La faillite programmée et inéluctable de l’activité ovarienne ne survient que dans l’espèce humaine.
L’homme et la femme synthétisent les hormones sexuelles et libèrent leurs cellules germinales, celles qui, en fusionnant engendrent l’embryon, à partir d’un seul et même organe. Il se nomme testicule chez l’homme et ovaire chez la femme.
Dans l’organisme masculin, les cellules sécrétrices des hormones sont indépendantes de celles destinées à produire un bébé. Chez la femme, ça n’est pas le cas. L’ovule, comme une reine, a besoin d’être entouré d’une sorte de cour. Ces courtisanes font dans l’hormone. Tout au long de la vie génitale, à chaque cycle, on gaspille des reines. Leur nombre est limité et déterminé dès la naissance. Vers cinquante ans, il ne reste plus de reine ou seulement des reines un peu vieilles et fatiguées. La vascularisation est moins bonne. Au palais, le champagne ne coule plus à flots. Des courtisanes, il en reste mais, un seul être vous manque... vous connaissez le couplet. Ces courtisanes sans reine n’ont plus le coeur à l’ouvrage et les sécrétions se tarissent. C’est l’explication la plus simple, la plus proche de la réalité des faits, que l’on puisse proposer à un non-spécialiste.
Les ovaires étant impliqués dans un système hormonal complexe, l’arrêt des sécrétions va entraîner une série de réactions, responsables d’autres déséquilibres. La plus attendue de ces réactions vient de l’hypophyse qui jusque là contrôlait les hormones ovariennes. Elle décèle la chute de la production et elle "cravache "pour obtenir des ovaires qu’ils se remettent au travail. Il y aura des effets propres à cette hypersécrétion hypophysaire et des effets induits sur d’autres organes.
Les centres de l’humeur, de la faim et du sommeil sont très proches et en relation étroite avec l’hypophyse. Ils sont donc perturbés, du moins le temps de se faire une raison, d’oublier en quelque sorte. Parce que là comme ailleurs, le spectacle continue, c’est la vie.
Même lorsqu’on se fait une raison, l’autre vous manque. Et "l’autre", les hormones sexuelles, étaient plutôt influentes. Elles régissaient le cycle, donc les règles, mais aussi les grossesses, la peau, les os et les vaisseaux.
Tout cela sera perturbé.