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La rupture de la poche des eaux

lundi 19 mai 2003.

Définition

La poche des eaux est cet espace qui se constitue entre la présentation, la partie de l’enfant qui va sortir en premier, et le col. Il contient du liquide amniotique.

Le plus souvent, sous la pression des contractions utérines, et du fait que les membranes sont fragilisées par le contact avec le milieu vaginal, elles se fissurent ou se rompent spontanément.

Il est parfois nécessaire, pour la bonne dynamique de l’accouchement, de les rompre.

Comment

Pour percer la poche des eaux. Le plus souvent, on utilise un mors d’une pince dite de Kocher. Ce geste n’occasionne aucune douleur pour la mère. Il consiste à percer, en l’accrochant avec la griffe du mors de la pince, les deux fines membranes qui constituent l’amnios.

On attend la survenue d’une contraction. La poche est tendue par la pression interne du liquide. La présentation elle même descend quelque peu. La présence d’un aide est utile. Il empaume d’une main le fond de l’utérus, et applique une petite pression. L’autre main vient au dessus du pubis tenter d’introduire plus encore la présentation dans le bassin. On espère, ce faisant, "boucher"le col avec la présentation, la tête le plus souvent, pour éviter que le cordon ombilical, qui flotte dans le liquide, ne soit emporté par le flux et se retrouve coincé entre la présentation et le col. C’est la procidence du cordon. Cet incident est redouté à chaque fois que l’on rompt la poche des eaux.

La technique :

Le médecin ou la sage femme se munit d’un doigtier, il introduit les doigts dans le vagin, repère les limites du col et sent la poche qui bombe. Il place ses doigts à l’intérieur de l’ouverture du col. Il tient dans l’autre main le mors de la pince ou l’instrument spécifique qui lui permet de rompre la membrane.

Les doigts qui font le toucher vaginal vont s’écarter quelque peu de l’axe du vagin et s’ouvrir légèrement pour guider l’instrument contondant en protégeant les parois du vagin. Le bout du mors se place entre les doigts, il est en contact avec les membranes. Un petit geste pour les accrocher et on sent la poche se percer. Parfois, on est contraint de fixer les membranes entre le cuir chevelu de l’enfant et la pince pour les percer. Dans ces cas là, il est fréquent que l’on griffe le cuir chevelu de bébé pour s’assurer que la poche est percée.

Quand c’est fait, Il faut boucher l’orifice avec un doigt pour limiter et contrôler le flux. A la fin de la contraction et la brèche aidant, la poche s’affaisse. On s’assure que le cordon est absent de l’excavation et on agrandit l’orifice. On retire la pince, entre les doigts de l’autre main, sans accrocher les chairs et, ensuite, la main qui faisait le toucher.

L’ensemble de la manuvre s’effectue sous surveillance des battements du cur foetal et en présence d’un tierce personne qui aide et peut appeler du secours si un incident se produisait.

Quand la poche est rompue, du liquide s’écoule. On note son abondance, sa consistance et sa couleur. Le liquide qui s’écoule alors est normalement de moyenne abondance, 250 à 400 cc, l’équivalent de un à deux verres, de consistance légère, aqueuse et de couleur claire. Il est d’ailleurs souhaitable, si on veut bien en apprécier la couleur, de ne pas utiliser pour le toucher, lors ou avant la rupture, de solution iodée type Bétadine qui colore le liquide, surtout si celui ci est de faible abondance.

Incidents.

Le principal danger de la manoeuvre, c’est la procidence du cordon. C’est, comme on l’a déjà vu, le cordon qui suit le flux liquidien et vient s’interposer entre la présentation et le col utérin. Elle entraîne, pratiquement dans tous les cas, l’interruption de la perfusion ftale, exposant l’enfant à une souffrance aiguë et une mort certaine au bout de quelques minutes. Le plus souvent, il faudra, si cela arrive, procéder à une césarienne pour extraire l’enfant. Il est de rares cas ou elle n’a que peu de retentissement : à dilatation complète, quand on peut extraire l’enfant très rapidement par les voies naturelles.

Un autre incident peut survenir lors de la rupture de la poche des eaux, gravissime lui aussi. C’est la rupture d’un vaisseau sanguin qui cheminait sur les membranes. C’est exceptionnel parce qu’en principe le placenta est d’un seul tenant et le cordon rassemblant les vaisseaux s’abouche au centre du "gâteau placentaire". Parfois, l’insertion se fait au niveau des membranes et l’ensemble court sur quelques centimètres en membranes libres avant d’aborder la masse placentaire. D’autres fois, le placenta est formé de plusieurs parties reliées entre elles par des vaisseaux. Les parties annexes sont appelées cotylédon aberrant. Ces vaisseaux, situés sur les membranes peuvent être lésées ou dilacérés par la rupture intempestive de la poche des eaux. Il s’agit du sang du bébé et la déperdition sanguine lui est souvent fatale. L’urgence de l’extraction de l’enfant est plus qu’absolue.


Dr Ohayon
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