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LE POUVOIR, LES PULSIONS, LA SÉDUCTION
Tout ça me semble malheureusement assez inévitable...
Aussi longtemps quon répondra à la question « tu fais quoi » par « je suis...
», aussi longtemps que les hommes confondront puissance fiscale et taux de testostérone,
aussi longtemps que les femmes se prendront pour des hommes quand elles réussissent
(quelles réussissent quoi, au fait ?...), aussi longtemps quon continuera à
jouer un rôle plutôt quà être, on continuera de nêtre que comme au
cinéma.
Le sujet est vaste. Le jeu peut même être charmant. A condition quil soit honnête
et que les joueurs sachent clairement quils jouent.
Une autre réflexion me vient à lesprit. Cest vrai quil existe sans
doute des gens particulièrement attirés par les gens de pouvoir, dont un certain nombre
dintrigant(e)s, de profiteurs(euses), de calculateurs(trices)... Mais il me semble
également vrai quil existe plus de «séducteurs (trices)» parmi les gens de
pouvoir. Lexplication, à mon sens, réside dans la pression et lisolement
liés au pouvoir, langoisse aussi et le sentiment de ne jamais plus être soi et de
nêtre quune fonction, de devoir être, toujours, à chaque instant,
irréprochable. Or la sexualité est forcément totalement aux antipodes du contrôle
permanent de soi même, doù une plus grande nécessité de soupapes de
sécurité... Une plus grande nécessité dassouvir des pulsions, tant elles sont
réfrénées à longueur de journée... Et un mensonge nécessaire pour ne pas blesser
celle, ou celui, quon aime, vis à vis de ce qui nest quune pulsion.
Cest probablement vrai quil serait conjugalement préférable de faire du
sport mais je ne peux éviter cette relative indulgence, et plaindre ceux pour qui la
pulsion a tourné à la catastrophe, à un remake sordide des maîtres chanteurs.
Comme si pour être un honnête homme, il fallait impérativement déballer publiquement
ses écarts.
- édité le 18/12/1998
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