| FemiBest Of |
LA DOULEURA propos daccouchements qui ne se passent pas aussi bien quon voudrait... Arthur aura 10 ans lhiver prochain. Jétais comblée quand jai appris que jétais enceinte. Javais un petit bonhomme de 9 mois exquis, merveilleux. Et il allait avoir un petit frère (ou une petite sur, ça navait pas dimportance). Je travaillais (énormément). Jétais cadre dans lindustrie pharmaceutique, dans une équipe de médecins, javais repris mon travail quand mon bébé navait que six semaines, je travaillais avec lune des plus prestigieuses équipes dobstétrique de Paris, javais un bébé en bonne santé, une grossesse qui sétait bien passée, ma mère médecin avait eu huit enfants en travaillant, bref, pour moi cette grossesse était un heureux événement et javais labsolue certitude (je lai toujours...) que la grossesse nétait pas une maladie. Je suis de nouveau suivie dans le même service. Prestigieux, parisien, jy connaissais tout le monde, jy étais un peu chez moi. A six mois de grossesse, javais déjà pas mal de contractions et un col ouvert quon attribua à ma surcharge de travail et au petit bonhomme dun peu plus dun an que javais dans les bras très souvent. Je me rendais à la consultation tous les mois, avec mes contractions douloureuses mais lobstétricien me disait que tout allait bien. Le 12 février, alors quil devait naître le 6 mars, la poche des eaux sest rompue chez moi. Je suis arrivée à lhôpital à 20 heures 30. Il est né à 21 heures 50. Je suis arrivée « trop tard » pour quil y ait une quelconque prise en charge de la douleur. Limage qui me venait à lesprit de la douleur dans laquelle je me trouvais était celle que javais vue quelques temps auparavant dune scène de torture où lon voyait un soldat écartelé par des camions militaires. Une douleur qui ne faisait que samplifier alors quelle était déjà insupportable. Et la certitude que si javais pu me tuer à cet instant là, je laurais fait. Cette douleur est restée pendant plus dun an. Je métais jurée de ne plus jamais avoir denfant et il ma fallu presque dix ans pour quArthur ait un petit frère. Alors oui, effectivement, on shabitue à la douleur. On corrige les postures les plus douloureuses et on trouve des astuces pour éviter les mouvements douloureux. Jai par exemple mis plus dun an à arriver à me lever dun lit autrement quen me mettant à plat ventre puis à genoux. Je nai jamais réussi à donner un bain à mon bébé autrement quavec moi. Tout cela aussi était trop douloureux. Mais surtout, javais si mal après la naissance de mon bébé que je nen ai jamais rien dit à lhôpital de peur quon ne risque de souhaiter mexaminer. Je suis sortie au bout de trois jours et cest une infirmière qui a retiré les fils de mon épisiotomie. Pas de visite post-natale, pas de rééducation, pas de kiné. Si cétait à refaire, en parlerais-je ? Je ne le pense pas tant cest douloureux et tant on craint que le moindre geste ne réveille cette douleur inouïe Longtemps après, jai oublié. Jusqu'à ce que mon petit Arthur me dise, à trois ans, quil se rappelait de sa naissance parce quil avait eu « mal à la tête ». Tout ça, jignore si cest possible et je nen parlerai pas à mon psy parce quil aurait trop de boulot si je sonnais chez lui. Ce que je sais, cest que je nai pas pu caresser la tête de mon petit Arthur pendant pas loin de six mois. Ca, je men souviens.
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