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1) C'est quoi, une grossesse ?

Je vais tenter de dépeindre dans les grandes lignes le film de ces neuf mois. En mettant en scène successivement, le futur bébé, puis l'utérus, enfin la mère.

Le petit être

Il baigne dès le début dans un liquide qui le nourrit et le protège. C'est le liquide amniotique.
Jusqu'à deux mois de grossesse, c'est un embryon, les organes et les membres sont ébauchés. Au terme de cette période, il mesure trois centimètres de long. Une miniature en forme de haricot chez qui on reconnaît déjà l'extrémité céphalique qui occupe un bon tiers de l'ensemble, les membres et le corps. A l'échographie, on surprend autant qu'on est surpris de voir déjà des mouvements de flexion-extension. Puis vient la période foetale, là se développent les organes créés précédemment.
Les patientes et leur famille sont parfois étonnées du degré de développement des bébés.Ils sont surpris de pouvoir distinguer les doigts, les phalanges et les oreilles, de les voir si habiles, pour sucer leur pouce, se tenir le pied ou l'oreille. Une fois dans nos bras, emmaillotés, saucissonnés, ils perdent leur agilité.
Six mois après la conception, la loi le considère comme un individu à part entière, ce qui ne signifie pas qu'il soit viable, malheureusement.
Ce futur bébé, est-ce qu'il entend, voit, palpe, bref est-ce qu'il vit les choses, est-ce qu'il ressent ?
Evidemment ! La réponse, c'est oui :
- Il entend dès quatre mois, non seulement les bruits des organes de sa mère, mais aussi les grands bruits provenant de l'extérieur.
- Il voit les lumières fortes vers le huitième mois.
- Il touche les parois de l'utérus, ses propres membres aussi. Il distingue son environnement habituel d'un objet étranger à son milieu, aiguille, appareil d'optique ou canule d'aspiration.
- Il ressent aussi la douleur. Il ne crie pas, en tout cas, on ne l'entend pas. Mais ceci mis à part, il réagit à l'agression, comme les autres les êtres humains : son coeur s'accélère, il se débat, tente de fuir par reflexe. On peut observer ces réactions en échographie, notamment si, lors d'un examen, on le pique, au cours d'une amniocentèse par exemple.
Cela vous étonne ? Les mères se posent rarement ce genre de questions. Elles le sentent bien, il vit, il réagit, il a son petit caractère. Elles essaient parfois de le convaincre, de le résonner, de composer. Certaines le sermonnent : " Tu devrais pas embêter ta maman comme ça, arrêtes de bouger dans tous les sens ". Certaines le corrigent déjà. Si c'est vrai ! Elles nous l'ont dit. Elles lui envoient une fessée à travers la peau du ventre et l'utérus.
Ce petit s'étoffe tout au long de ces neuf mois dans une bulle. Mais à quoi passent-ils leur temps ?
La bulle, c'est l'utérus. Il va contenir le foetus.

L'utérus

Les modifications

Pour s'adapter continuellement à la croissance, il doit subir des modifications considérables :
- la hauteur passe de 6-8 cm. à 32-40 cm
- le poids, de 50 g. à 1000 g
- la capacité, de 3 ml. à 4-5 litres

Les outils du développement

Ce petit grandit dans un utérus qui le précède dans son développement. Il leur faut donc un lien. C'est le placenta, une véritable prise grâce à laquelle le foetus est branché sur sa mère. Cette structure est véritablement ancrée, enfonçant des crampons profondément dans le muscle utérin.
Dans ce placenta, les artères du foetus, après de nombreuses divisions, constituent un chevelu organisé en grappes. Celles-ci plongent dans le sang de la mère. La surface de contact est, du fait de leur multitude, très importante. Les échanges en éléments nutritifs et en toxines permettent l'enrichissement et l'oxygénation foetale. Le cordon relie le placenta au petit et permet la circulation du sang dans les deux sens.
La croissance foetale dépend directement de la qualité des échanges effectués dans le placenta.
Certains éléments perturbent ces transactions :
- Les structures ovulaires chargées d'établir les contacts nutritionnels avec la maman vont plonger leurs ramifications dans la muqueuse utérine. Elles le font en deux vagues. L'une dès l'implantation, et l'autre plus tard vers le milieu de la grossesse. Si cette prise de contact, on dit cette «invasion», est trop timorée, trop peu agressive, des résistances s'installent dans la zone d'échange. L'analyse des flux sanguins peut révéler ce petit défaut chez les patientes qui font naître des bébés de petits poids.
- L'hypertension maternelle agit de même sur le débit, de surcroît elle entraîne un affaissement des grappes d'artérioles fœtales dont l'érection dépend de la différence de pression entre elles et le sang maternel,
- Les dépôts graisseux et calciques résultant du vieillissement placentaire vont exclure des unités entières d'échange.
- Les contractions utérines répétées, auraient un effet, quoique mineur, sur les échanges, par une probable action de compression sur les vaisseaux maternels utérins.
Comment déterminer la croissance fœtale ?
Deux moyens :

