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Les dangers de l'i.v.g.
On ne peut pas parler des dangers de l'IVG sans parler de ceux que ne manqueraient pas d'engendrer son interdiction.
Aucune femme ne s'est présentée à cette intervention de gaieté de cSur. Aucune de celles que j'ai vu n'en a été fière. C'est toujours un échec, même si c'est une nécessité.
On dispose de deux techniques.
Celle qui utilise le RU 486 et la méthode par aspiration.
- Le RU 486. Utilisable jusqu'à 20 jours de retard de règles.
Avantages: Pas d'anesthésie, pas d'intervention.
Inconvénients: Le délai est trop court. 20 jours pour s'en douter, consulter, faire le diagnostic, décider et respecter les 7 jours de réflexion imposés par la loi. Cela risque de précipiter certaines décisions. C'est plus culpabilisant pour la patiente qui fait tout elle même, avale les comprimés, supporte les contractions, et voit la fausse couche s'éliminer. C'est anxiogène avec le stress des soignants qui mettent un peu la pression pour vérifier que tout a été éliminé.
- L'aspiration.
Avantage: à mon sens, il est bon que la femme ne sente pas l'intervention, qu'elle s'endorme puis se réveille soulagée de ce qu'elle considère comme une détresse.
Inconvénients. En théorie, il en est de nombreux en tête desquels les risques infectieux. En pratique, effectuée par un professionnel consciencieux, dans des conditions d'asepsie strictes, accompagnée de conseils en post opératoire, les accidents sont rarissimes. Il reste chez certaines femmes ce sentiment confus de culpabilité et de devoir payer un jour ou l'autre.
A ma patiente, quand elle en a besoin, je tiens ce discours, que certains jugent un peu simpliste, comme quoi on ne peut pas être bon tout le temps, que nul n'est infaillible, que sa décision évite peut être à sa vie de basculer complètement dans un sens qu'elle n'avait pas prévu et enfin qu'elle n'est pas la première ni la dernière à y avoir recours
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édité le 15/01/2000
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