7) Carence hormonale
Mécanisme
Là, il n'est plus question de la difficulté de l'organisme à s'adapter à une situation nouvelle. Le problème est désormais pour les organes qui se nourrissaient des hormones de faire sans. C'est gérer la carence pour les tissus cibles.
Conséquences cliniques
Tous les tissus ne sont pas logés à la même enseigne vis à vis des sécrétions ovariennes.
Il y a ceux qui en dépendent directement, les tissus cibles. Les conséquences y sont importantes, bruyantes et d'apparition rapide. Il s'agit de l'appareil génito-urinaire, de la peau, des cheveux et des différents composants de l'équilibre du poids.
Il y a les autres, ces tissus ou organes dont le métabolisme était influencé par les hormones sexuelles. L'influence était dans tous les cas positive puisque celles-ci en ralentissaient le processus de vieillissement et de dégradation en général. Il s'agit principalement de l'os et de l'appareil cardio-vasculaire.
La disparition de l'imprégnation hormonale va en précipiter l'évolution.
Les tissus cibles
Les conséquences sur les organes et sur les métabolismes sont variables d'une personne à l'autre. La carence hormonale n'est jamais totale. Le tissu graisseux sécrète en permanence des stéroïdes très semblables aux hormones sexuelles. Par ailleurs, des susceptibilités individuelles interviennent, qui font que la patiente ne ressent, heureusement, pas les effets de la carence à tous les niveaux.
- L'appareil génito-urinaire
-*La muqueuse vaginale est plus fine et sécrète moins, il en résulte une sécheresse très gênante. L'hygiène renforcée que les patientes s'infligent dans ces cas là n'arrange rien et ne fait qu'aggraver la sécheresse. Les rapports sont alors désagréables, voire douloureux. Les produits lubrifiants ne parviennent pas remplacer les sécrétions naturelles. Ils n'en possèdent pas la fluidité, ni la stabilité. En effet, si, lors des premières minutes, ces produits conviennent tout à fait, après, ils s'épaississent, deviennent pâteux et échauffent parfois les muqueuses. Leur acidité, le ph, n'est pas toujours bien adaptée au milieu vaginal. Ces produits ne sont pas remboursés par la sécu. Pour toutes ces raisons, ils ne peuvent donc pas être une réponse à long terme à ce problème.
-*La vulve peut être le siège de démangeaisons directement liées à la carence hormonale. Le prurit aggrave les lésions et les complique. Il faut donc rapidement calmer ce symptôme pour ne pas entrer dans le cercle vicieux de la réaction cutanée au grattage.
-*La partie postérieure de la vessie et le méat urétral ont la même origine embryologique que le vagin. Ils s'atrophient lorsqu'ils sont privés d'hormones. Il en découle une douleur à la miction et une tendance à uriner plus souvent de petites quantités. Il n'y a pourtant pas d'infection. Cela porte le nom de cystite à urines claires.
-*Les prolapsus de l'utérus et de la vessie peuvent voir leur évolution accélérée par la survenue de la ménopause. Il s'agit là aussi de l'effet combiné de la raréfaction musculaire associée à l'atrophie des tissus privés de leur "engrais".
- Les seins
Dans son enveloppe cutanée, le sein est composé de la glande mammaire, disposée comme une grappe de raisin dont la tige rejoint le mamelon, et de petits amas graisseux séparés par des travées fibreuses. Le contingent de glande tend à diminuer et la graisse habite quasiment tout le sein. La composante fibreuse, elle, se développe parfois en excès.
- La peau
Le tissu adipeux sous-cutané, qui maintient la peau du sein se réduit. Le revêtement cutané est encore plus mince et la disgrâce en est accentuée.
Le vieillissement cutané commence tôt dans la vie, il n'attend pas la ménopause.
Il dépend de deux processus :
Le premier est génétique, chronologique. C'est l'effet du temps. Il rend la peau mince, distendue, fragile et la creuse de fines rides.
Le second est photo-induit, sous la responsabilité du rayonnement solaire. Il est responsable de rides plus profondes sur une peau plus épaisse et parcourue de petits vaisseaux. Attention, le soleil abîme la peau en plus d'en accélérer le vieillissement.
