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8) Substitution hormonale

Les produits
vendredi 14 novembre 2003.

Le tableau ainsi brossé, on se doute qu’on va vous proposer, le jour venu, de "faire quelque chose".

L’histoire naturelle, vous l’avez compris, comporte deux périodes principales : celle de la survenue du dérèglement, plutôt capricieuse, et celle de la carence constituée, définitive, désagréable certes, mais destinée à durer

Schématiquement, deux logiques se proposent à vous : accepter de vous soigner ou courber le dos et laisser faire la nature.

Quand on choisit de traiter, on doit : choisir une stratégie pour une patiente, suivre l’évolution et le génie propre de ses troubles, enfin s’adapter aux étapes qu’elle franchit. C’est possible. Il faut juste savoir que la démarche ressemble à de la navigation à vue, à de la confection de dentelle. Le traitement de la voisine ne convient pas forcément à tout le monde

En médecine, on dispose souvent de plusieurs produits, supports d’autant de philosophies. A côté de la substitution hormonale coexistent les traitements adjuvants, thérapeutiques de confort, cosmétologiques, hygiène de vie, épaulant la lutte contre le vieillissement.

Les ovaires produisent donc en période d’activité génitale de nombreuses hormones dites sexuelles. Il y a trois familles principales : Les oestrogènes, les progestatifs et les androgènes, les hormones mâles, produites en petite quantité. Les oestrogènes sont les hormones fondamentales du cycle féminin. La progestérone, c’est une sorte de contrepoids. Quant aux androgènes, leur rôle n’est pas complètement élucidé chez la femme. Dans chaque famille hormonale, la structure de base se décline en plusieurs sous variétés. Il n’a pas été possible jusque là de reconstituer chimiquement toute la gamme, ça n’est peut être même pas souhaitable.

Le marché est trop neuf et trop important pour laisser indifférent. Pour se positionner, certains laboratoires se contentent le plus souvent dans l’urgence, d’adapter des produits anciens, de les relooker "ménopause". La recherche a néanmoins déjà abouti à des produits plus spécialement adaptés, dont certains sont prometteurs.

Les oestrogènes

Ils sont présents dans les pilules contraceptives, sous une forme synthétique. Cette variété n’est pas proposée pour le traitement de la ménopause. A ce moment là de la vie de la femme, elle aurait des effets secondaires trop importants. Le risque de phlébite notamment serait réel. Il ne faut donc pas prendre la pilule au delà d’un certain âge.

L’industrie pharmaceutique propose donc des molécules plus proches des hormones naturelles.

Leur provenance

- Celles recueillies dans l’urine des juments enceintes sont prescrites depuis plusieurs années aux Etats-Unis. Elles ont fait la preuve de leur efficacité. Elles n’ont pas encore trouvé en France de promoteur assez zélé.

- Celles synthétisées en laboratoire à l’identique de la fraction principale des oestrogènes naturels constituent l’essentiel de la prescription chez nous.

Voies d’administrations

On dispose de la voie orale avec les classiques comprimés et de la voie percutanée avec les gels et les patchs.

Lorsqu’il est avalé, le comprimé est assimilé par la barrière intestinale. Le sang qui le véhicule se dirige donc obligatoirement vers le foie, chargé de vérifier et transformer tout ce qui est ingurgité. Ce passage hépatique va dénaturer et neutraliser une partie du médicament. Même si ça n’est pas forcément néfaste, cela sollicite, plutôt brutalement, les fonctions de détoxications du foie.

Elle présente l’avantage d’éviter ce premier passage hépatique. Leur inconvénient, lui, résulte des variations d’absorption selon le type de peau, le siège et le moment de l’application.

- Le gel

On l’on applique tous les jours à même la peau sans masser. Il faut éviter la région des seins et le visage parce que c’est un composé hydro-alcoolique. Le produit est absorbé à travers la peau et passe dans le sang pour ensuite se distribuer dans l’organisme. Pour certaines marques, l’unité de base est la réglette. En pressant le tube, on en extrait le produit sur une certaine longueur, du diamètre d’un stylo bille. Pour d’autres, la dose est délivrée par un système doseur semblable à celui des dentifrices. C’est plus précis.

- Le patch présente d’indéniables avantages :

Ce sont des timbres imbibés de produit, qu’on colle sur la peau. Ils délivrent, une fois en place, une dose constante. La quantité absorbée dépend de la surface du dispositif. Ceux disponibles actuellement doivent être renouvelés deux fois par semaine. Ce système a l’avantage de la simplicité d’utilisation et la régularité de l’apport hormonal. Les douches et les bains de mer ne décollent en principe pas le patch. Il est conseillé de ne prendre un bain chaud que les jours du changement des dispositifs.

Les progestatifs

Pour l’heure, on a le choix pour ce qui est des molécules, mais pas pour ce qui est du mode d’administration.

- Les gels ne passent pas assez bien la barrière de la peau, ils n’auront qu’un effet local.

- Pas de patch non plus.

- En comprimés, on dispose de :

La progestérone naturelle

- Intérêt : Elle ressemble à celle qui est sécrétée.

- Inconvénients : Elle est responsable de somnolence et de vertiges et elle ne prévient que moyennement l’hyperplasie de l’endomètre, c’est à dire l’excès de développement de la muqueuse utérine.

Les dérivés synthétiques de la progestérone, d’une puissance supérieure à la molécule originelle.

- Intérêt : Ils sont une sécurité contre l’hyperstimulation de la muqueuse et sécurise ainsi le médecin.

- Inconvénients : Ils sont parfois trop puissants et responsables de quelques effets androgéniques.

On dispose d’un dérivé de la progestérone qui peut se fait passer pour l’hormone mâle, et s’oppose ainsi aux androgènes.

- Intérêt : Il combat aussi les poils et la peau grasse.

- Inconvénients : la molécule a été mise en cause, à beaucoup plus fortes doses que celles utilisées en ménopause, dans l’apparition d’une certaine tumeur du foie.

Certaines études ont montré que l’utilisation des progestatifs dans le traitement de la ménopause pouvait favoriser la survenue de cancers du sein. Ces études ont beaucoup surpris au moment de leur publication. Cette hormone a plutôt la réputation, avant la ménopause, de préserver le sein des tensions mammaires et de traiter les mastoses.

Les androgènes

Certains articles récents proposent d’associer des hormones mâles au traitement substitutif de la ménopause. Les médecins tentent de promouvoir cette idée avancent que les symptômes psychiques de cette période sont en partie dus à un manque en testostérone. Associée au traitement, elle ralentirait l’ostéoporose, préviendrait le cancer du sein et jouerait le rôle d’un stimulant psychique et sexuel. a nous vient des Etats Unis, où l’on n’hésite pas à écrire qu’un effet secondaire comme une hypertrophie du clitoris est parfois "welcomed", bienvenu. Les français sont surpris et attendent de voir.

Les androgènes, en usage local, incorporés à des crèmes, utilisés en infimes quantités, sont sans doute les seules substances capables aujourd’hui d’agir directement sur l’épiderme de la femme ménopausée.

La tibolone

C’est une homrmone qui, métabolisée par l’organisme, produit des substances dont l’effet peut être comparé respectivement aux oestrogènes, à la progestérone et aux androgènes.


Dr Ohayon
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