Le petit livre de la ménopause

INTRODUCTION

Définitions

La ménopause est un phénomène naturel qui atteint toutes les femmes aux alentours de la cinquantaine. L’espérance de vie des femmes s’allongeant, le phénomène touchera une part croissante de la population.

Il est caractérisé par une série de manifestations qui résultent de ce que les ovaires ont cessé de sécréter les hormones sexuelles. La carence hormonale ne survient pas brutalement. Elle est précédée par une période plus ou moins longue de déséquilibre. Ce sont les derniers efforts maladroits d’ovaires au bord de l’épuisement.

Les dénominations de ces périodes ont changé pour mieux coller à la réalité des événements que vivent les femmes. Il a donc été décidé d’appeler périménopause le temps qui englobe l’apparition des irrégularités menstruelles, la cessation des règles, et l’année qui suit. Après, c’est la ménopause confirmée ou post-ménopause.

La période est difficile à vivre. Nous en avons tous des exemples proches. Dès lors, l’état de santé se révélera souvent être plus problématique que le simple vieillissement ne le laisserait prévoir. Il y a donc des maladies directement liées à ce manque d’hormone.

Certaines ménopauses ne sont pas naturelles, mais induites. La chirurgie, par l’ablation parfois nécessaire des ovaires, installe des femmes plus tôt dans cet état. La radiothérapie aussi, en brûlant les tissus ovariens. Parfois, sans raison connue, des ménopauses surviennent avant quarante ans, cela s’appelle simplement une ménopause précoce.

La sexualité féminine, la libido, les sensations et le plaisir ne dépendent que très peu de la présence des hormones. Seule la sécheresse vaginale, directement en relation avec la carence hormonale, influe sur les rapports, les rendant parfois douloureux. 
Quand les rapports se font plus rares ou moins satisfaisants, il faut accuser plutôt la lassitude, les petits ennuis de la vie ou la maladie des proches, en particulier du compagnon.

Mécanismes

La faillite programmée et inéluctable de l'activité ovarienne ne survient que dans l'espèce humaine.

L’homme et la femme synthétisent les hormones sexuelles et libèrent leurs cellules germinales, celles qui, en fusionnant engendrent l’embryon, à partir d'un seul et même organe. Il se nomme testicule chez l’homme et ovaire chez la femme.

Dans l'organisme masculin, les cellules sécrétrices des hormones sont indépendantes de celles destinées à produire un bébé. Chez la femme, ça n’est pas le cas. L’ovule, comme une reine, a besoin d’être entouré d’une sorte de cour. Ces courtisanes font dans l’hormone. Tout au long de la vie génitale, à chaque cycle, on gaspille des reines. Leur nombre est limité et déterminé dès la naissance. Vers cinquante ans, il ne reste plus de reine ou seulement des reines un peu vieilles et fatiguées. La vascularisation est moins bonne. Au palais, le champagne ne coule plus à flots. Des courtisanes, il en reste mais, un seul être vous manque... vous connaissez le couplet. Ces courtisanes sans reine n'ont plus le cœur à l'ouvrage et les sécrétions se tarissent. C’est l’explication la plus simple, la plus proche de la réalité des faits, que l’on puisse proposer à un non-spécialiste.

Les ovaires étant impliqués dans un système hormonal complexe, l’arrêt des sécrétions va entraîner une série de réactions, responsables d’autres déséquilibres. La plus attendue de ces réactions vient de l’hypophyse qui jusque là contrôlait les hormones ovariennes. Elle décèle la chute de la production et elle “cravache ” pour obtenir des ovaires qu’ils se remettent au travail. Il y aura des effets propres à cette hypersécrétion hypophysaire et des effets induits sur d’autres organes.

Les centres de l’humeur, de la faim et du sommeil sont très proches et en relation étroite avec l’hypophyse. Ils sont donc perturbés, du moins le temps de se faire une raison, d’oublier en quelque sorte. Parce que là comme ailleurs, le spectacle continue, c’est la vie.

Même lorsqu’on se fait une raison, l’autre vous manque. Et “l’autre”, les hormones sexuelles, étaient plutôt influentes. Elles régissaient le cycle, donc les règles, mais aussi les grossesses, la peau, les os et les vaisseaux.

Tout cela sera perturbé.

L’âge de survenue

La ménopause survient autour de cinquante ans.

Cette échéance est inchangée depuis les premières études sur le sujet, contrairement à l'âge de la puberté qui a tendance à diminuer. Il y a donc allongement de la période d’activité génitale. Certains facteurs génétiques influent sur l'âge de survenue de la ménopause. Sur le pourtour méditerranéen les femmes la débutent plus tôt. Le tabac y contribue aussi. Enfin l’hérédité joue un rôle important. Les femmes d’une même famille présentent souvent des analogies dans la survenue et l’importance des troubles.

La prise de la pilule n'économise pas les ovaires et ne retarde donc pas la ménopause.

 

édité le 15/01/2002

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