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DÉCOLLEMENT PRÉMATURÉ DU PLACENTA
Pourquoi ?
Cette complication redoutable est due à un à-coup tensionnel, qui
agit comme "un coup de bélier" dans une canalisation fragile.
Les artères utéroplacentaires (maternelles), préalablement rendues
rigides par une "athérose" gravidique ne supportent plus,
sans se rompre, à partir d'un certain âge de la grossesse une
poussée, même brève d'hypertension. Une rupture survient, avec un
hématome derrière le placenta.
Celui-ci entraîne un véritable cercle vicieux, gênant à son
voisinage l'arrivée du sang, irritant utérus et muscles
périartériels, ce qui provoque un nouvel hématome décollant un peu
plus le délivre.
Rapidement la surface d'échanges transplacentaire est réduite.
L'enfant, manquant d'oxygène, peut succomber dès que le cinquième de
l'aire est décollée.
Le processus continue et le sang s'écoule noirâtre à l'extérieur,
mais surtout se déverse en quantité de plus en plus importante entre
l'œuf et la matrice, puis à l'intérieur des tissus dans le voisinage
musculaire et sous péritonéal. C'est une véritable apoplexie. Pour
assurer la coagulation, toutes les réserves sont mobilisées, jusqu'à
ce que le fibrinogène vienne à manquer : le sang est devenu
incoagulable.
L'afibrinémie maternelle entraîne la mort en quelques heures.
Comment ?
Une urgence évidente
Heureusement, le décollement placentaire par hématome parle haut et
fort, proportionnellement à son urgente gravité.
Cette mère de famille, heureuse, en approchant la quarantaine,
d'attendre son quatrième, termine en famille le repas du soir.
Brutalement, elle se penche en avant, prise par une violente douleur, un
vrai coup de poignard. Elle va s'étendre. Elle continue de se plaindre.
Elle sue, elle se sent épuisée. Son ventre est de bois dit elle, tout
dur, partout endolori. Son aspect inquiète. Elle pense avoir perdu ses
urines, ou plutôt, ses eaux car elle n'a rien perçu. Il s'agit en fait
d'un peu de sang noir.
Bien entendu, il faut l'emmener rapidement en milieu obstétrical.
L'ambulance appelée, ne réclame pas d'ordonnance, tant cette femme
semble choquée, avec un pouls petit, rapide mais régulier. La prise
tensionnelle peut faussement rassurer, puisque la maxima est voisine
de130 à 140 mm de mercure. Toutefois, quelque chose ne va pas, puisque
la minima est élevée, atteignant 100 mm. Entre les deux , la
différence se pince, donc c'est bien un choc : l'urgence se mesure par
ce pincement, montrant l'entrave à la circulation par obstacle au
débit, mais aussi par l'hémorragie cachée, vingt à cent fois plus
abondante que les pertes constatées.
Prescriptions médicales
Elles sont réclamées par les constatations cliniques et
biologiques.
La clinique fait appel à l'enregistrement du pouls, de la tension,
comme pour tous les patients en état de choc, au pavillon des urgences,
qui est ici, en l'occurrence une Maternité.
Les réponses du laboratoire ne doivent pas se faire attendre.
Traitement du choc hémorragique, en se guidant sur la mesure de la
pression veineuse, plus fidèle, puisque l'hypertension artérielle
"masque" la situation par le chiffre de la maxima , et que le
recueil du sang perdu sous-évalue l'importance des pertes réelles.
Correction des anomalies de la coagulation, juste ce qu'il faut, quand
il faut. C'est d'autant plus difficile que l'attente est longue de la
seule solution qui est obstétricale :c'est l'évacuation de l'utérus .
Décisions obstétricales
L'évacuation par voie basse est souvent possible, sous certaines
conditions. Le col utérin doit être mûr, le contrôle de la situation
maternelle assuré, et les délais respectés. Rupture artificielle des
membranes, perfusion ocytocique doivent, en un temps court et
prédéterminé aboutir à la naissance d'un enfant mort le plus
souvent, suivie par l'expulsion rapide du délivre. Le risque
hémorragique disparaît si l'utérus se rétracte bien. Ainsi, le
déclenchement est la solution de choix, si l'issue est obtenue
rapidement et simplement. Ce n'est pas toujours le cas : la nature
n'obéit pas toujours, malgré les apparences.
L'opération césarienne est décidée par prudence toutes les fois où
la situation est difficile à maîtriser. Elle permet, après
l'évacuation de vérifier de visu la bonne rétraction de l'utérus qui
arrête le saignement. Il peut être alors décidé, si tel n'est pas le
cas de pratiquer une hystérectomie. La vie maternelle est alors en jeu,
de même s'il existe des troubles de la coagulation difficiles à
maîtriser, ce qui peut se rencontrer dans les cas vus trop tardivement.
- édité le 13/06/99
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