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Le test à la progestérone
Le principe de ce test est le suivant.
Dans un cycle normal, classique, dès le début, les ovaires sécrètent une hormone, ou plutôt un groupe d'hormones, les oestrogènes. Cette sécrétion augmente progressivement, atteint un petit pic juste avant l'ovulation et se stabilise, en quantité légèrement inférieure au pic, dans la deuxième partie du cycle. Ces hormones agissent sur divers tissus cibles, dont la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus.
Une autre hormone agit sur la muqueuse, c'est la progestérone. Cette dernière est sécrétée, elle aussi, par les ovaires mais sa production résulte d'une transformation de certaines cellules de l'ovaire qui advient après l'ovulation.

Les oestrogènes induisent la croissance de la muqueuse, elle s'épaissit. La progestérone est responsable des sa transformation en un tissu capable de recevoir l'œuf et de le faire se développer. Cet état, si particulier, représente une sorte " d'exploit " pour un tissu. Son maintien prolongé n'est pas envisageable. Il lui faut se transformer en caduque dans la cadre d'une grossesse ou, faute de grossesse, muer, se décoller pour laisser place à une nouvelle génération.
Le principe du test à la progestérone est d'induire cet état et d'interrompre l'apport de progestérone pour déclencher la mue.

Utilisé comme une sorte de diagnostic de grossesse.
Vous avez un retard de règles. On ne sait pas si vous êtes enceinte. On n'a pas pu ou voulu le savoir par la prise de sang. On n'a pas pu par l'échographie.
On se base sur le fait qu'on peut avoir des cycles sans ovulation ou des petits dérèglements qui font qu'il y a des oestrogènes dans le sang mais pas de progestérone.
1) Tout d'abord, si vous êtes enceinte, ça ne peut pas interrompre la grossesse et ça ne peut pas non plus lui faire de mal à condition d'utiliser un progestatif peu androgénique, ce que font tous les médecins dans cette indication.
2) Si vous êtes enceinte donc, il ne se passe rien et on découvrira la grossesse plus tard. Là, le médecin se sentira peut être un peu penaud, mais, bon... pas grave.
- Si vous n'êtes pas enceinte, tout dépend comment se trouve être votre muqueuse utérine au moment du test.
- Si vous avez une muqueuse haute, signant la présence d'œstrogènes, non contre balancés par la progestérone, il n'y a pas eu d'ovulation. A la fin de la prise de votre produit, deux trois jours après, des règles surviendront.
- Si vous n'avez pas vos règles pour une autre raison, une sorte de paralysie, de paresse ovarienne, c'est possible et sans danger, alors la muqueuse est fine. Sinon le produit utilisé, les résultats seront différents :
Un progestatif fort va encore plus l'affiner et déclencher des saignements, donc vous aurez vos règles avant la fin du traitement.
Un progestatif doux ne déclenchera rien de spécial.
- Si vous étiez sur le point d'avoir vos règles et que vous avez été, vous et votre médecin en quelque sorte impatient, elles viendront avant la fin ou vers la fin, non modifiés par ce produit qui n'est pas très fort.
Utilisé pour le dépistage du risque de cancer de l'utérus au cours de la ménopause.
En fait, utilisé pour détecté les hyperplasies endométriales au cours de la ménopause.
Une fois la ménopause installée, les ovaires ne sécrètent plus. En principe, la muqueuse utérine est très fine, atrophiée. Chez certaines personnes, des phénomènes locaux, alliés sans doute à une présence d'hormones ne provenant pas des ovaires mais des surrénales ou des cellules adipeuses, sont à l'origine de muqueuse épaissie, proliférante. Ce phénomène peut intéresser tout ou partie de la surface endométriales. La muqueuse est trop haute, et différente de ce qu'elle pouvait être au cours du cycle. Il s'agit d'hyperplasie, une exagération de l'architecture normale. Le stade suivant c'est la dysplasie, l'anomalie de la nature de la muqueuse, de la disposition des cellules, précédant ou accompagnant l'anomalie de la cellule.
Le test à la progestérone a été proposé pour révéler les hyperplasies.
On s'est dit : si la muqueuse est haute, la présence d'un progestatif va induire une transformation de structure dans le sens sécrétoire. On sait que cet état là ne peut être que transitoire. A l'arrêt du progestatif, la mue se produira comme lors de la période génitale.
Les avantages : facile à prescrire et facile à interpréter. L'idéal pour un test de dépistage.
Les inconvénients : trop de personnes réagissent à ce test. Ca déclenche trop d'investigations, trop de dépenses certes mais aussi trop d'actes inutiles qui peuvent être dangereux. Ca ce sont les faux positifs.
Les faux négatifs, c'est que certains états sont trop indépendant pour réagir comme un tissu normal et muer après la progestérone.
Certains y demeurent attachés.
D'autres préfèrent l'échographie endovaginale ou la biopsie d'endomètre, plus spécifiques.
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