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Corticothérapie néonatale

Présentation

Depuis le début des années 70, de nombreuses études ont montré que de donner de la cortisone à une mère qui était sur le point d'accoucher prématurément, préservait un grand nombre de bébés de la détresse respiratoire qui est une des conséquences les plus graves de la prématurité.
Aujourd'hui, plus de la moitié des enfants nés prématurément bénéficient - et peuvent/doivent bénéficier - de ce traitement préventif.
C'est une info qu'il paraît utile de faire connaître au public.
Je me suis largement inspiré des nombreuses publications qu'un confrère, le docteur Damien Subtil, du CHRU de Lille, a faites à ce sujet.

Efficacité

L'administration de corticoïdes avant l'accouchement d'un enfant prématuré divise par deux ses risques de détresse respiratoire.
En prime, on observe
Une diminution de 40% les risques de mortalité néonatale.
Une diminution de 60% du risque d'hémorragie cérébrale ventriculaire.
Il n'a pas été noté de bénéfice concernant l'ictère du nouveau né, la fréquence des bronchodysplasies et la persistance du canal artériel.

Danger pour l'enfant ?


A des doses beaucoup plus fortes, en expérimentation animale, on en a obtenu.
Au terme auquel ils sont administrés et aux doses utilisées communément chez l'être humain, on peut être rassuré sur ce risque. Il n'y a donc pas de risque de malformations supplémentaires chez l'enfant.
Puisqu'on apporte du cortisol au ftus, on pourrait craindre que ses propres glandes ne le fabriquent pas et s'atrophient. Dans les faits, on n'a jamais observé ce type de phénomène
On a craint que l'enfant ne présente des signes d'une trop grande imprégnation en cortisol, qu'il ait été victime d'un état d'hyper-cortiscisme. Cela a été retrouvé une seule fois chez le nouveau né d'une mère qui avait reçu 7 cures de corticoïdes. A l'âge de 10 mois, l'enfant était tout à fait normal.
Les corticoïdes sont des anti-inflammatoires. Ils diminuent la réaction de l'organisme aux agressions microbiennes. En théorie, ils diminuent l'immunité.
Membranes intactes ou rompues, le risque n'est pas suffisant pour faire renoncer aux avantages.
Il a été noté qu'après utilisation de corticoïdes, principalement à l'instauration du protocole, les variations du rythme cardiaque ftal étaient moins importantes pendant deux jours. Une diminution des mouvements foetaux et respiratoires accompagnent ce phénomène.
Ces signes, considérés hors du contexte, sont en général ceux d'une souffrance ftale. Là, il ne faut pas les interpréter dans de sens. Il ne faut pas non plus les confondre avec de vrais signes de souffrances ftale, qui imposent, eux, de faire pratiquer une extraction d'urgence.
Plus récemment, on a pu montrer - chez l'animal puis en clinique humaine - que les corticoïdes seraient responsables d'un ralentissement de la croissance ftale diminution transitoire de la taille et du périmètre crânien à la naissance. Cet effet serait transitoire, non retrouvé ensuite pendant l'enfance.
Chez l'animal, des études ont montré une augmentation des problèmes cardio-vasculaires à l'âge adulte.
Chez l'être humain, les tests effectués à 3, 6 et 12 ans, n'ont rien révélé en matière de croissance et de développement statural ou psychique. Bien qu'insuffisantes, ces données sont rassurantes quand à leur effet sur le long terme.

3) Un danger pour la mère ?


Dans l'ensemble, il ne semble pas que les cures aient augmenté ou aggravé les infections maternelles.
Jamais observés avec les corticoïdes utilisés seuls, ils ont été rapportés lors d'associations avec des produits destinés à bloquer la survenue des contractions utérines. Il est vrai que l'association est fréquente. Il faut sans doute être prudent en cas de pathologie cardiaque préexistante ou de grossesse gémellaire.
En cas de diabète, il faut tenir compte de l'effet des corticoïdes sur l'équilibre glucidique. En dehors de cette circonstance, il n'y a pas de problème.

Comment sont ils prescrits ?

Il faut un corticoïde de synthèse qui traverse la barrière placentaire en conservant ses propriétés chimiques.
Il y a une dose optimale. En dessous, pas d'effet. Au dessus, plus de problèmes sans une meilleure efficacité.
Le protocole le plus souvent utilisé comporte, pour la première cure, deux injections à 24 heures d'intervalle.
Habituellement, on répète les injections tous les 7 à 10 jours. Cette attitude est basée sur des arguments théoriques qui n'ont jamais été remis en question. Le bénéfice de la première cure est certain. En revanche, celui des cures successives fait l'objet d'études encore en cours. En tout état de cause, il devrait être rare d'avoir recours à plus de 3 cures.

De quand à quand ?

Il est utile de la pratiquer dès que la prise en charge pédiatrique est envisagée, en général entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée.
Il est sans doute utile d'y recourir si l'accouchement est imminent, même si les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la première injection a eu lieu plus de 24 avant l'accouchement.
La corticothérapie se justifie pleinement jusqu'à 34 semaines d'aménorrhée. Entre 34 et 36 semaines, les attitudes diffèrent selon les écoles, allant la non prescription systématique à la prescription systématique en passant par celle aux enfants présentant des risques accrus.

Et dans les circonstances particulières ?

Il faut savoir apprécier la réalité de la menace d'accouchement prématuré pour ne pas exposer à la multiplication des cures des grossesses non menacées.
On craint que les corticoïdes ne soient à l'origine d'infections de la cavité utérine.
Bien que ce risque ne soit pas négligeable, il n'est pas suffisant pour faire renoncer aux avantages de la corticothérapie.
On a pensé que les ftus de mère hypertendue avaient peu de risque de détresse pulmonaire. On a aussi craint que les corticoïdes n'augmentent les chiffres tensionnels.
Les études récentes montrent que la maturation pulmonaire garde là aussi son intérêt.
Le risque de déstabiliser un diabète, la constatation d'un effet moindre de la corticothérapie dans ces situations ont fait douter sur son utilité.
Pourtant, le diabète est une situation ou prématurité et immaturité pulmonaire sont plus souvent rencontrées et associées. Un mécanisme d'accélération de la maturité pulmonaire y serait, plus encore qu'ailleurs, bienvenu.
On y rencontre une plus grande fréquence de la prématurité. Les délais entre l'apparition des premiers symptômes et l'accouchement y sont plus courts.
La prescription trouve là sa pleine utilité, et ce au point qu'il a été proposé une prescription systématique aux grossesses triples à partir de 26-28 semaines d'aménorrhée.

Qu'en est il de l'utilisation de ces protocoles en France ?

Ils ne sont pas assez utilisés. Au début des années 1990, on estimait à moins de 15% les enfants prématurés ayant reçu une corticothérapie en France.
Pourtant plus de la moitié des accouchements prématurés étaient survenus au delà de 24 heures après leur admission, ce qui laissait, théoriquement, le temps de leur prescrire la première cure. On ne dispose pas aujourd'hui de chiffres nationaux, mais on peut penser que 50 à 70 % des enfants nés prématurément bénéficient - et peuvent/doivent bénéficier - de ce traitement préventif.
Le 19/05/2003

Vos Commentaires

Hayet
le 28 Août 2013
la corticotherapie est espoire pour celle qui soufre des anticedent de MAP -19 sa et 25 sa-
Unavis
le 10 2012
j aurais ai_mé connaitre la reponse egalement , en savez vous plus?
Sadile
le 2 Avril 2012
bonjour! S'il vous plait je veux savoir si la corticothérapie néonatale peut etre la cause de l'asthme du nourisson??

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