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Tabac et reproduction

La fréquence du tabagisme chez la femme a rejoint celle des hommes : faut-il se réjouir de cette nouvelle révolution égalitaire ? Assurément pas, aux risques propres du cancer du poumon, dont la fréquence dans la population féminine est en perpétuelle augmentation et des affections cardio-vasculaires, s'ajoutent, à ce tableau déjà sombre, des effets indésirables touchant la fertilité et altérant le devenir de l'enfant lorsque le tabagisme maternel est associé à une grossesse.

FREQUENCE DU TABAGISME CHEZ LA FEMME

La "population tabagique" se féminise.

Le constat des épidémiologistes est alarmant :
- les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses et plus jeunes à fumer, des enquêtes menées dans des collèges montrent que 33 % des adolescentes fument à l'âge de 14 ans ; entre 18 et 25 ans, 50 % des jeunes filles fument.

- Alors que l'on aurait pu croire que la grossesse serait un événement facilitateur à l'arrêt du tabac, force est de constater que 35 % des femmes sont fumeuses en début de grossesse et que 70 % d'entre elles continueront pendant la grossesse. 95 % d'entre elles fumeront à nouveau dans les années qui suivent leur accouchement.

Toutes les femmes ne sont pas égales face au risque du tabac.

En effet, un certain nombre de facteurs dits "d'environnement" modulent les effets nocifs du tabac :

  • l'ancienneté de l'intoxication - le nombre de cigarettes fumées par jour : la toxicité est donc dépendante sans qu'il soit très facile d'établir un seuil de toxicité
  • l'inhalation de la fumée ou non, modifiant la quantité de nicotine absorbée
  • les autres intoxications associées, alcool et caféine en particulier
  • le type de cigarette, contrairement à une idée reçue, intervient peu : les cigarettes blondes, à bout filtre, dites "légères", malgré un moindre dosage en goudron, ne semblent pas moins nocives que les autres, tout au moins dans le domaine de la reproduction.

Mieux vaudrait s'en tenir au conseil d'un célèbre pneumologue bordelais qui déclarait : "les seules cigarettes inoffensives sont celles qu'on ne fume pas !".

LES RISQUES GYNECOLOGIQUES LIES AU TABAC

Le col de l'utérus

Le tabac est un facteur favorisant les lésions précancéreuses du col de l'utérus. Le cancer du col de l'utérus est un processus lent impliquant le plus souvent un virus, le papillonavirus, qui est un des germes des maladies sexuellement transmises (M.S.T.). Toutes les femmes atteintes par ce virus ne développeront pas un cancer, d'autant plus qu'un dépistage précoce de ces lésions par le frottis cervical en permet le diagnostic et le traitement, bien avant le stade de cancer. 

Le tabac fragilise le col par deux mécanismes probables :

  • l'un direct, par une action agressive de la nicotine, présente dans la glaire cervicale, sur les cellules du col
  • l'autre indirect, par un affaiblissement des moyens de défense de ces cellules à l'agression du virus.

Ce risque est accru chez les femmes fumeuses depuis longtemps et au tabagisme important (plus de 20 cigarettes par jour).

La fertilité

La consommation de tabac entraîne une altération du fonctionnement de l'ovaire (hypofertilité) : cet effet a été constaté lors de PMA (procréation médicalement assistée) où les résultats chez les fumeuses sont moins bons que dans la population générale. Cet effet est dose-dépendant sur l'ovaire et correspond probablement à une toxicité directe de la nicotine et du cadmium, métal présent à haute concentration dans le tabac.

La grossesse débutante

Le tabac augmente le risque de grossesse extra utérine (G.E.U). La G.E.U est l'implantation de l'oeuf en dehors de la cavité utérine ; l'action de la nicotine et de ses dérivés sur la baisse de production des hormones ovariennes et sur une anomalie du transport de l'oeuf dans la trompe après la fécondation explique ce risque : les études montrent que 20 % des G.E.U peuvent être attribuées au tabac. Il s'agit là encore d'un effet dose-dépendant, le risque augmentant avec la quantité de cigarettes fumées.

La consommation de tabac accroît le taux de fausses couches spontanées (FCS). Il s'agit de l'expulsion spontanée de l'oeuf avant la fin du 3e mois de grossesse : cet accident fréquent en obstétrique, et dont les causes sont multiples, essentiellement génétiques, surviennent 1,2 à 1,8 plus souvent chez les fumeuses.

