Les questions-réponses en psycho

QUESTION

Je gère parfois mal les réactions "violentes" de mon fils de 2 ans. Il tape assez souvent, en réponse à une frustration - et non plus simplement par découverte du geste - ou bien jète brusquement jeux ou objets divers. Je ne sais pas toujours bien de quelle manière je dois réagir moi-même : parfois je prends cela avec recul, et constate avec lui combien il est certe fort mais que ce n'est pas une façon de pâlier à ses déconvenus...à d'autres moments, exédée, fatiguée, je lui donne une tape sur la main, ce qui n'a rien de cohérent ni de diplomatique!

LA REPONSE DE DENISE VINCENT

Votre petit garçon de deux ans tape (sur vous) assez souvent en réponse à une frustration ou bien jette brusquement ses jeux et ses objets divers. Un enfant de deux ans engage son corps tout entier dans ce qu'il éprouve. Il a appris de sa mère à réprimer certains gestes celui par exemple de s'approcher d'un objet brûlant, en voyant sa mère par ses mimiques menaçantes le lui interdire. Il intériorise les mimiques de sa mère (la main en l'air menaçant d'une tape) en rapport avec l'interdit? L'interdit c'est déjà une tape potentielle. Autrement dit lorsqu'il vous tape ou qu'il lâche brusquement ses jeux, c'est qu'il achève votre propre geste comme s'il vous imitait? Vous comprenez si vous avez suivi mon raisonnement, que lorsqu'il vous tape, il ne fait que manifester qu'il est en train d'intérioriser vos propres directives. Mais si, à votre tour, excédée et fatiguée, vous interprétez son geste comme une menace, vous le faites entrer dans un circuit d'agressivité où il va avoir du mal à se retrouver. Un enfant de deux ans est encore dépendant de l'image de sa mère et dans des réactions mimétiques. A ce point de vue votre petit garçon n'est pas très mûr affectivement. Il va bientôt être en age d'aller à l'école et des réactions mimétiques avec des enfants de son age peuvent lui valoir des réactions de rejet de la part de ses camarades de jeux. Apprenez lui par la parole ce que vous attendez de lui. Si vous nommez ce que vous ressentez, il limitera son activité mimétique comme dans un miroir et vous répondra par la parole et non par des gestes à ce qui frustre son activité.
Les contraintes sont tout à fait nécessaires. Que deviendrait un enfant que rien ne viendrait contraindre, ce sont les paroles qui humanisent ces contraintes et les rendent supportables.