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COMMENT LE SEXE VIENT AUX ENFANTS
Savoir, pour un petit garçon (ou une fillette), qu'il est bien homme ou femme parait
si évident qu'on se demande rarement comment ce savoir se met en place.
Et pourtant,, il peut arriver qu'il soit dans l'erreur, et qu'il (ou elle) ne se
reconnaisse pas vraiment pour ce qu'il est.
Notre culture actuelle, si intéressée aux choses du sexe, est friande de cet avatar
qu'elle appelle - le plus souvent à tort d'ailleurs - transsexualisme.
Car le fait de vouloir s'habiller en fille (ou en garçon), de préférer les jeux de
filles (ou de garçons) à ceux qu'ont d'habitude les enfants de son âge n'est que
rarement pour votre rejeton le signe d'un refus de savoir sur son sexe.
Il est plutôt, et le plus souvent, une sorte de défi lancé aux parents, qui contrarie
leur désir dans un domaine qui les touche.... et qu'il y a à considérer comme ce qui
est le plus souvent, l'expression d'une rébellion, quelquefois d'une souffrance. Mais
précisément pas à nommer comme transsexualisme, en disant au gamin que plus tard, si
ça persiste, les médecins pourront etc... ce qui ne fera que transformer chez lui en
croyance et en espoir dans une sorte d'idéal qu'on lui a fait miroiter, ce qui n'est
alors qu'une attitude.
Car chez les adultes, aussi bien, l'homosexualité, comme le transvestisme, ne sont pas du
tout refus de savoir sur leur sexe : les homosexuels, les travestis, savent parfaitement
bien quel est le leur.
Mais ils ont trouvé un autre mode de ce que nous, psychanalystes, appelons
"jouissance" que celui qui est le plus courant. Ce qui traduit une position
particulière non pas par rapport au sexe lui-même, mais par rapport à l'acceptation de
ce qui fonde, pour le petit garçon comme pour la petite fille, la différence des sexes,
ce signifiant bien singulier qu'est le "phallus" (cf CHEMAMA).
Ce dernier n'est pas, comme on se l'imaginerait souvent, l'organe érectile masculin, mais
ce qui représente, dans l'inconscient, l'existence de la division de l'espèce en hommes
et femmes. C'est pour cela qu'on en abrège souvent la désignation par la majuscule
grecque .
Comment, direz-vous, ce signifiant si mystérieux se met-il en place chez l'enfant ?
Le petit humain est dès sa conception - pour ne pas dire avant - soumis, baigné dans ce
réel (il ne le perçoit encore que comme cela, comme un bruit), qu'est la parole de papa
et maman, ceux qui l'ont conçu et mis au monde; elle est porteuse de leur désir à eux,
en ce qui concerne la place de leur petit, et en particulier bien sûr, de son sexe,
espère t-on un garçon, souhaite t-on une fille...
Pour eux, ce désir est très étroitement déterminé par ce qu'a été et ce qu'est
encore leur propre lien à ce que nous venons d'exposer : ce qui représente la
différence des sexes.
La plupart du temps, ce désir présent chez père et mère - et qui reste inconscient :
maman peut fort bien dire vouloir une fille alors, qu'inconsciemment, c'est un garçon
qu'elle désire ! - et donc qui leur échappe, sera reconnu, on pourrait même dire
authentifié, par le petit enfant à naître.
Cette authentification du désir des parents lui permettra l'accès à la différentiation
sexuelle et l'acquisition de ce savoir sur son sexe.
Il peut arriver néanmoins que ce désir parental entre en contradiction avec le réel
biologique de l'enfant. Cette conjoncture pourra alors l'amener à refuser la place qui
lui est faite, à ne pas accepter ce signifiant, cette "marque" inconsciente si
indispensable évoquée à l'instant ; à cette récusation - qui le laisse pour
compte, pour ce qui est du sexe, - il tentera d'y pallier, et pour ce faire de chercher
ailleurs. Il lui arrivera alors quelquefois de se considérer comme de l'autre
sexe. Cet autre, cette extériorité, devenant la marque de sa récusation. C'est là
qu'on trouve réellement le mécanisme pathologique du transsexuel: il (ou elle) aura
été inscrit dès son glus jeune âge dans une conviction - qu'il faudrait bien
reconnaître comme délirante - d'appartenir au sexe opposé ; elle se manifestera par ses
effets, précocement ou plus tard dans son existence, avec les difficultés individuelles
et sociales qu'elle entraîne.
Bien sur tout ce qui est ici exposé reste schématique, et l'articulation de chacun à ce
signifient (D) à cette "marque" inconsciente si essentielle, peut trouver
encore des voies différentes. Surtout, il ne parait pas qu'elle soit toujours figée, ni
qu'il soit impossible pour le petit enfant d'assurer un peu plus tard ce savoir, lorsqu'il
a été incertain au départ.
A condition, cependant, que papa et maman fassent sur ce point confiance à ses capacités
.... mais ça, c'est une autre histoire à expliquer |
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