Les questions-réponses en psycho

QUESTION

Mon fils 18 mois est devenu le spécialiste de la colère, pour un oui ou un non .. en fait surtout pour un non (le nôtre) ou parce que nous ne comprenons pas immédiatement sa demande, ou parcequ'il déteste (depuis 2 ou 3 mois) être changé... C'est épuisant et malgré mon calme (au moins au début) de maman déjà habituée à ce type de situation, j'ai parfois l'impression que nos relations sont un éternel bras de fer, limite de la violence.

LA REPONSE DE DENISE VINCENT

Un enfant coléreux de 18 mois est un enfant pour qui les acquisitions d'un enfant de son âge ne sont pas suffisamment favorisées. A 18 mois l'enfant réclame la position debout, il est fier de se tenir droit et d'accomplir un certain nombre de performances physiques. S'il est trop limité dans son rayon d'action, contraint par exemple de rester dans un parc toute la journée, il s'impatiente et éclate de colère. A cet âge il grimpe, ouvre et ferme les portes, ouvre les tiroirs et les placards, fait des jeux bruyants en entrechoquant les objets. Les mamans le savent bien, ils traversent une période où ils sont exténuants. Dans les mois qui suivent, ils s'apaisent si la découverte du langage prend la place de cette exploration de tout ce qui les entoure. Un enfant de 18 mois veut faire les choses seuls, manger seul à la cuillère par exemple et cet apprentissage ne va pas sans quelques dégâts. Si on le laisse se nourrir lui-même il a beaucoup plus de chances de manger de tout, parce que le plaisir de la nouveauté accompagne le plaisir de devenir autonome. A 18 mois l'enfant est au début de l'apprentissage de la propreté et il est préférable de lui donner la possibilité d'enlever lui-même sa couche-culotte et d'avoir un accès facile au WC. Bien sûr s'il utilise le langage, il peut signaler qu'il a besoin de faire pipi autrement que par une mimique expressive. Un enfant coléreux de 18 mois prend souvent prétexte de l'heure du coucher pour manifester son opposition. S'il est le plus jeune de la maisonnée, il a du mal à admettre d'être le premier couché, et pourtant il tombe de sommeil, ses dépenses physiques sont très importantes, il n'en peut plus. Sa mère aussi d'ailleurs et elle aspire à une soirée de détente après une journée avec cet ouragan.... Qu'appelez vous une colère? Trépigner, taper du pied, se cogner la tête, se cambrer en arrière comme pour échapper aux bras de qui le tient ? La colère est souvent affirmation de soi quand on craint d'être mis à l'écart, de ne pas être au bon endroit pour faire les découvertes essentielles. Un enfant de I8 mois, s'il va à la crèche ou à la garderie peut avoir fait la découverte que d'autres enfants de son âge appartiennent à un sexe différent. Il n'a pas les moyens linguistiques de poser ses questions mais il cherche à comprendre le pouvoir attractif des petites filles qui n'ont pas de zizis et qui semblent si bien s'en accommoder. Tout cela peut cesser d'être une énigme si vous lui expliquez que les petites filles deviendront des mamans et les petits garçons des papas. Il a besoin de mettre en mots toutes ces découvertes fondamentales pour lui. Il se sentira promu à un destin valorisant si son père occupe la place qui lui revient dans la famille. Et si au bout de vos efforts de compréhension, votre petit garçon pique encore des colères, c'est qu'il a été trop longtemps votre unique sujet de préoccupation et qu'il cherche à prolonger les verts paradis de son enfance. Bon courage...