AXEL a 25 mois et ne veut plus dormir seul dans sa chambre. Il veut forcer sa mère à coucher près de lui et se réveille dès qu’elle part. Il veut aller ans le lit des parents. Et si on l’oblige à se coucher dans son lit, il se relève jusqu’à ce qu’on cède à force d’épuisement. Que faire pour qu’il dorme seul dans son lit ? Le petit garçon de Claire a 19 mois, il ne veut pas dormir seul le soir. Il se réveille chaque nuit à 4 heures et demi. Il vient d’avoir un petit frère et est très gentil avec lui. La fille de Séverine a 23 mois et ne veut pas dormir seule. Elle reste éveillée et à 2 heures du matin, elle rejoint ses parents dans leur lit. Malgré les chansons douces, les histoires, c’est la crise de nerfs au moment de la séparation.
On voit qu’autour de 2 ans, il n’est pas rare, quelles que soient les circonstances, que les enfants aient des difficultés d’endormissement et se réveillent la nuit. Ils ont le sommeil plus léger et donnent l’impression qu’ils sont aux aguets. Ils sont à une période d’intense développement intellectuel, Leur vocabulaire, s’ils sont épanouis, s’accroît considérablement. Ce qui fait le fond de leur curiosité et les fait progresser c’est d’essayer de comprendre ce à quoi pense les grandes personnes, ce que font les parents quand ils sont seuls dans leur lit. Ils ont consenti à se décoller de maman, ils ne sont plus entièrement dépendants. Ils ont en général acquis la propreté, mais ils ont gardé la nostalgie de leur relation de bébé où ils étaient dans la dépendance complète. C’est à l’approche du sommeil que cette nostalgie se fait plus forte. Inutile de faire le bras de fer avec eux, négociez plutôt. Dites tout simplement la jalousie qu’il ou qu’elle éprouve parce que papa a le droit de dormir avec maman. Ce n’est pas mal d’être jaloux mais papa compte beaucoup pour maman et elle a besoin de le retrouver . Il aimerait bien comprendre de quoi est faite l’intimité des parents, leur tendresse, leurs disputes et pourquoi à partir de certaines heures ils préfèrent être seuls. Vous saurez négocier des trêves, en faisant admettre qu’il s’agit d’un accueil très provisoire dans le lit des parents et que les parents n’ont pas perdu leur objectif pour autant : avoir la paix et préserver un peu de mystère sur ce qu’ils font entre eux. C’est justement le maintien de ce mystère qui attise leur curiosité et les rend si intelligents.
Denise Vincent