Mécanisme
C’est un ensemble de signes qui surviennent du fait de l’arrêt des sécrétions ovariennes. Ces manifestations constituent une réaction des organes à cette faillite brutale. C’est en cela qu’il est apparu opportun d’utiliser le terme de manque. Le corps réclame en quelque sorte ce qu’il a perdu.
Cette période étant, somme toute, la plus bruyante, on a tendance dans le public à penser qu’il s’agit de "la ménopause" alors que ça n’est que l’installation de la ménopause.
La nuance est plus importante qu’il n’y paraît. La patiente qui en souffre réclame un traitement. En fait, elle demande un "calmant"de ses troubles. Une fois cette période passée, elle est peu encline à recevoir le traitement, celui de la vraie ménopause, installée cette fois. C’est notre talent que de la convaincre de son intérêt.
Les symptômes ne concernent pas encore les tissus des organes sexuels. Ils reflètent le désarroi d’autres organes dont le fonctionnement était simplement influencé par le métabolisme génital.
Le "manque" hormonal est à l’origine d’un orage. On peut tout à fait comparer le fonctionnement de l’organisme à l’économie d’une région ou d’un pays. Imaginez la fermeture des aciéries lorraines et les bouleversements sur l’économie locale. Cet orage touche donc de nombreux organes qui ne sont pas directement liés à l’activité sexuelle.
L’arrêt des sécrétions est exceptionnellement définitif. Des reviviscences ovariennes sont possibles, tant l’hypophyse, en bon contremaître, s’acharne à stimuler ses deux ovaires récalcitrants.
On considère installée la ménopause après un an d’absence de règles.
Conséquences cliniques
Les bouffées de chaleur
Elles sont, dans l’esprit du grand public, synonymes de ménopause. Elles sont fréquentes mais pas obligatoires. La patiente se plaint d’une brusque sensation de chaleur, en particulier du torse et du visage, accompagnée d’une rougeur de la peau. Ce malaise est accompagné de frissons et de transpiration. La nuit, ces phénomènes sont amplifiés. Il s’agit de la manifestation du dérèglement du centre de contrôle de la température du corps.
Ce symptôme peut survenir avant même l’effondrement, alors même que la patiente est encore réglée. C’est là une preuve supplémentaire de ce que nos explications ne sont que des simplifications prises parfois à défaut.
La fatigue
Elle est réelle et physique mais s’accompagne aussi de lassitude et de découragement.
Les insomnies
Elles surviennent au milieu et à la fin de la nuit. Elles empêchent la récupération et accentuent l’épuisement corporel et mental.
Le versant psychologique
Il est assez bien connu du public. Les émotions et les réactions sont plus fortes. Les événements sont en général amplifiés. Les obstacles paraissent insurmontables. Il y a souvent une dévalorisation de soi.