La pilule du lendemain est une contraception d’urgence à prendre le plus tôt possible après un rapport non ou mal protégé. En France, elle est disponible gratuitement en pharmacie et sans ordonnance. Son délai d’action et son efficacité varient selon la molécule, et certaines situations nécessitent plutôt un DIU au cuivre.
Les délais à respecter selon la méthode
Deux pilules du lendemain existent en France : le lévonorgestrel et l’ulipristal acétate. Leur fenêtre d’efficacité n’est pas la même :
- Lévonorgestrel : prise dans les 72 heures (3 jours) après le rapport à risque, idéalement dans les 12 heures.
- Ulipristal acétate : prise jusqu’à 120 heures (5 jours) après le rapport, avec une efficacité qui reste meilleure que le lévonorgestrel au-delà de 72 heures.
- DIU au cuivre (stérilet) : pose jusqu’à 5 jours après le rapport ou jusqu’à 5 jours après l’ovulation présumée ; c’est la méthode la plus efficace de contraception d’urgence.
Quelle que soit l’option choisie, la règle d’or est la même : prendre ou poser le plus tôt possible. Plus l’intervention est précoce, plus elle est efficace.
Efficacité réelle : ce que montrent les données
La contraception d’urgence réduit fortement le risque de grossesse mais n’offre pas une protection à 100 %. Les autorités rappellent que l’efficacité diminue avec le temps écoulé depuis le rapport. L’ulipristal garde une performance documentée jusqu’à 120 heures, tandis que le lévonorgestrel est surtout pertinent avant 72 heures. Le DIU au cuivre, lui, a le taux d’échec le plus bas parmi les méthodes d’urgence et protège ensuite comme contraception continue.
Après une prise de lévonorgestrel, la poursuite ou la reprise d’une méthode hormonale de routine est possible le jour même. Après ulipristal, attendez la fin du cycle ou suivez l’avis de votre professionnel de santé, car l’ulipristal peut transitoirement réduire l’efficacité des contraceptions hormonales démarrées immédiatement après.
Effets secondaires : fréquents et généralement transitoires
Les effets indésirables les plus courants sont nausées, troubles digestifs, maux de tête, douleurs abdominales, fatigue et modifications des saignements (règles avancées, retardées ou plus abondantes). Ces signes disparaissent le plus souvent en quelques jours.
Deux situations pratiques à connaître :
- Vomissements dans les 3 heures après la prise : retourner en pharmacie ou contacter un professionnel de santé ; une nouvelle prise est habituellement recommandée.
- Retard de règles de plus de 7 jours, saignements inhabituels ou douleurs abdominales importantes : réaliser un test de grossesse et consulter, notamment pour écarter une grossesse extra-utérine.
Interactions, contre-indications et situations particulières
Informez le pharmacien de vos traitements en cours. Les inducteurs enzymatiques (ex. certains antiépileptiques, antituberculeux, antirétroviraux, millepertuis) peuvent réduire l’efficacité de la contraception d’urgence hormonale. Dans ce contexte, le DIU au cuivre est à privilégier. En cas d’impossibilité, demandez conseil sur les alternatives.
Des précautions existent aussi en cas de maladie hépatique sévère, asthme sévère ou antécédents de grossesse extra-utérine : un avis médical est pertinent pour choisir la meilleure option et organiser le suivi.
Accès et coût en France
Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d’urgence hormonale est gratuite, anonyme et sans ordonnance en pharmacie, pour toutes les personnes, mineures et majeures. Vous repartez avec un comprimé unique et des conseils personnalisés. Les services universitaires de santé étudiante, les centres de santé sexuelle, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) et certaines structures associatives peuvent aussi la délivrer gratuitement.
Le DIU au cuivre nécessite une pose par un médecin ou une sage-femme. Renseignez-vous sur les plages de rendez-vous en urgence ; le coût peut être pris en charge selon votre situation et votre couverture (Assurance Maladie, complémentaire, dispositifs d’accès aux soins).
Comment choisir en pratique ?
Pour un rapport à risque datant de moins de 72 heures, vous pouvez prendre du lévonorgestrel ou de l’ulipristal. Au-delà de 72 heures et jusqu’à 5 jours, l’ulipristal est généralement préféré si une pilule est choisie. À tout moment jusqu’à 5 jours, si vous voulez la meilleure efficacité et une contraception prolongée, le DIU au cuivre est la référence.
Si vous prenez un traitement qui diminue l’efficacité des pilules d’urgence ou si vous avez des antécédents particuliers, orientez-vous vers le DIU au cuivre et/ou demandez un avis médical rapide.
Après la prise : ce qu’il faut surveiller
Notez la date du rapport et la date de prise. Utilisez des préservatifs jusqu’au retour des règles, surtout après ulipristal si vous utilisez ou reprenez une contraception hormonale. Si vos règles ont plus de 7 jours de retard par rapport à la date habituelle, faites un test de grossesse.
En cas de prise de lévonorgestrel et de poursuite de la grossesse, les données disponibles n’indiquent pas de risque malformatif spécifique. En cas de doute ou de symptômes anormaux, consultez.
Questions fréquentes
La pilule du lendemain protège-t-elle des IST ?
Non. Seuls les préservatifs protègent des infections sexuellement transmissibles. Pensez au dépistage si nécessaire.
Peut-on la prendre plusieurs fois dans le même cycle ?
C’est possible mais non idéal, car les cycles peuvent devenir irréguliers et l’efficacité globale est moins prévisible. Si vous avez des rapports réguliers à risque, échangez rapidement sur une méthode contraceptive de fond adaptée.
Allaitement : faut-il interrompre ?
Les autorités indiquent que la quantité d’hormones passant dans le lait après une contraception d’urgence hormonale est faible. Demandez conseil au pharmacien ou à un professionnel de santé pour adapter au cas par cas, notamment après ulipristal.
Que faire si j’ai vomi ?
Si vous vomissez dans les 3 heures suivant la prise, rapprochez-vous d’une pharmacie : une nouvelle prise ou une autre méthode peut être nécessaire.
À retenir
Agissez vite, choisissez la méthode la plus efficace selon le délai et votre situation, et organisez un test de grossesse si retard de règles. En France, l’accès est simple et gratuit : n’hésitez pas à demander conseil en pharmacie. Si le rapport à risque date de plusieurs jours ou si vous prenez des traitements qui interagissent, le DIU au cuivre reste l’option la plus sûre à discuter sans tarder.
Sources
Service-Public.fr : Contraception d’urgence : https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1100
Assurance Maladie (ameli.fr) : Contraception d’urgence hormonale gratuite en pharmacie : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/contraception-urgence/contraception-urgence-gratuite
Assurance Maladie (ameli.fr) : Contraception d’urgence : quand est-elle nécessaire et où la trouver ? : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/contraception-urgence/prendre-procurer-pilule-lendemain
Base de données publique des médicaments : Ulipristal acétate 30 mg. RCP (extrait) : https://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/medicament/65403127/extrait