L'un est la mesure de la hauteur utérine

Elle s'effectue à l'aide d'un mètre ruban, entre l'os du pubis et le sommet de l'utérus que l'on perçoit à la palpation. Avant le quatrième mois, une croissance normale, c'est le carré du mois en cours : par exemple, au troisième mois, trois fois trois égale neuf centimètres. Après quatre mois, on multiplie le mois par quatre : au sixième mois, on devrait avoir, six fois quatre, vingt-quatre centimètres.

L'autre moyen fait, lui, appel à la technique

Il s'agit de l'échographie. On apprécie le développement à l'aide de trois mesures principales : la largeur de la tête, celle du ventre au niveau de l'ombilic, et la longueur de la cuisse. Celles-ci sont les principales, d'autres peuvent affiner ou aider à estimer le poids du fœtus. Les mensurations obtenues sont reportées sur des tables statistiques et des courbes de croissance pour comparaison. Pour ensavoir plus, vous pouvez consulter le petit livre de l'échographie obstétricale disponible dans ce même département, santé de la femme.
Bien, un être vivant, dans un utérus, nous n'oublions pas quelque chose ? Allez, réfléchissez... LA MAMAN.

La maman

On a parfois tendance à l'oublier, c'est vrai.
A travers la mince cloison qui sépare la salle d'attente du cabinet, on entend :
“Tout va bien, ma petite dame. Cet enfant se porte à merveille, je le revois
dans un mois”. On le sait bien maintenant, on tend vers une médecine fœtale.
C'est un vrai progrès mais il aura raté son but si c'est aux dépens de la médecine
maternelle.
Le vécu de la grossesse est composé de trois étapes très différentes.

Le premier trimestre

C'est celui des comportements extrêmes, certaines débordent soudain d'énergie, elles n'arrêtent pas. Elles organisent des week-ends, elles s'inscrivent à un cours de gym. Elles se croient au Club Med. Parmi celles-ci, beaucoup d'ex-paresseuses. Pour les autres, plus nombreuses, "c'est la ouate", langueur, somnolence, fatigue même. Elles s'écroulent à huit heures du soir. Elles sont "zen", plus rien n'a d'importance que "ce qui comptera encore dans cent ans". Parfois, c'est à un "savant" mélange des deux que le futur papa est soumis.

Le deuxième trimestre

La forme revient, le dynamisme aussi. Elles rattrapent le temps qui s'était suspendu, elles projettent sur l'avenir, elles veulent déménager...
Je vous rassure, c'est à la vanité des médecins que vous devez ces schémas tracés à grands traits. Pour les détails, c'est selon la personnalité de chacune, et ses caprices...
Les modifications biologiques.
Elles sont si nombreuses et surprenantes qu'elles font de la femme enceinte un être à part, pratiquement une autre espèce.
- Le sang subit une dilution importante, si bien que toutes les parturientes semblent anémiées sur leurs analyses. Il n'en est rien, leur normale est tout simplement différente.
- Le coeur bat un peu plus vite et, malgré cela, la tension artérielle s'abaisse, c'est surprenant.
- Sans augmenter la fréquence respiratoire, la femme enceinte parvient à mieux éliminer le gaz carbonique, et enrichir d'avantage son sang en oxygène.
- Par contre, elle tolère moins bien les sucres. Des diabètes qui n'auraient vu le jour que plus tard dans la vie vont être précipités et se manifesteront vers le cinquième mois. D'où l'intérêt, même chez les patientes dont aucun des parents n'est diabétique, de dépister la survenue des troubles par une surveillance appropriée.
Le 14/07/2009

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