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ATTENDRE UNE GROSSESSE
Bonjour ! Je m'appelle Viviane, j'ai 30 ans et mon mari, Vincent, 33 ans.
Depuis 4 ans, nous sommes confrontés à la stérilité.
Mariés depuis 3 ans, quoi de plus normal que de vouloir fonder une famille. J'ai arrêté
la pilule fin 95. L'année de notre mariage, nous nous sommes peu inquiété de ne "
rien voir ". Ayant consulté une gynécologue, elle m'a demandé de prendre ma courbe
de température durant 6 mois, il fût révélé que j'avais des ovulations capricieuses.
En 1996, j'ai rencontré mon gynéco actuel qui m'a expliqué que mes ovulations étaient
irrégulières et que parfois je n'ovulais pas. A sa demande, je passais plusieurs
échographies pelviennes, un bilan hormonal, une hystérosalpintographie : un mauvais
souvenir de part l'examen en lui - même qui est douloureux mais aussi par la réaction du
médecin qui pratiquait l'examen : En plein milieu, il s'est levé pour me dire que je ne
poursuivrais jamais de grossesse à terme car mon utérus était trop petit. Je me suis
affolée et l'ai bombardé de questions. Il m'a dit qu'il finissait son travail et qu'on
en reparlerait après. Alors que je me rhabillais, il est venu : il s'était trompé, mon
utérus avait une taille normale et mes grossesses se passeraient bien, il ne s'est même
pas excusé... Malgré les résultats signifiant que tout va bien, ce médecin a mis le
doute en moi. Tous ces examens ont révélé que tout était normal chez moi et que je
pouvais parfaitement être enceinte naturellement. Le médecin m'a prescrit du Clomid pour
une stimulation ovarienne, pour une durée de 8 mois. Ce fût l'échec, j'ai été malade
durant le traitement, les effets secondaires sont très pénibles : maux de ventre très
violents, malaises, nausées. Mes règles étaient chaque fois hémorragiques et duraient
longtemps (je saignais durant 2 mois sans discontinuer plusieurs fois, j'ai fini chez le
gynéco qui me disait :' "C'est un cycle foireux, cela va passer "). J'ai passé
le test d'Huhner. Mon mari a passé un spermogramme, tout va bien chez lui.
Nous avons décidé durant 6 mois de faire un break car j'étais très éprouvée par le
traitement et plutôt déprimée.
Puis, le médecin m'a prescrit une stimulation ovarienne sous GONAL F 75 avec rapports
programmés. Ce sont des injections d'hormones à faire dès le 3ème jour des règles et
ce, durant plusieurs jours. Lors de cette première partie du traitement, il faut passer
une ou plusieurs échographies vaginales afin de détecter la présence de follicules
ainsi que faire des prises de sang pour déterminer le taux d'strogènes. Lorsque ce
taux est supérieur ou égal à 200 et que les follicules ont atteint la taille de 16 à
18 mm, on injecte des gonadotrophines chorioniques. L'ovulation doit survenir 48 heures
après. Le médecin conseille d'avoir des rapports le jour d'avant, le jour même et le
jour d'après de l'ovulation.
Ensuite, il faut attendre au moins deux semaines pour connaître le résultat. Ce n'est
pas facile car des effets secondaires peuvent survenir :
Maux de ventre et du fait de l'injection hormonale, on ressent les prémices d'une
grossesse. Il faut arriver à se détendre et se reposer.
Pour ma part, j'ai effectué le traitement deux fois et cela n'a pas marché. Chaque
échec est difficile à gérer, c'est une remise en question et il faut faire le deuil du
bébé imaginé. Dans la plupart des cas, les femmes répondent bien à ce type de
traitement, cela marche bien mais le plus difficile, c'est que la grossesse se déclenche
et là, hélas, on ne peut qu'attendre que Dame nature fasse son travail.
Tout ceci est difficile à vivre pour nous. Autour de nous, pleins de jolis bébés sont
nés et l'on se demande : " Pourquoi pas nous ? " J'ai longtemps culpabilisé ;
je ne me sentais pas du tout à ma place. Je me sentais mal à l'aise et j'avais
l'impression que mon ventre serait toujours vide. Nous avons eu beaucoup de faux espoirs
et chaque échec est une remise en question. Nous sommes aussi confrontés à une certaine
incompréhension de la part de nos familles et amis. Certains n'osent pas nous en parler,
d'autres nous donnent des conseils maladroits. Un petit lot nous soutient malgré tout
mais l'on sent de la pudeur lorsqu'on aborde le sujet. Combien de fois ai - je eu envie
d'appeler un de mes proches et parler de mon mal être mais je n'ai jamais osé, de peur
de déranger. Mon mari et moi sommes très liés et cette tempête nous rapproche d'autant
plus. Nous vivons ensemble cette galère en n'oubliant pas d'être optimistes et
réalistes. Il faut beaucoup de courage pour vivre et gérer sa stérilité, les échecs
sont très douloureux à assumer et chaque fois, il faut retrouver l'espoir et l'énergie
de se battre.
Mon vécu étant difficile à assumer et nous sentant plus ou moins mal compris dans notre
détresse, j'ai ressenti très vite le besoin d'exprimer ma douleur. Notre entourage nous
soutient mais bien souvent, nous nous sentons incompris.
Parce que mal connue, la stérilité est hélas souvent amalgamée à des troubles
sexuels, il n'est pas rare d'entendre des réflexions sur sa vie intime. Les gens ont du
mal à réaliser que ce n'est pas le cas, certains vous conseillent plus ou moins
maladroitement. Une réaction de défense face à une difficulté à aider la personne en
détresse, l'on préfère se " moquer " ou " éluder " le sujet. Les
couples stériles ne souhaitent qu'une écoute attentive et amie où l'on ne sentira pas
juger sur sa manière d'aborder la stérilité.
Par ce fait là, les couples se trouvent isolés et n'osent plus parler de leur problème
car ils savent qu'ils ne seront entendus.
Pour cette raison, j'ai crée un site intitulé La passerelle, j'ai souhaité permettre à
d'autres couples, dans mon cas, de pouvoir témoigner de leur vécu. Une manière de
redonner l'espoir que la stérilité peut être vaincue, que l'on n'est pas seuls à subir
cet état. Par d'autres rubriques, il est possible d'en savoir plus sur l'infertilité.
De plus, j'ai adhéré à une maling list : La Fertiliste où des couples infertiles
communiquent entre eux, là, on se soutient, on se donne des conseils. Quelques
mois, j'en ai été l'animatrice, nous avons plus d'une quarantaine d'adhérents, qui
régulièrement trouvent un réconfort et un soutien. Je continue à y
participer.
Discuter avec d'autres personnes dans la même situation permettent d'exorciser la
souffrance qu'engendre la stérilité.
Pour conclure ce témoignage, je souhaite vous dire que je ne perds pas l'espoir, je sais
qu'un jour mon mari et moi serons parents. Même si parfois, c'est difficile à vivre, il
faut toujours garder foi en la vie.
Sachez que si vous faites appel à nous, vous serez accueillis, soutenus et surtout
compris.
Bon courage à tous,
Amitiés,
Viviane,
Webmestresse de La passerelle :
http://www.multimania.com/passrele/index.htm
E-mail : passerele@multimania.com
- édité le 18/12/1998
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