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Circoncision
Il s'agit d'une intervention sur le pénis consistant à découper et retirer le
prépuce, cette peau qui recouvre le gland quand la verge est au repos.
Pourquoi ?
Au-delà des demandes de circoncision pour motifs religieux, il existe deux grandes
familles d'indications :
- propreté locale (la circoncision était largement pratiquée sur le continent
nord-américain pour cette raison jusque dans les années 70)
- rétrécissement du prépuce et ses conséquences.
Le rétrécissement du prépuce, ou phimosis, peut être très gênant pour l'enfant : il
gêne, voire interdit, le décalottage. il empêche donc la propreté locale. Il est très
rare qu'il empêche le flux mictionnel (le fait d'uriner). Il est également très rare
qu'il empêche l'érection, même s'il peut empêcher le gland de "voir le jour"
(à l'âge adulte, il peut donc empêcher le sperme d'être déposé en quantité
suffisante au fond du vagin).
Conséquences.
* L'accumulation de cellules mortes (desquamation naturelle) et de sécrétions est à
l'origine de la survenue de smegma. Cette substance épaisse, jaune et sèche, s'interpose
entre le prépuce et le gland. L'infection locale transforme alors le smegma, plus ou
moins "naturel", en liquide jaunâtre ou verdâtre malodorant. Le pénis devient
rouge, douloureux et on peut craindre une extension de l'infection vers l'appareil
urinaire. Cela resserre encore le phimosis et accentue le fait que le prépuce colle au
gland. Cette infection locale, ou posthite, impose un traitement.
* Le para-phimosis est la conséquence d'un décalottage sur phimosis, avec recalottage
impossible : le gland devient turgescent, le prépuce en aval du phimosis gonfle et peut
même présenter des cloques. Un para-phimosis doit entraîner une consultation très
rapidement afin de permettre la réduction (ramener le gland en arrière du
rétrécissement) : si cela est fait dans les temps (variant généralement entre 1 et 4
heures), on peut éviter une intervention. Les parents doivent néanmoins garder leur
calme pour ne pas faire peur à l'enfant.
- Rarement, il s'agira de blessures du prépuce (pris dans une fermeture éclair par
exemple).
Comment ?
L'intervention est souvent réalisée sous anesthésie locorégionale (un peu comme une
anesthésie péridurale). On découpe cette peau, le prépuce, sur toute la
circonférence, puis la peau du pénis est suturée tout juste en arrière de la base du
gland. Il n'y a alors plus de fourreau cutané. L'intervention est considérée comme peu
douloureuse chez l'enfant et peut être douloureuse chez l'adulte du fait des érections
involontaires pendant la phase de cicatrisation. Localement, la cicatrisation est obtenue
en une huitaine de jours, les fils tombant d'eux-mêmes en 2 à 3 semaines.
Quand ?
Une circoncision de propreté peut être réalisée à tout moment de la vie de
l'enfant.
- La circoncision pour phimosis (et ses complications) doit être entreprise quand l'état
de la peau est parfait pour ne pas engendrer de retard de cicatrisation, donc à distance
de toute posthite. La préparation psychologique du garçon ne doit pas être négligée :
la peur de l'amputation est toujours d'actualité pour l'enfant.
- La plastie du prépuce, c'est son élargissement. Elle permet de le garder en place.
L'intervention permet, par la suite, un décalottage sans gêne. Elle peut être
aléatoire sur un prépuce ayant présenté une infection.
- Les adhérences préputiales ne font pas à proprement parlé partie de la famille
" phimosis " : il s'agit en vérité de " faire voir le jour " au
gland dans son intégralité, pour permettre le décalottage et la toilette locale
quotidienne. Réalisée sous anesthésie locale par application de pommade anesthésiante,
la libération des adhérences préputiales nécessite une certaine habitude et surtout un
doigté : il s'agit de ne pas faire saigner le prépuce pour ne pas créer de cicatrice
pouvant évoluer vers un rétrécissement (= phimosis). Le gland suintera presque toujours
quelques gouttes de sang. Pour éviter toute récidive, il faudra procéder à un
traitement local. Les parents doivent le savoir et ne pas s'y soustraire. Ici aussi,
rassurer l'enfant joue un rôle prépondérant dans sa coopération.
Quand libérer ? Aujourd'hui, la plupart des auteurs s'accordent à s'abstenir de tout
traitement ou manipulations agressives. Ils considérent en effet que la libération de
ces adhérences se fera naturellement lors des érections spontanées de l'enfant. Ceci
sous-entend qu'un examen précis ait été fait, avec vérification de la bonne position
du méat urinaire (voir hypospadias).
Remarques
On prête à la circoncision une réduction du nombre de cancers du pénis
(certainement contre-balancée par le risque, qui existe toujours, de l'anesthésie et de
l'acte chirurgical) ainsi qu'une réduction du nombre de cancers du col utérin chez les
partenaires (ceci n'est pas statistiquement vrai quand on compare des pays où l'hygiène
personnelle est de bon niveau). De même, le " folklore " rapporte que l'homme
circoncis aurait des performances et/ou des sensations sexuelles améliorées : plusieurs
études nord-américaines portant sur des dizaines de milliers de jeunes gens n'ont pas
permis de confirmer cette hypothèse à l'échelon statistique. |
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