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La vie moderne de Laurence Ferreira Barbosa (France, 2000)
Pour le dire franchement : aujourd'hui, la vie, c'est quoi?
Jean-Luc Godard avait répondu à cette question à sa façon, lorsqu'en 1979, sous le titre Sauve qui peut, la vie, il avait noué ensemble les problèmes (dits) du couple et ceux (dits) de société. Cela donnait : aimer et travailler, se reproduire en tant qu'être de désir et produire au sein d'une structure sociale où le désir, justement, n'a pas de place. D'où un "sauve qui peut" du couple pris, quoi qu'il en veuille, dans ces "eaux glacées du calcul égoïste" dénoncées, déjà, par Marx. Tel était le bilan godardien.
Passent les années et les question politiques et métaphysiques : La vie moderne de Laurence Ferreira Barbosa ne relève plus du même paysage "philosophique" (comme on dit), mais cela n'enlève rien à son intérêt -au contraire, il est passionnant d'y suivre la transformation de nos interrogations et de leur mode de représentation à l'écran.
La vie moderne, donc, en l'an 2000, c'est 1) un homme au chômage (Frédéric Pierrot) dont le dernier souci est bien de chercher un emploi ; 2) une femme tranchante et lucide (Isabelle Huppert) dont le mari stagne aux environs du degré zéro du désir ; et 3) une adolescente (Lolita Chammah) en proie à l'imaginaire mystique. Trois bribes d'existence, pas même des destins, qui ne se rencontrent pas - puisque. à l'évidence le constat base de Laurence Ferreira Barbosa est que le social (et a fortiori le politique) est totalement mort... Trois moments
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