6) Les gros maux de la grossesse
On ne peut pas passer en revue tous les dangers qui guettent une femme enceinte, mais il est important de connaître les
signes auxquels il faut prêter attention.
C'est pourquoi Femiweb attire votre attention sur quelques points particuliers qui doivent vous alerter et vous amener à prendre le conseil d'un spécialiste.
Saignements
Au premier trimestre
Au cours des trois premiers mois de grossesse, un
quart des femmes enceintes saignent. Malheureusement, c'est pour la moitié d'entre elles le signe d'une fausse couche précoce.
Pour les autres, elles continueront leurs grossesses comme les femmes n'ayant pas saigné. Parfois, ce n'est que le col de l'utérus qui saigne, la grossesse n'est alors pas menacée par le trouble.
Attention cependant, quand la mère est âgée de plus de 40 ans, le nombre d'incidents est accru.
Au troisième trimestre
Ce signe est plus sérieux lorsque le saignement est abondant, rouge et indolore. Il s'agit le plus souvent d'un
placenta situé trop bas dans l'utérus.
Au cours du dernier trimestre, le muscle utérin s'étire trop rapidement dans sa partie basse, le placenta ne peut pas suivre le même développement et se décolle de sa base. Puisque cela se produit près de l'orifice cervical, le sang qui s'insinue entre les deux structures s'écoule dans le vagin. Les globules rouges perdus sont d'origine maternelle. L'hémorragie se tarit sans grande conséquence, mais elle peut récidiver.
La surveillance, le repos et les traitements contre les contractions suffisent dans la plupart des cas à gagner du temps et se rapprocher du terme.
D'autres fois, le saignement est minime mais on peut comprendre qu'il inquiète néanmoins les futurs parents. Il est parfois
déclenché par un rapport sexuel, ce qui n'est pas dangereux.
Le col peut aussi saigner alors qu'il est le
siège d'une infection. Cela est plus sérieux car les médecins soupçonnent l'infection du col utérin et des membranes amniotiques d'être à l'origine de la plupart des accouchements prématurés.
Il vaut donc mieux effectuer des prélèvements, rechercher l'infection et la traiter le plus vite possible pour éviter la rupture des membranes et les contractions utérines qui mènent à
l'accouchement prématuré.
Hypertension artérielle
Il s'agit d'une forme particulière de
désordre tensoriel qui touche les femmes lors de leur première grossesse, rarement aux suivantes.
L'hypertension est détectable par la formation d'
œdèmes des membres inférieurs et par la
présence d'albumine dans les urines. Cette hypertension a pour conséquence une diminution des échanges au niveau du placenta et l'enfant est moins bien alimenté.
Souvent, cette pathologie est accompagnée de douleurs abdominales hautes.
Non diagnostiquée ou non traitée, cette maladie appelée
toxémie gravidique va évoluer vers des complications graves pouvant provoquer le décès du fœtus.
Contractions utérines au cours des trois premiers mois
Des douleurs sont fréquemment ressenties. Le plus souvent, c'est sans gravité. De simples antispasmodiques suffisent à calmer l'utérus.
D'autres fois, les douleurs sont accompagnées de saignements et il peut s'agir d'un avortement spontané.
Lorsqu'une grossesse échoue à ce stade, il s'agit généralement de l'œuf qui n'était pas tout à fait normal. Une
sélection naturelle s'opère ainsi, évitant de mener à terme un individu anormal. Il ne faut pas tenter de conserver ces grossesses.
Il existe cependant trois autres causes à ces avortements spontanés.
- Dans certains cas, la cavité n'est pas adaptée à laisser se développer une grossesse convenablement. Sa forme est anormale ou ses faces sont accolées, par les séquelles d'un curetage par exemple.
- Parfois, il s'agit d'une infection à bas bruit du col qui remonte dans la cavité utérine.
- Enfin, certaines mamans sont porteuses d'anticorps qui causent des petits caillots dans le sang et bouchent ainsi les vaisseaux qui irriguent l'utérus.
Menace d'accouchement prématuré au cours des derniers mois
Les contractions utérines posent le problème de l'
accouchement prématuré.
Elles se manifestent par des
douleurs en bas du ventre, des deux côtés et dans les lombes. Elles sont passagères et s'accompagnent d'un durcissement de l'utérus. Avoir quelques contractions par jour, entre 10 à 20 non douloureuses, c'est normal. En avoir quelques-unes par heure et senties douloureusement, c'est pathologique.
