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L'accouchement à domicile

Il peut paraître difficile d'envisager sans passion l'accouchement à domicile lorsqu'on est soi même né à domicile après une extraction au forceps. J'essayerai pourtant d'y parvenir.
M'en reste t-il des séquelles ? A vrai dire, je ne pense pas, estimant même que le médecin, qui n'était pas spécialiste devait avoir une certaine compétence . Mais, on se juge si mal, n'est ce pas ?

Les "bonnes" raisons d'accoucher à domicile

La première est un peu passionnelle parce que réactionnelle. 
Appelons la Marie : Sa grossesse et son accouchement furent une suite de fausses nouvelles et de diagnostics imprécis entraînant inquiétude, angoisse et multiplication des examens, consultations, échographies et prélèvements divers . Tout a commencé par une nuque trop claire sans paramètres biologiques concordants . Elle a saigné après l'amniocentèse. Peu, certes mais il fallut la garder hospitalisée.
Certes, le deuxième trimestre fut calme, mais c'était la période des vacances. Dès la rentrée, tout a recommencé : "il" était hypotrophe et sa mère n'a pas pu la rassurer en lui disant les poids des nouveau-nés, toujours faibles, pour elle et ses soeurs, les tantes, comme pour la grand-mère du reste. 
Et puis, ces boutons, pardon, cet herpès, sans compter la sérologie positive au cytomégalovirus. Prélèvements recommencés sans conclusion pratique, avec le mari ingénieur, certes patient au début, mais de plus en plus agressif et méprisant pour l'équipe.

A l'accouchement, les conciliabules pour savoir si c'était "un front" ou pas. L'attente, encore incidentée par des "dips".
Heureusement, tout s'était bien terminé, sauf que puéricultrice et sage-femme disaient une durée de mise au sein différente.
Alors, tout ça, ras le couffin : pour le suivant, je reste à la maison, d'autant qu'une sage-femme, paraît-il accepte de s'occuper enfin humainement et simplement d'un phénomène bien naturel.

La seconde est apparemment plus raisonnée, et mieux argumentée.
Après deux accouchements sans difficulté, Elizabeth pense que tout se passera bien la fois prochaine. Du reste, une de ses amies lui a parlé des Pays-Bas où elle a vécu et ou les accouchements se faisaient la plupart à domicile, avec une sage-femme prudente et prête, au moindre signe défavorable à organiser un transfert rapide dans une structure hospitalière équipée. Les petits Bataves meurent paraît-il moins souvent à la naissance que les petits Gaulois avait elle ajouté. En ce
qui me concerne, reprit Elizabeth, ma maison est suffisamment vaste et toute proche de la clinique où j'avais accouché les deux premières fois.

On ne peut qu'être attendri par Marie à qui l'accoucheur, certainement scrupuleux, mais peut être aussi trop inquiet a fait partager des soucis de médecin sans assez songer aux traumatismes psychologiques répétés. Certes, il respectait le fameux droit à la vérité, qui en l'occurrence allait contre le droit à la tranquillité
de toutes les futures mères.
L'argumentation d'Elizabeth apparaît sans faille, respectant la logique appuyé sur l'empirisme d'une expérience faite loin de tout exotisme géographique ou idéologique.

Les vraies raisons d'accoucher dans un milieu obstétrical

Avez vous regardé Marie sur la route ? Avant de partir elle fait trois fois le tour de la voiture. D'abord pour les pneus, puis pour les éventuelles cabosses gênant le fonctionnement des clignotants, enfin pour les plaques qui légalement, doivent être propres.
La ceinture bien attachée, elle guette et reguette au cas où un véhicule déboucherait, juste après qu'elle n'ait regardé. Pendant tout le trajet, ça continue. Est ce bien par hasard qu'on choisit son médecin ? Soit parce qu'il a un comportement comparable au vôtre, soit parce qu'il apparaît adaptable à votre comportement.
Je suis sûr, que tout bien réfléchi, à sa prochaine grossesse, Marie, encouragée par son mari, changera peut être d'accoucheur, mais se fera suivre dans un établissement de niveau deux ou même trois.