La carence hormonale se greffe sur ces deux processus. Le processus n'est pas clairement élucidé. Il semble que les hormones agissent sur le derme, en dessous justement de la partie visible, l'épiderme, et non sur celle-ci directement.
Leur absence accentue la perte du collagène dermique et réduit ainsi les propriétés d'élasticité.
Par ailleurs, la peau devient plus grasse, la disparition des hormones féminines laissant, sur certaines peaux, le champ libre à une petite quantité d'hormones masculines présentes chez la femme.
Une accélération de la perte des cheveux est fréquente. Elle est plutôt diffuse, rarement responsable de golfes temporaux, comme chez les hommes. Le cheveu est plus gras à la racine, accentuant l'altération et la calvitie.
Sur le visage, des poils apparaissent, plus drus, au menton et sur la lèvre supérieure.
Les autres tissus
On entend souvent des femmes se plaindre de n'être pas un homme. Ce serait plus facile, sans souci de contraception, sans les grossesses ni les règles.
Tout comptes faits, ça n'est pas la bonne affaire que cela paraît être. Parce que l'homme s'use beaucoup plus vite que la femme. Deux organes l'illustrent clairement : coeur et vaisseaux d'une part et squelette d'autre part. Les hormones y jouent un rôle protecteur. De là l'intérêt d'avoir des ovaires, quand ils fonctionnent, et de prendre des hormones quand ils cessent d'en produire.
- Le système cardio-vasculaire
Les oestrogènes agissent à différents niveaux.
Elles maintiennent les lipides à des taux plutôt bas, favorisent le bon cholestérol aux dépens du mauvais, ralentissent la formation des plaques d'athérome et dilatent les artères.
Aussi, à la ménopause, ces effets s'atténuent et le processus de vieillissement de la pompe cardiaque et des artères s'accélère. Par voie de conséquence, les accidents vasculaires cérébraux et les maladies coronariennes vont progressivement apparaître et rejoindre en fréquence ceux rencontrés chez l'homme.
La prise d'un traitement hormonal adapté maintient le bonus et protège donc contre le risque cardio-vasculaire.
Il existe un autre facteur de risque, c'est le tabac. Il est parfois directement en cause dans la survenue des infarctus du muscle cardiaque. Des études indépendantes l'ont montré, la consommation d'un paquet de cigarettes par jour aboutit à en quadrupler la survenue.
- L'os et le squelette
De 20 à 80 ans, les femmes perdent près de 40% de leur masse osseuse, dont les deux tiers après l'installation de la ménopause. Une fois sur quatre on atteint le "seuil fracturaire", c'est à dire la limite en dessous de laquelle on peut se briser un os, sans prendre particulièrement de risque, dans une activité banale de tous les jours.
L'os est en perpétuel remaniement. Des cellules sont chargées de rogner dans la trame. Lorsqu'elles ont creusé un petit trou, elles vont officier ailleurs, tandis que dans le trou ainsi formé d'autres cellules s'installent pour reconstruire.
Le taux de remplacement est proche de 100sur les lignes de force, les murs porteurs en quelque sorte, et inférieur pour les zones centrales de l'os.
Les hormones sexuelles, tant qu'elles sont présentes, freinent les démolisseurs. Une fois disparues, ceux-ci auront le champ libre pour se multiplier et agir.
Le centre de l'os est le premier atteint. Cela se passe vers 50-60 ans. C'est l'ostéoporose de type I, celle qui occasionne de tassements vertébraux.
Plus tard, vient l'ostéoporose de type II, qui touche les points faibles des "murs porteurs", aux extrémités, responsable, vers 70 ans, de la fameuse fracture du col du fémur.
L'ostéoporose est nettement plus importante si la ménopause est précoce, naturelle ou chirurgicale.
Comme il n'y a pas que le sexe dans la vie, d'autres éléments prédisposent à l'ostéoporose tels que :
- Le capital osseux déjà constitué
- Le tabagisme, encore lui
- Le manque d'exercice physique
- La maigreur
Le 19/05/2003
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