12) Surveillance du traitement
Bien qu'il ne s'agisse que de substituer des hormones à celles qui ont disparues, c'est un acte thérapeutique avec ce que cela sous-entend : responsabilité, suivi et contrôle de l'effet des produits utilisés. Il ne vient à l'idée de personne de prescrire ou de prendre un produit qui baisse la tension artérielle sans contrôler les chiffres ainsi obtenus.
L'examen clinique
La patiente doit consulter deux fois par an. A cette occasion, l'examen est précédé d'un interrogatoire qui évalue les effets du traitement. Ce temps permet de décider si le traitement doit être poursuivi en l'état, interrompu ou modifié. On doit parfois adapter les doses ou changer de produit quand l'équilibre n'est pas atteint. D'autres fois, notamment dans la période qui suit l'installation de la ménopause, on fait évoluer la séquence thérapeutique parce que les sécrétions internes changent.
L'examen s'attache à contrôler l'état des organes féminins. Il faut également estimer l'effet des hormones sur les éventuelles pathologies préexistantes à l'instauration du traitement, telle que l'évolution d'un fibrome ou d'un polype, cibles naturelles des stéroïdes sexuels.
Le frottis du col de l'utérus
Il est conseillé de pratiquer cette exploration tous les deux à trois ans références opposables.
C'est l'examen au microscope, par un spécialiste, de cellules prélevées sur le col de l'utérus et étalées sur une lame de verre. Sur le principe, c'est un peu comme si pour apprécier l'état d'un arbre, on le secoue, on recueille quelques feuilles tombées dans un sac, pour enfin envoyer ce sac à une personne qui sait en examinant les feuilles, voir si l'arbre est souffrant. Cet examen est fait en dehors des périodes de règles, assez loin 24-48 heuresd'un rapport sexuel, d'une injection vaginale ou de la pose d'un ovule.
Ca n'exige pas d'être exécuté lors d'une consultation spécifique. Lorsque la patiente est en position gynécologique, le médecin introduit un spéculum pour exposer le col de l'utérus, il le nettoie soigneusement à l'aide d'une compresse ou d'un coton. Les cellules sont recueillies en frottant une sorte d'abaisse-langue sur le col de l'utérus et la partie postérieure du vagin. Le matériel obtenu est étalé sur une lame de verre et fixé avec une laque.
C'est surtout un examen de dépistage du cancer du col.
Les femmes en ont bien compris l'intérêt, mais il est à craindre que le suivi gynécologique ne se résume, dans leur esprit, à la surveillance du col.
La mammographie
Il est souhaitable d'en obtenir une tous les deux ans, en l'absence de facteurs de risque. Cette dernière notion correspond à des situations où on retrouve plus souvent le cancer du sein. Il s'agit principalement de femmes dont un ou des membres de la famille ont été atteints. La mammographie est examen radiologique qui se fait idéalement lors de la période d'arrêt du traitement. Le tissu mammaire est alors moins congestif, ce qui permet de mieux visualiser les éventuelles lésions. Il est conseillé de s'adresser à un centre spécialisé qui dispose en général d'un équipement plus récent, plus précis et plus souvent contrôlé. Le dépistage de masse, le "camion" comme on dit en parlant des appareillages mobiles qui sillonnent toutes une région, a son utilité. Il sensibilise et permet d'atteindre des populations qui n'étaient pas accessibles au dépistage. Quelques praticiens pensent qu'il n'est pas adapté à la surveillance des patientes qui prennent un traitement de la ménopause. Celles-ci sont déjà intégrées dans le système de soin. Elles doivent continuer à bénéficier d'une surveillance médicale classique qui permette de faire précéder la radio par un examen clinique, d'effectuer le nombre de clichés nécessaires et de les conserver pour les comparer d'un examen à l'autre.
L'exploration de la muqueuse utérine
C'est l'examen clé de cette période là. Les hormones qui vous seront proposées ont un effet direct sur la muqueuse de l'intérieur de l'utérus. La preuve en est que lorsque vous en interrompez la prise, des règles surviennent. Il faut donc vérifier le traitement qui vous est prescrit n'aboutit pas à une stimulation excessive. Celle-ci se traduirait par une modification de la nature et de l'épaisseur de l'endomètre qui tapisse l'intérieur de l'utérus.
L'échographie endo-utérine
C'est un examen indolore et peu coûteux. Il permet dans le même temps la mesure de l'épaisseur de la muqueuse et le contrôle des ovaires.
La patiente est en position gynécologique. Le médecin introduit un guide au bout duquel se trouve une source d'ultrasons miniaturisée. Ce guide est recouvert d'une enveloppe en latex semblable à un préservatif. On évite ainsi les contaminations microbiennes. L'intérêt de cette technique réside dans le fait que ces sondes renferment des quartz vibrant à des fréquences élevées. Or plus le quartz vibre vite, plus les images sont nettes et précises. Par contre, les ultrasons ne vont pas très loin et la zone explorée ainsi est petite. Il faut donc se rapprocher le plus possible des organes à examiner. C'est de cette façon qu'au contact de l'utérus, sans interposer de vessie pleine, des détails tels que la régularité et l'épaisseur de la muqueuse sont visualisés.
D'autres investigations sont nécessaires, en complément, si la mesure est supérieure à 8 mm.
L'hystéroscopie diagnostique
Quand il faut préciser l'état de la muqueuse, il est utile de l'observer à l'aide d'un endoscope. De nouveaux appareils sont disponibles qui présentent l'avantage d'être flexibles, donc très souples, et pratiquement indolores à l'utilisation.
L'examen dure environ quinze minutes. On le pratique le plus souvent sans anesthésie d'aucune sorte, sauf dans certains cas où l'orifice d'entrée de l'utérus est beaucoup trop étroit. Les rares fois où l'anesthésie est nécessaire, elle peut être locale.
La patiente est en position gynécologique. Le médecin introduit un spéculum pour exposer le col de l'utérus. Il le nettoie et le désinfecte soigneusement à l'aide d'une compresse et d'un antiseptique. Il introduit ensuite en douceur un conduit de trois millimètre de diamètre qui dans le même temps éclaire et permet d'observer depuis l'intérieur, les parois de la matrice. Pour apprécier l'épaisseur de la muqueuse, on a recours à une petite manipulation. Elle consiste à creuser, à l'aide de l'extrémité de l'endoscope, un petit sillon. De la profondeur de l'empreinte laissée, on déduit l'état de la muqueuse.
La biopsie d'endomètre
Pour contrôler précisément l'effet de la thérapeutique hormonale sur l'endomètre, on en prélève un morceau pour l'analyser. La biopsie nécessite l'introduction dans la cavité utérine, à travers de l'orifice du col, d'un tuyau en plastique très fin muni d'un piston. Une aspiration et un mouvement de va et vient permet d'attirer des lambeaux de muqueuse. Ils sont conservés dans un liquide qui permet de les transporter sans les dénaturer. On adresse le prélèvement à un médecin spécialisé dans l'examen des tissus. C'est l'équivalent du frottis pour l'intérieur de l'utérus.
Le 19/05/2003
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