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Rupture prématurée des membranes

Quand une femme enceinte perd les eaux, elle doit se rendre rapidement à l'hôpital, surtout si cette rupture intervient bien avant le terme. En effet, lorsque la poche des eaux est ouverte, la protection du fœtus n'est pas optimale et les risques d'infections sont élevés.
Femiweb vous explique comment savoir que la poche des eaux a été rompue et quels sont les risques liés à un tel évènement.





Diagnostic

Il s'agit souvent d'un écoulement de liquide clair et franc que la femme décrit. Le médecin, ou la sage femme, consulté en général rapidement, va introduire un spéculum pour tenter de voir le liquide s'écouler.

Il va refouler la présentation, c'est à dire la partie de l'enfant qui vient s'appliquer au col, pour qu'elle ne fasse pas bouchon. Il peut ainsi voir du liquide couler.

Quand il ne le voit pas au spéculum, il peut jeter un coup d'œil échographique pour vérifier s'il reste beaucoup de liquide dans l'œuf. Parfois, il en verra très peu et c'est en faveur du diagnostic de rupture mais le plus souvent, il en verra et cela ne répondra pas à sa question.

Il dispose cependant d'autres tests. Ceux-ci vont essayer de prouver que des composants du liquide amniotique se retrouvent dans le vagin ou que l'issue du liquide a modifié les caractéristiques du vagin.

C'est sur ce dernier mécanisme que se base un des tests le plus couramment utilisé en clinique quand une femme se présente avec ce doute diagnostic. Cela se nomme l'amnicator. C'est un écouvillon, une sorte de coton tige, qui va changer de couleur si le ph est neutre ou basique. Qu'est-ce que cela voudrait dire ? Le ph du vagin est acide lors et en dehors de la grossesse. Si du liquide amniotique a coulé dans le vagin, comme il est de ph neutre, il relève le ph. Cependant, les pertes, le sang, l'eau ou le produit utilisé pour faire le toucher peuvent aussi rendre le ph neutre. Le test est sensible mais pas spécifique.

Il vaut donc mieux chercher à retrouver des éléments du liquide amniotique.

Le plus simple, le moins cher et faisable sur place au cabinet (si le gynécologue dispose d'un microscope) est la cristallisation en feuille de fougère. Ce test est parfois faussé par le mucus, le sang ou les urines.

Le meilleur rapport qualité prix est le test de recherche du facteur de croissance de l'insuline. Cela s'appelle l'IGFBP, il est présent en grande quantité dans le liquide amniotique très tôt dans la grossesse.

De plus, il existe le test à la diamine oxydase, très connu mais maintenant surclassé par les autres car il est compliqué et ne peut se faire qu'en laboratoire.

Enfin, certains médecins recherchent la fibronectine mais cela n'est pas spécifique. En effet, ce n'est pas un composant du liquide amniotique mais un produit que l'on retrouve entre la paroi utérine et les membranes. Il est  libéré lors de la rupture, certes mais aussi lors de l'infection des membranes.

Risques d'une rupture prématurée des membranes

Le fœtus baigne dans le liquide amniotique, dans la poche formée par les membranes. La rupture des membranes entraîne l'ouverture de la poche et l'écoulement du liquide.

La poche ouverte, il y a un risque d'infection du contenu utérin, c'est-à-dire du fœtus et des annexes. De plus, quand le liquide s'écoule, le futur bébé a moins de place pour se développer et pour bouger.

On distingue les ruptures qui s'opèrent avant 24 semaines d'aménorrhées de celles qui surviennent après. Le pronostic  pour le devenir des enfants dans le premier cas est très mauvais. Dans le deuxième cas, plus on se rapproche de 36 semaines et meilleur c'est.

Avant 24 semaines, le décès survient souvent dans le ventre. Quand ce n'est pas le cas, l'expulsion se fait rapidement et le fœtus n'est pas viable. Cependant, si du liquide amniotique reste en quantité suffisante dans l'œuf, le fœtus peut survivre.

Quand on a dépassé 24 semaines, la partie n'est pas gagnée pour autant mais le tableau n'est pas totalement noir.

La prématurité est le premier des dangers : le processus qui a conduit à la rupture, parfois l'ouverture du col ou l'infection, peut continuer et entraîner l'accouchement prématuré.

L'œuf ouvert peut être colonisé par des germes, toujours présentes dans les voies génitales, et pousser les médecins à préférer la naissance prématurée. L'infection peut atteindre l'enfant mais là, on préfère affronter les dangers de la prématurité que de laisser l'infection s'étendre.

Le fœtus peut aussi connaitre des anomalies de développement anatomiques. Le liquide amniotique matérialise un espace qui permet à l'enfant de se développer, de voir croître ses membres. Quand cet espace n'existe plus, et si le médecin est obligé d'attendre longtemps avant d'autoriser la naissance, la croissance des différents segments peut être gênée. Les membres et même le visage se développent mal.

Enfin, le dernier risque est l'hypoplasie pulmonaire. Lorsque la rupture prématurée des membranes se passe bien avant les 28 semaines, la croissance en général se ralentit et le poumon, qui a besoin du liquide pour se construire, reste atrophié.
 
La rupture prématurée des membranes est donc une situation complexe à prendre en charge rapidement. Si vous avez déjà vécu cet incident, rassurez-vous : vos grossesses futures n'en seront pas affectées.

 

Le 12/11/2004

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