Autres effets

Les abcès du sein, en dehors de l'allaitement, sont rares. Pour les formes récidivantes et rebelles au traitement, certains auteurs ont constaté que le sevrage tabagique améliorait la situation de ces patientes, même si le lien de cause à effet n'est pas clairement établi.

Mentionnons enfin que le tabac associé à la prise de la pilule majore de façon considérable, après 35 ans, le risque d'accident cardio-vasculaire. Ce constat fait l'objet, dans FemiWeb, d'un plus long développement.

LES RISQUES DU TABAC ASSOCIES A LA GROSSESSE.

Pourquoi ces risques ?

Lorsque la mère fume, son bébé "fume" aussi ! En effet, les différents toxiques inhalés par les femmes enceintes traversent le placenta qui est une barrière imparfaite et sont ainsi assimilés par
le foetus avec un certain nombre de conséquences : la nicotine, qui ne sera que très lentement éliminée par le foetus, augmente sa fréquence cardiaque, ainsi que sa pression artérielle ; l'oxyde de carbone, contenu dans la fumée, va se fixer sur l'hémoglobine du foetus qui sera ainsi bien moins oxygéné : on parle alors d'hypoxie foetale qui va nuire à la croissance du bébé, si importante pendant sa vie intra-utérine. Enfin, les autres substances toxiques du tabac (acide cyanhydrique, thiocyanates, cadmium, substances cancérigènes...) viennent aussi potentiellement menacer le foetus.

Quelles conséquences pour l'enfant à naître ?

Le risque d'accouchement prématuré est augmenté. Il faut savoir que la grande prématurité comporte toujours des risques très importants pour le développement cérébral du bébé. Ce risque est multiplié par 2 en cas de tabagisme maternel et est dose dépendant.

Diminution du poids de naissance. Des études ont pu établir une relation directe entre la prise de tabac et le retard de croissance de l'enfant à naître (moins 450 g à terme chez les fumeuses de plus de 20 cigarettes par jour). Cette hypotrophie, si elle s'associe en particulier à la prématurité, peut avoir chez l'enfant des conséquences majeures, pour son développement cérébral en
particulier.

Le tabac est le facteur identifié de risque de mort subite du nourrisson le plus important (M.S.N). En effet, les enfants, nés de mère fumeuse, présentent plus que les autres des "pauses
respiratoires" pendant leur sommeil. Ce risque de M.S.N a pu être évalué, il est multiplié par 2 pour un tabagisme de 10 cigarettes par jour, par 4 à 6 pour plus de 10 cigarettes par jour.

Une fréquence accrue de certains cancers a été évoquée chez l'enfant de mère tabagique ; l'existence de substances cancérigènes dans le tabac et son potentiel génotoxique (capacité pour une substance d'altérer les chromosomes) peuvent expliquer ces faits qui méritent encore d'autres études. On sait par ailleurs que le tabagisme maternel n'entraîne pas de risque accru de malformations chez son enfant.

UNE PREVENTION EST-ELLE POSSIBLE ?

Certainement ! Diminuer la consommation de tabac est un pis-aller ; le sevrage total est en fait la seule solution raisonnable, sous réserve d'un certain nombre de principes :

Une motivation indispensable. 

Les jeunes adolescentes devraient connaître ces méfaits du tabac ; le risque de cancer ou de maladie cardio-vasculaire est trop lointain pour elles pour motiver l'abstinence. L'atteinte de leur féminité, le risque d'hypofertilité à présent bien documenté sont des risques plus immédiats qu'elles doivent connaître. La grossesse, par la charge affective et le projet de vie qu'elle contient, doit aider au changement et donc au sevrage, en sachant que presque tous les effets décrits sont réversibles à l'arrêt du tabac.

Un environnement favorable. 

Un sevrage nécessite une participation active de l'entourage ; arrêter le tabac dans un environnement de fumeurs peut être un challenge insurmontable ; d'autre part, le tabagisme passif (on respire la fumée des autres...) n'est pas dénué d'effets néfastes.

Un accompagnement médical est souvent
indispensable. 

Après avoir évalué le degré de dépendance par des tests appropriés (celui de FAGERSTRÖM - bientôt disponible ici - vous permettra une auto évaluation), le médecin sera juge de la nécessité
ou non d'une substitution nicotinique (possible à présent pendant la grossesse) et d'éventuels compléments médicamenteux (vitamines, sédatifs) et pourra organiser un accompagnement psychologique si celui-ci est nécessaire.

Le 12/12/2004

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