Le risque est de voir le col se raccourcir puis s'ouvrir, ce qui déclenchera l'accouchement prématurément, avant que le fœtus ait complété sa maturation.
Les
traitements antibiotiques sont souvent efficaces car ils s'attaquent à l'infection vaginale, cervicale, amniotique ou urinaire, généralement à l'origine des troubles.
De plus, le
surfactant artificiel a constitué un réel progrès dans la prise en charge du prématuré. Quelques explications : le poumon est constitué de multiples logettes. Elles sont toutes comme des petits ballons. Imaginez que vous gonfliez un ballon, puis que vous le laissiez se dégonfler. Les faces du ballon vont se coller. Ce qui est important pour les logettes du poumon, c'est qu'elles restent ouvertes même quand elles sont vidées de l'air quand on expire. Elles restent ouvertes parce qu'à l'intérieur il y a un liquide particulier, dit tensio-actif. Il maintient les faces du ballon éloignées l'une de l'autre.
Quand l'enfant naît prématurément, il n'a pas encore fabriqué ce liquide et quand son poumon expire l'air, il y a des unités qui s'accolent et ne sont plus opérationnelles. Un laboratoire pharmaceutique a réussi à fabriquer un produit qui ressemble au surfactant, le liquide tensio-actif. On peut aujourd'hui envisager de laisser ou de faire naître des enfants plus tôt et de leur administrer ce surfactant artificiel pour éviter la
maladie des membranes hyalines des prématurés.
Diabète gestationnel
Le diabète gestationnel est un
trouble de la gestion des sucres, plus particulièrement du glucose, que l'on découvre pendant la grossesse.
Conséquences sur le métabolisme
Quand la mère ingère des glucides, ils sont absorbés et assimilé dans le sang. Un signal est envoyé immédiatement au pancréas pour lui dire qu'il faut qu'il sécrète de l'insuline. Celle-ci va servir à stocker le glucose sous forme de glycogène dans le foie. Elle aide également à la formation de graisses et de protéines avec ces sucres.
Quand cette insuline n'est pas sécrétée à temps ou qu'elle ne trouve pas de récepteurs adéquats sur les cellules, le glucose
s'accumule dans le sang et il est utilisé directement par les cellules.
Dans un premier temps, il y en a donc trop. Plus tard, quand les cellules ont consommé l'insuline, il n'y en a plus assez. Or, la maman
partage son glucose avec le fœtus.
Quand elle en a trop, elle lui en donne trop. Le fœtus n'étant pas diabétique, il
stocke les graisses. Ces dernières vont s'accumuler principalement sous la peau, mais pas seulement. Elles peuvent se retrouver dans des endroits beaucoup plus délicats, comme les
cloisons du cœur. Cet organe, qui bat en permanence, risque d'être gêné par ses parois alourdies.
Enfin, quand la mère n'a pas assez de glucose, elle en donne peu au fœtus. Or, le
cerveau a besoin en permanence de glucose. Quand il n'en a pas, il ne sait pas utiliser l'oxygène et les cellules cérébrales souffrent.
Conséquences obstétricales
Des malformations fœtales apparaissent uniquement dans le cas d'un
diabète préexistant. Là, les risques de malformations sont importants si le diabète n'a pas été bien équilibré à la mise en route de la grossesse.
Le gras qui est stocké dans le cœur l'empêche parfois de bien fonctionner. De plus, les épisodes où le fœtus ne dispose pas d'assez de glucose peuvent entraîner des
lésions de ces cellules cérébrales.
Il existe parfois un
excès de liquide amniotique qui peut être très gênant pour la mère et distendre l'utérus, au point qu'il y a menace d'accouchement prématuré.
Enfin, un bébé trop gros peut nécessiter une
césarienne.
Cependant, tous ces problèmes ne surviennent que si on ne fait pas l'effort de
contrôler et de régulariser la glycémie.
Recommandations
Quand le diabète est connu, il faut "programmer" la mise en route du bébé. Il faut que la grossesse débute avec le meilleur équilibre possible.
Quand il y a dans la famille des diabètes, il faut le signaler au médecin.
Si votre médecin a découvert que vous ne gérez pas bien les sucres, il faut suivre les conseils du nutritionniste, contrôler dans le sang que les conseils diététiques suffisent et toujours avoir à cœur d'être dans les bonnes limites. Il est tellement plus simple d'éviter les problèmes que d'avoir à les résoudre !
Vous savez donc maintenant quels sont les points à vérifier pour éviter des dommages parfois mortels à votre futur enfant. N'hésitez pas à compléter ces informations dans les commentaires !
Le 14/11/2003
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