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QUESTION
Nous avons une fille de 16 ans. A la maison, elle ne semble pas
prendre particulièrement de plaisir à nous côtoyer. Elle passe le
plus clair de son temps dans sa chambre. Si on l'en autorisait, elle
mangerait dans sa chambre. Elle n'a pas de plaisir particulier à
partager non plus nos sorties.
- LA RÉPONSE DE JEAN MARIE FORGET
L'adolescence est pour chacun une expérience singulière,
difficilement communicable, d'une forme de manque intérieur.
Peut-être vous trouverez-vous en difficulté en réalisant que vous ne
pouvez éviter à votre enfant ce type d'exigence personnelle. A
fortiori si vous vous êtes efforcés jusqu'alors à ce qu'elle ne
manque de rien.
Vous êtes amenés à tenir compte de ce que l'expérience de
l'adolescence ne se réduit pas à ce que vous, parents, pouvez en
ressentir. Ce que manifeste votre fille à l'adolescence peut provoquer
chez vous des sentiments douloureux qui ne peuvent pas faire supposer
qu'elle ressente la même chose. Même si elle semble se montre
malheureuse.
Il est alors important de s'appuyer sur la parole - c'est à dire ce que
votre fille énonce, dit ou ne dit pas. Si elle ne parle pas, ce peut
être de la souffrance, sans doute parfois, ou le refus de parler, à
respecter, mais plus souvent c'est une réserve ou un embarras qu'il est
important de ne pas interpréter trop vite.
A ce titre, si votre fille esquive la communication, c'est une chose; si
elle dîne dans sa chambre, c'est qu'elle déserte les lieux de
communications de la famille, souvent particulièrement conflictuels.
Comment réintroduire un lieu d'échange ? Même si ce lieu s'avère
pour un temps un lieu d'évitement ? Sans doute que vous pourriez tirer
profit de l'aide d'un tiers extérieur, même ponctuellement. Par
exemple un consultant familier de ces questions que votre entourage peut
vous conseiller ?
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