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Le psy et la PMA

samedi 17 mai 2003.

Vue du gynécologue en charge de l’infertilité.

Le rôle du psy dans la prise en charge de la stérilité peut se situer à différents niveaux. Tout d’abord, dans les situations où son diagnostic et son intervention sont indispensables comme dans les troubles des comportements alimentaires par exemple dans l’anorexie. Son rôle est ici clairement défini.

D’autres situations, plus difficiles à diagnostiquer, peuvent nécessiter une consultation psy. Il s’agit des patientes affectées par un choc émotionnel comme le décès d’un proche, ou les personnes ayant des traits de caractères hyper-perfectionnistes. Ces situations sont connues pour entraîner des anomalies du cycle menstruel et de la fertilité. Dans ces situations où la pathologie psy sous jacente entraîne l’infertilité, son rôle est évident et rien ne peut être amélioré sans son intervention.

Il faut se méfier du traditionnel "c’est dans ta tête" car ces situations sont en réalité exceptionnelles et ce type de réflexion peut nuire au couple car elle ne fait que reculer l’âge de la prise en charge de l’infertilité. Cette hypothèse est vraie lorsque le trouble sous jacent occasionne un problème de sexologie à moins que se soit le problème qui entraîne la perturbation psychologique. Le psy, ou encore mieux, le sexologue peut ici régler un certain nombre de cas, après que l’on ait éliminé les autres causes organiques d’infertilité.

En cours de prise en charge d’une infertilité conjugale d’une autre étiologie, le psy psychiatre ou psychologuepeut être amené à rencontrer des couples soit sur la demande expresse du couple ou de l’un des deux membres du couples, soit à la demande du médecin traitant l’infertilité. Le médecin peut conseiller une consultation psy s’il pense qu’un soutien est indispensable pas pour forcément améliorer les résultats des traitements mais surtout pour préparer le couple à un éventuel nouvel échec. Effectivement, c’est souvent dans ces situations d’échecs à répétition que les difficultés se révèlent ou que le passé ressurgit. Le psy doit alors analyser quelles en sont les raisons donc bien au delà de la simple technique médicaleet comment va t on pouvoir aider le couple. Il faut analyser si le désir d’enfant est équivalent pour les deux membres du couples, si un des deux membres du couples ne souffrent pas d’antécédents parfois anciens qu’il voudrait, inconsciemment, voir disparaître au travers de l’image de l’enfant tant attendu. Ici, aucune thérapeutique médicamenteuse n’est utile ou efficace. Seule la psychanalyse peut aider le couple à corriger l’origine de la souffrance psychologique.

Parfois, le psy intervient lorsqu’on suspecte un problème de couple. Cela permet de repousser à une date ultérieure la prise en charge technique de l’infertilité et ainsi éviter de faire naître un enfant dans un couple en souffrance. Dans cette situation aussi, l’enfant n’est pas la clé des problèmes et ne doit pas représenter la solution de facilité de la part du praticien. Ces situations sont difficiles à apprécier et nécessite une relation de confiance entre le médecin et le couple. Dans le même registre, il semblerait que les résultats de la fécondation in vitro puissent être meilleurs lorsque la relation médecin-couple est parfaite. Cela montre qu’en terme de reproduction, comme dans d’autres secteurs de la médecine, cette relation doit s’établir rapidement et en toute confiance pour améliorer la prise en charge.

Le psy peut ici aider aussi le médecin thérapeute. Il a donc un double rôle, pour le couple et pour le médecin.

La fécondation in vitro a, ces dernières années, révolutionné la stérilité d’origine masculine. Sans penser corriger l’origine de l’infertilité, a t on penser à la souffrance de ces hommes qui sont directement, et peut-être encore plus que les femmes, touchés dans leur image corporelle. Le psy aura une place et un rôle primordial dans ces situations.

Enfin, le psy peut intervenir dans les relations enfants parents qui s’établissent parfois avant même que l’enfant ne soit conçu. Il s’agit ici d’accompagner les couples durant leur attente et leur quête. Il faut parfois aussi les préparer au fait que cet enfant ne sera jamais là heureusement ces situations sont rares mais extrêmement difficiles. A l’inverse, ils faut accompagner ces parents lorsque plusieurs enfants naissent après le traitement cet aspect est particulièrement marqué pour les grossesses triples.

Voilà donc quelques situations qui montrent, si besoin était, le rôle indispensable d’un psy au sein d’une équipe prenant en charge les couples infertiles. Le terme psy regroupe ici aussi bien des psychiatres que des psychologues ou des pédo-psychiatres. Leur collaboration est donc, et doit être, quotidienne dans le but d’optimiser la prise en charge des couples infertiles ou en cours de bilan face à une difficulté pour concevoir.

Nous n’aborderons pas ici les problèmes tout à fait spécifiques que représente le recours aux gamètes d’un tiers donneur avec le problème de l’anonymat et du secret à l’enfant, et encore moins la situation de mère porteuse qui n’a pas cours dans notre pays.


Docteur Hervé Dechaud
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