Elizabeth, c'est autre chose. Elle préfère la vieille deuche parce qu'elle ne craint rien. Pourquoi trop regarder à droite ou à gauche ?
Elle ne va pas vite. Alors, elle n'a pas peur. Espérons pour elle que sa chance ne la quittera pas, non plus que pour son troisième projet d'enfant chez elle.
Peut être les nouvelles de Hollande lui parviendront elles, confirmant la réduction impressionnante des naissances à domicile dont un tiers est refusé au premier examen, un quart du restant au dernier mois de grossesse, et enfin un autre quart du reliquat en cours d'accouchement.
Quelques dix pour cent des accouchements encore, et pour combien de temps ?
En France, une naissance sur cent se produit hors des structures hospitalières, le plus souvent dans l'ambulance, vite fait, bien fait, la mère et l'enfant arrivant pour la délivrance. Très exceptionnels sont les choix délibérés. Ils sont sporadiques, dispersés, non reconduits. Mais on en parle, on en parle, on en parle...comme moi même ici.

Quelques chiffres et quelques histoires vécues.

Il meurt dans la période périnatale près de 7000 enfants sur les 720 000 accouchements, soit moins de un pour cent.
Nous nous battons tous, mères, sages-femmes, médecins et depuis longtemps . En trente années les pertes ont été réduites des trois quarts.
On veut encore faire mieux : rien n'est plus attristant qu'un berceau vide. Avez vous déjà croisé le regard d'une mère qui a perdu son enfant ? Ceci justifie nos efforts.
Et , il faut bien le dire, la naissance heureuse ne peut être prédite sans aucun risque d'erreur.
Certes les anomalies sont rares, mais peuvent apparaître à tout instant . Elles doivent alors être corrigées promptement. La compression du cordon prive immédiatement l'enfant de l'oxygène nécessaire à sa vie. Pariez vous qu'il peut tenir le temps du transport ? Moi non. Pouvez vous prévenir cette compression avec
certitude ? Moi non. D'autres exemples sont nombreux, mais les évoquer alourdirait la démonstration.
La naissance heureuse est un constat, fait après avoir franchi les aléas. Soyons modestes.

J'ai accepté, dans ma jeunesse d'être appelé à domicile pour aider une sage-femme en difficulté.
J'y suis allé trois fois .
La première pour extraire un enfant au forceps, mais, c'était déjà trop tard : il n'y avait plus de battements cardiaques avant l'application des cuillers. La deuxième fois, quand je suis arrivé pour cette délivrance qui ne venait pas, je n'ai eu qu'à appuyer sur le fond de l'uterus. J'ai pris mon bol de café et je suis reparti en
souriant. La troisième fois, la sage-femme m'appelle pour un forceps indiqué par la "fatigue maternelle". Elle dormira quand vous arriverez ajoute t-elle. En fait, en entrant je vis un cadavre : syncope mortelle au chloroforme, chez une cardiaque, comme le montra l'autopsie.
Depuis je ne suis jamais retourné pratiquer ce genre d'obstétrique : c'était, il y a quarante ans..

Pour conclure

Aucun de mes enfants n'est né à domicile, comme je l'avais fait, aucun de mes petits enfants non plus. Il faut se méfier : la chance, comme le vent peut brusquement tourner.

Le 01/11/2004

Vos Commentaires

Laytai
le 8 Septembre 2011
Ne serait-il pas temps, en France, de construire enfin des maisons des naissance, attenantes aux cliniques et hôpitaux, pour permettre aux jeunes mamans de vivre une grossesse aussi naturelle possible, en prenant tout de même le moins de risques possibles? Pour ma part, j'ai du mal à concevoir l'intelligence d'accoucher dans un hôpital ou clinique où sont, logiquement, des malades, et donc des microbes, bactéries, virus... de toute sorte. Je ne suis pas moi même malade parce qu'enceinte, et je ne vois pas de raison d'exposer mon nouveau-né à des microbes particulièrement néfastes pour sa santé. Hélas, en France, le problème, c'est que l'on a un choix qui n'en est pas vraiment un. Soit, c'est l'accouchement hyper médicalisé, certes aussi "sûr" que possible, mais souvent dénoué de toute humanité, soit l'accouchement à domicile, donc l'autre extrême. Une vraie alternative, alliant sécurité et naturelle, n'est-elle vraiment pas possible? Pourtant nos voisins allemands et belges y ont droit, et même aux Etats-Unis ces centres existent. A quand la France rejoindra-t-elle la 21ème siècle sur ce point? A quand un vrai respect des choix des femmes et des couples, sans forcer à prendre des risques disproportionnés?

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