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SEXUALITE FEMININE ET MENOPAUSE
La ménopause est une étape physiologique.
C'est surtout un bouleversement physique et affectif : un nouveau marquage du corps et du
temps pour une femme.
Le temps d'une femme est toujours rythmé par des changements inscrits dans son corps :
pousse des seins, installation des règles, modifications spectaculaires de la grossesse.
La ménopause est une étape dans cette continuité : étape fortement médicalisée à
l'heure actuelle car certains médecins ont tendance à en faire essentiellement une
maladie de carence hormonale.
Largement soutenus par les médias, ils proposent le traitement hormonal comme solution
unique au problème de la ménopause.
Mais qu'en est-il pour une femme à ce moment là de ce qui lui arrive, de comment elle le
vit, et de ses voeux vis à vis de cette échéance qui peut soit la satisfaire, soit
l'importuner, soit la révolter ou même la rendre malade..Une femme a alors besoin d'un
interlocuteur qui puisse en l'écoutant, l'aider à verbaliser ce qu'elle ressent
autrement qu'en terme de fatigue, de prise de poids, d'irritabilité...
Comment rester désirable et désirante pour une femme lorsque la possibilité de
création a disparu et que les changements corporels qui apparaissent alors fragilisent
"le narcisse" qui est en chaque femme qui se voudrait la même, immuable et hors
du temps.
Une femme a alors plus que jamais besoin de se soutenir de la lueur de désir qu'elle peut
lire dans le regard de son partenaire. Les regards anonymes dans la rue sont aussi un
repère pour elle ; sa silhouette, sa façon de se mouvoir suscitent-elles toujours le
plaisir des yeux ?
Certes un cruel ravage attend celle pour qui toute reconnaissance de sa féminité ne peut
lui venir que de son image. Elle se déprimera, baissera les bras, se laissera aller,
renoncera à toute sexualité et se plongera alors dans un processus accélérant le
vieillissement.
Dans l'adoption de cette solution, les sirènes religieuses, sociales, ne se
ressemblent-elles pas pour lui souffler de s'effacer, de se taire ?
L'abandon de la sexualité se fait parfois avec l'accord du partenaire qui a pu connaître
à ce moment de sa vie des difficultés érectiles plus ou moins durables et a préféré
y renoncer.
D'autre part, une femme qui a toujours refusé l'érotisme et la jouissance sexuelle peut
se servir de l'alibi de la ménopause pour cesser toute activité sexuelle. Au mieux, elle
se réinvestira dans le rôle de grand-mère. Au pire, l'agressivité revendicatrice en
fera une vieille dame mal aimée, mal aimante. Mais pour d'autres femmes, cette période
qui correspond souvent au départ des enfants de la maison libérera une pulsion
libidinale accrue, qui se manifestera alors par un désir sexuel intensifié.
Certaines affirment qu'elles n'ont jamais été aussi satisfaites de leurs rapports
sexuels et prennent plus de liberté érotique.
La dissociation de la sexualité et de la procréation peut permettre d'envisager sous un
jour nouveau la relation avec le partenaire masculin.
Une enquête a révélé que chez 15 % des femmes, le plaisir augmente avec l'âge et
certaines femmes ne connaissent l'orgasme qu'après la ménopause. Quelques femmes vont
même jusqu'à vouloir profiter de leurs derniers éclats pour réparer les injustices que
la vie mais surtout les hommes leur ont faites. Elles se lanceront alors dans des
entreprises de séduction dont elles seront elles-mêmes les premières étonnées.
Emportée dans son désir de vie, elle sublimera et cette nouvelle femme retrouvera ses
premières amours : cuisine, couture, peinture, sculpture, musique, écriture... |
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