebalancer les oestrogènes, den tempérer les effets sur certains tissus cibles. Son absence aura des conséquences cliniques, perceptibles dans la deuxième moitié du cycle de la femme. ConséquencesLe déséquilibre de la séquence hormonale du cycle est donc à lorigine des signes annonciateurs de la ménopause. Fort heureusement, les symptômes décrits dans ce chapitre ne sont pas nécessairement présents dans leur ensemble. Les perturbations de la deuxième partie du cycleLes seins sont tendus et douloureux, en particulier dans la partie qui jouxte les bras. Cette tension est différente de celle ressentie lors des premiers jours de grossesse, qui intéresse le sein dans son ensemble. Un dème modéré est perceptible, qui touche la partie basse du corps, les pieds, les jambes et parfois jusquà la taille. Une prise de poids cyclique est fréquente, due à la réunion de deux phénomènes : une rétention deau et la paresse intestinale des jours qui précèdent les règles. Une débâcle urinaire suit leur arrivée. Il n'est pas rare de ne pas parvenir à boutonner une jupe ou un pantalon dans ces périodes là. Psychologiquement, le même déséquilibre se fait sentir, fait de maladresse, d'irritabilité, et d'instabilité. Joies comme peines sont vécues de façon désordonnée et exagérée. Les modifications des règlesDes caillots sont parfois présents dans le flux menstruel. Le sang des règles, c'est l'élimination d'un tissu partiellement nécrosé, dégradé, qui tapisse l'intérieur de l'utérus pendant le cycle. Il s'agit en quelque sorte d'une mue. Elle occasionne bien sûr des saignements, mais ce nest pas lessentiel des pertes. Le produit éliminé est noir et ne coagule pas. Les caillots, quand ils accompagnent ce flux, proviennent de ce que la muqueuse ne se sépare pas nettement de sa base. Des petites flaques de sang se forment et se retrouvent mêlées à la muqueuse sous forme de caillots. Conséquence logique : le volume des pertes est plus important. De petits saignements précèdent parfois de deux à trois jours la survenue des règles. Ce petit détail gêne la prise des médicaments : les comprimés étant souvent prescrits en fonction du jour du cycle. Le premier jour, dit J1, est le premier jour des règles. Faut-il alors compter à partir de celui des petits saignements ou bien lorsquon voit le flux habituel ? Il faut opter pour la deuxième solution. J1 est le jour de linstallation du flux habituel. Les irrégularités menstruellesPendant la période dactivité génitale, entre puberté et ménopause, la plupart des femmes voient, même en labsence de contraception, leurs menstruations survenir à intervalles réguliers, souvent tous les 28 jours. L'horloge se dérègle. La tendance générale est au raccourcissement du cycle et la période de saignement, on l'a vu, sallonge. Là dessus peuvent se greffer des retards de règles variables, pouvant aller jusquà labsence dun cycle complet. La crainte de la grossesse est souvent présente à cette occasion. On aurait tord de sen moquer, de prendre cela comme une coquetterie. Cest arrivé. Il faut donc proposer une contraception à ces patientes. La contraceptionCette période est imprévisible, notamment du point de vue de la fertilité. Le cycle pouvant être tour à tour normal ou sans ovulation. Si la grossesse nest pas souhaitée, elle lest rarement, n'en doutez pas, une contraception est nécessaire. Elle nest pas facile à mettre en uvre. Les pilules classiques exposent au risque daccidents vasculaires de type phlébite et sont mal supportées par les veines. Les progestatifs utilisés seuls sont efficaces, mais provoquent parfois larrêt des règles ou bien des petits saignements. Le stérilet est indiqué. Celui qui possède un filament de cuivre va augmenter les saignements. Il saccommode mal, en outre, de la présence de fibromes utérins, qui ne sont pas exceptionnels à cet âge. L'autre stérilet, qui délivre de la progestérone localement perturbe le cycle et fait craindre une installation précipitée de la ménopause. Cest la joie.
édité le 15/01/2002 |
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